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Craoux
38 abonnés
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3,5
Publiée le 9 novembre 2025
J'ai apprécié la mise en musique du délitement d'un amour entre ces deux personnes d'extraction sociale différente (erreur de casting pour B. Laverhne, qui est trop âgé pour incarner un prétendant trentenaire). Je n'ai pas un avis tranché sur la crédibilité du scénario : en revanche, que la gendarmerie ne se soit pas intéressée à retrouver rapidement le fusil (avant que le père apporte la preuve à sa fille qu'il l'a fait disparaitre) m'a paru surprenant.
Oscillant entre plusieurs genres, la narration passe du récit initiatique marqué par un drame impactant la romance à l'intrigue politicienne avec en arrière-fond la tension du thriller. Voulant traiter de la culpabilité (excellente Rebecca Marder), de la vengeance dépitée (incarnée par toute la veulerie de Benjamin Lavernhe - cependant un peu âgé pour le rôle), de l'échelle sociale (sarcasme délectable du père rappelant que ceux qui combattent le système en profitent), de la corruption politique (autour d'une parfaite Emmanuelle Bercot), des antagonismes familiaux (complexe Marc Barbé), le scénario prend trop de directions, perdant en efficacité alors que la gestion du suspense était manifestement maîtrisée, jusque dans son dernier tournant. On perçoit ainsi la volonté du cinéaste de traiter de sujets sensibles, enrobés dans un habillage plus grand public - qui aurait dû rester le corps du métrage. Intéressant psychologiquement mais maladroit.
Un début d'histoire où l'on se demande jusqu'où peut on mentir pour sauver sa peau et sa carrière.....l'histoire se perd ensuite dans un mélo pathos, aux idéaux politiques et aux relent de lutte des classes qui plombe l'idée originale ......
Un thriller psychologique et politique plutôt pas mal, le scénario est intéressant il mélange politique et histoire de crime, les acteurs sont bons. J'ai trouvé le côté politique un peu lourd par moments, et le côté criminel aurait mérité d'être un peu plus développé, toutefois on suit facilement cette réalisation signée Sylvain Desclous sans ennui. Pas mémorable mais plaisant à regarder. 6/10
D'abord c'est un bon scénario, bien ficelé à la trame et au genre peu classique (il ya un mélange de genres, mais cela m'a plu, enchanté et bien dérouté). Le milieu politique est je trouve très bien retranscrit (avec une palme au mensonge qui semble être l'apanage de ce milieu), les différentes classes sociales bien soulignées (il ya la haute bourgeoisie de gauche aux grandes idées pour sauver le pays, mais aussi les prolétaires et leurs luttes pour sauver leurs usines et leurs emplois - j'aime beaucoup la femme de l'usine-).Le montage eliptique fonctionne et donne de l'efficacité au récit. Les dialogues sont justes, très justes, la tension dramatique est là, et les comédiens (Bercot et Marder impeccables !! Marc Barbé est formidable également dans son interprétation glaçante). Seul bémol est le rôle de Lavernhe, effacé, et quand il n'est plus là on l'oublie... c'est le seul hic de cette histoire avec une fin... pour le coup trop elliptique. En tous les cas bravo.
Dommage. L'histoire est intéressante avec une très bonne chute. Le portrait psychologique de Madeleine, arriviste peu regardante sur la morale, est réussie. Cela manque un petit peu de rythme. Le fonds politique, députée socialiste engagée, n'est pas très crédible et un peu caricatural. Au final, plutôt décevant.
Les 2 acteurs principaux, et Emmanuelle Bercot sont très bien. Et c’est tout. Scénario invraisemblable, messages politiques lourdauds, héroïne sauvée par un rebondissement qu’on voit venir à 10km, chute aberrante. Ce film pourtant très bien noté ne méritait pas un spectateur de plus que ses 200 000 entrées. Une énorme déception alors que les notes sont rutilantes.
Très bonne intrigue, vraiment captivante de bout en bout mais j'aurais aimé une fin plus développée. En tous cas le couple à l'affiche est efficace et convaincant. Un film entre drame personnel et polar, comme on aime en voir de temps en temps au cinéma français.
L’hésitation sur ce qui différencie le secret du mensonge, redoublée par une sortie de la salle au beau milieu de l’épreuve, s’incarne en la figure de Madeleine, au doux nom biblique rappelant l’engagement d’une femme et sa fidélité à des idéaux qui transcendent ses intérêts personnels, en témoignent les réécritures successives du discours relatif à la loi que porte Gabrielle. En effet, le film engage son personnage sur un chemin de croix, avec une succession de tableaux correspondant aux retournements de situation divers, représente la politique comme un vaste jeu de dupes au sein duquel s’enlacent puis se confondent les notions de réalité et de fiction explicitées dès les premières minutes par le père d’Antoine, avocat réputé pour ses affinités capitalistes. Deux mondes s’opposent, non sans manichéisme : celui des riches bourgeois, auquel appartient Antoine, et celui des laissés pour compte, dont est issue Madeleine ; le coup de fusil résonne à la manière d’un tremblement de terre pour ces deux milieux qui s’efforcent de l’exploiter au moment opportun, dans un mélange de traumatisme et de manipulation, de secret et de mensonge, en somme. L’échiquier politique se transpose sur les incertitudes du cœur, la jeune ambitieuse refuse le réel, perd la connexion avec ses interlocuteurs, ce que la mise en scène transcrit par de nombreux gros plans où les yeux de Rebecca Marder en disent plus que ses paroles. Cette intelligence de propos donne lieu cependant à une lourdeur d’exécution, le film veillant à signifier et à expliciter chacun de ses enjeux, chacun de ses symboles placés là pour une bonne raison – par exemples, spoiler: la couverture rouge et le stylo, de la même couleur d’ailleurs . Le discours sur l’hérédité semble emprunté au naturalisme zolien : la fille s’adonne à la cigarette et ressemble ainsi à son père, l’illégalité les rassemble tous deux tel une marque des pratiques inhérentes à leur milieu social… Thérèse Raquin apparaît par le spoiler: fantôme du Corse venu hanter le couple et prendre la place de l’aimé . De plus, l’entrelacs de la chronique et du thriller demeure artificiel et ne conduit jamais De Grandes espérances à composer une forme singulière apte à les fusionner. Reste un casting de grande qualité, qui contribue beaucoup à notre immersion dans un récit sinon prévisible.
Film très bien interprèté (surtout par Emmanuelle Bercot) malgré quelques outrances dans les discours politiques et quelques invraisemblances dans le scénario. La fin,abrupte, laisse un peu le spectateur sur sa faim. Quant au choix de recycler l'ex-ministre Thevenoud, rendu célèbre pour sa soi-disant phobie administrative qui lui a valu d'être viré, en ministre du travail, c'est le comble du mauvais goût.
Cette histoire intéressante hésite beaucoup et manque à trouver son objectif en s’éparpillant : est-ce l’histoire d’un amour fou ? D’une réussite de l’ascenseur social ? Des magouilles politiques et patronales ? Du traitement de la culpabilité ? Rebecca Marder joue de manière hachée et semble toujours sur la défensive. Emmanuelle Bercot est très bonne comme député. Un peu déçu.
Un film qui nous tient en haleine, du début à la fin.
On ne s'ennuie pas un seul instant, et le suspense est omniprésent.
Et peu importe si le dénouement n'est pas forcément celui qu'on attendait, il y a quelque chose qui reste, de ce film à part : la gifle, magistrale, à l'encontre de ces "élites" de l'ENA, où l'arrogance le dispute au supposé savoir, et au mensonge...