C’est franchement un très bon film. Au début, on ne se doute absolument de rien : Oliver est le stéréotype du garçon peu populaire qui essaie, du mieux qu’il peut, de s’intégrer en faisant tout pour sympathiser avec le parfait golden boy, Felix.
Lorsque les protagonistes arrivent à Saltburn, on est d’abord tenté de juger la famille aristocratique de Felix, notamment parce que leur culture semble particulière, presque gênante. Cependant, en parallèle, on commence à remarquer petit à petit les côtés dérangeants et très malsains d’Oliver, ce qui devient assez perturbant.
Enfin, la véritable nature du personnage nous est révélée et l’on est choqué : il apparaît extrêmement troublé et intrigant. Soudainement, son admiration pour Felix devient inquiétante pour le spectateur.
J’applaudis l’idée d’avoir fait écho à l’introduction dans la scène finale. En effet, au début, lorsque Oliver décrit Felix, on peut naturellement penser que l’on va assister à une romance. Pourtant, lorsque les mêmes mots sont prononcés à la fin, malgré le même ton, ils suscitent un profond malaise : on perçoit alors clairement la dimension sociopathique du plus, la confrontation entre le personnage d’Oliver et sa classe sociale, et celle de Felix, est montrée de manière intéressante. Il existe un parallèle puissant entre ces deux milieux, qui apparaît très clairement à l’écran.
Oliver ne parvient pas à s’y intégrer et, en essayant à tout prix d’y trouver sa place, il finit par tout détruire. Ce milieu ne peut pas lui correspondre ; au fond, il le rejette autant qu’il le convoite, et c’est précisément cette tension qui alimente sa haine.
Au-delà de cela, j’ai trouvé la réalisation très esthétique. J’ai particulièrement aimé la manière dont les plans ont été filmés, notamment les scènes dans les jardins de Saltburn ainsi que la scène de danse finale.
En tout cas, je ne m’attendais pas du tout à cela, mais je n’ai clairement pas été déçue.