Celle qui balayait le désert
Soyons honnêtes, qui connaissait le nom de Maria Reiche avant que Damien Dorsaz ne lui consacre son 1er film ? Pas grand monde sans doute. Voilà 100 minutes qui comblent cette lacune, car cette figure de l’archéologie valait bien cet hommage. Pérou, 1936. Maria, jeune enseignante à Lima, rencontre Paul d’Harcourt, archéologue français. Ce dernier l’emmène dans le désert de Nazca où elle découvre un vestige millénaire qui va peu à peu devenir le combat de sa vie… Un film digne d’intérêt de par l’originalité du sujet, son traitement tout en finesse et la splendeur des images du désert péruvien. A voir.
Bien qu'il s'inspire de la vraie Maria Reiche, le cinéaste est clair : il ne s'agit pas d'un biopic. Il s’agit d’une quête existentielle et d’un récit initiatique, durant laquelle un être trouve ce qu’il veut faire de sa vie et trouve sa connexion profonde avec le monde. Damien Dorsaz a réellement rencontré Maria Reiche. C’était lors de son premier voyage au Pérou en 1996, soit deux ans avant la mort de la célèbre archéologue allemande. Il aura mis pas moins de 17 ans pour faire aboutir son projet consacré à celle qui a été surnommée Lady Nazca. Ses découvertes, outre leur intérêt historique, ont aussi, d'une certaine façon, redonné une mémoire aux autochtones de Nazca, dont ils avaient été privés depuis la conquête espagnole. Somme toute, chacub ou presque connaît ces fameux géoglyphes, mais ici, on s’intéresse seulement à celle qui les a mis en valeur, sans doute décryptés et à son combat pour les sauver de la bêtise des hommes. On ressent le sable abrasif, l'odeur des vieux livres, la peau brûlée par le soleil. Aucun doute : on est aux côtés de Maria, en train photographier ces gigantesques dessins.
L’actrice allemande Devrim Lingnau, dont c’est le 1er grand rôle au cinéma, endosse le rôle titre et pour ce faire ne quitte pas l’écran, nous faisant partager les joies, les doutes et les douleurs de son personnage. En outre, elle parle avec aisance l’allemand, l’anglais, le français et l’espagnol… Chapeau ! Elle trouve en Guillaume Gallienne et Olivia Ross de merveilleux partenaires. Pour l’histoire, - la grande et la petite -, la beauté des images et tout le sens à donner à cette vie vouée à la recherche et à la vie… Je vous recommande, l’ultime plan… une merveille.