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Nicolas S
54 abonnés
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4,0
Publiée le 6 mai 2026
Sylvia élève seule sa fille de 13 ans, et est de toute évidence une femme abîmée, particulièrement méfiante vis-à-vis des hommes, et au passé d'alcoolique. Elle est suivie un soir par un homme étrange, Saul, qui s'avère être atteint de démence et dont elle accepte de s'occuper, avant de s'en rapprocher. Dans Memory, Franco, fidèle à lui-même, ne recule pas devant le pathos, l'accumulation de malheurs et les sujets difficiles. Il le fait ici avec son art particulier du scénario qui avance par touches, ménageant en permanence des éléments de suspense avec une économie de moyens admirable et une vraie confiance dans la capacité du spectateur à faire sens de ce qui se passe et à accepter l'ambiguïté. S'appuyant aussi sur des acteurs au diapason, Memory est peut-être le film le plus abouti de Franco : un beau long-métrage, aussi émouvant que stimulant intellectuellement, et qui évite l'écueil d'un certain sordide propre à d'autres réalisations du Mexicain.
Rares sont les films qui arrivent à provoquer une telle émotion. Jessica Chastain ainsi que tout le casting sont exceptionnels. Le scénario est d’une subtilité et d’une vérité si précieuse. Enorme coup de cœur
Sylvia vit seule avec sa fille adolescente, entre son travail dans un centre d’accueil de personnes handicapées et ses réunions aux alcooliques anonymes. Lors d’une soirée de retrouvailles d’anciens lycéens, elle est suivie jusqu’à son domicile par un homme, Saul.
Michel Franco distille l’histoire de son film par petites touches délicates, tel un peintre impressionniste. Il utilise beaucoup de plans séquences qui créaient pour nous spectateurs une immersion au cœur de la rencontre des deux personnages. Tout comme le très beau Sundown, le film prend le temps de faire parler l’indicible, par une mise en scène et des interprétations remarquables. Peter Sarsgaard a remporté le prix d’interprétation masculine à la Mostra de Venise, Jessica Chastain aurait pu tout aussi bien se distinguer, tant elle irradie d'une fragilité tout en discrétion.
Le titre est éloquent, ce sont des mémoires de Sylvia et de Saul qu’il va être question. Une rencontre de deux mémoires cabossées par la vie. L’une traumatique qui revient du passé, et l’autre qui s’étiole dans le présent et l’avenir. L’affiche grisâtre ne rend pas du tout compte du caractère lumineux du film, et particulièrement de la scène très drôle qu’elle vient capturer en une image.
Le réalisateur a le talent de saisir ces instants qui font la vie, qui s’inscrit pleinement dans le présent, à la rencontre possible de ces deux mémoires. Faire durer le présent, l’étirer dans des moments de grâce, c’était déjà là, la proposition de Sundown. Il reprend cette même thématique avec une tout autre intrigue, pour réaliser avec Memory un film d’une douceur exceptionnelle qui nous prend par la main et nous serre le cœur
Memory (USA – 1h43) réalisé par Michel Franco avec Jessica Chastain, Peter Sarsgaard, Merritt Wever..
Rythme complètement cassé (sans doute voulu par le réalisateur) qui n’est pas au goût de tous. J’ai trouvé le film long et sans grand intérêt malgres ce que peuvent dire les critiques.
Un film qui s'affranchit complètement des codes de la comédie romantique avec ses personnages brisés, magnifiés par la prestation du duo d'interprètes. Le film dégage une certaine douceur mais aussi une certaine langueur pour ne pas dire longueur, et finit par être répétitif.
J'ai bien aimé ce film même si je reste un peu dubitative sur la scène choisie pour la promotion. Alors que la promotion laisse entrevoir la réalité de ce que peut impliquer cet handicap finalement il s'agit surtout du droit des personnes souffrant d'une maladie mentale et l'angoisse des proches parents. Et pourtant l'amour impossible c'est bien aussi de ce dont il s'agit.
Michel Franco nous propose de suivre deux êtres aux existences chahutées qui vont pouvoir se sauver respectivement par l’amour. Lui qui brusque souvent autant les spectateurs que ses personnages fait preuve d’une extrême douceur avec cet homme et cette femme cabossés par la vie. On va suivre le début de cette histoire d’amour avec beaucoup de délicatesse ; un film à hauteur du couple qu’il met en scène. Ces deux personnages sont extrêmement bien écrits d’autant que Jessica Chatain et Peter Sarsgaard les incarnent magnifiquement. On croit à 100% à l’amour et à la compassion qui les unit et qui leur permet de se réparer ; jusqu’à un final émouvant. Comme quoi avec cet histoire singulière, Michel Franco parvient à rester sobre et sans pathos, juste à donner le meilleur du mélo sans débordement.
Renaud Baronian fait une belle synthèse de ce film dans « Le Parisien » : « Film certes sombre par moments, Memory multiplie les séquences lumineuses et offre un final absolument incroyable, en contant l’histoire de ces deux laissés-pour-compte en apparence en opposition, l’un tâchant de retrouver sa mémoire, l’autre faisant tout pour oublier son passé… (...) Un grand film. »
Un Franco en mode soft qui fait du bien ; le réalisateur mexicain se montre sous un nouveau jour… plus apaisé. TOUT-UN-CINEMA.BLOGSPOT
Du haut niveau en termes de jeux d'acteurs, Jessica Chastain blessée, nous éblouis, et Peter Sarsgaad touchant ne m'ont pas laisser indifférent, cette histoire d'amour improbable est un hymne à l'amour à la tolérance. Seul, bémol un rythme un peu lent, et une fin qui me laisse sur ma faim. Mais un bon moment passé derrière son écran, ma note 11.5/20
Depuis qu’elle est apparue sur les écrans en 2008, déjà âgée de 31 ans, Jessica Chastain a vu sa carrière sérieusement s’étoffer, comptant en 2024 près de 37 longs métrages à son actif. Comme si la jeune femme autrefois passée par la prestigieuse Juilliard School voulait rattraper le temps perdu. Mais cette apparente prodigalité ne s’est pas effectuée sans que Jessica Chastain ne fasse preuve d’une véritable démarche artistique certes quelques fois teintée d’un peu de militantisme comme c’est redevenu tendance ces dernières années mais toujours sans manichéisme. « Memory » réalisé en 2023 par Michel Franco le prodige mexicain (« Daniel y Ana » en 2009, « Les filles d’avril » en 2017) en est la parfaite illustration. Franco qui écrit lui-même les scénarios de ses films place son cinéma très noir au cœur de relations amoureuses ou familiales très tourmentées. Dans le New York des quartiers suburbains, Sylvia (Jessica Chastain) et Saul (Peter Sarsgaard) sont deux traumatisés de la vie. Sylvia mère de famille célibataire, alcoolique devenue sobre depuis treize ans travaille comme assistante dans un centre d’accueil pour adultes handicapés. Saul vit chez son frère car devenu dépendant depuis qu’il a été frappé d’une démence précoce le privant de sa mémoire immédiate. Après une mise en place au cours de laquelle il provoque leur rencontre teintée d’un parfum de mystère plutôt agréable, Michel Franco observe comment ces deux-là vont parvenir à trouver l’amour ensemble ou au contraire vont être freinés par tous les obstacles inhérents à leur situation. Sans aucun pathos à partir d’une histoire aux enjeux rapidement lisibles, il propose une touchante histoire d’amour portée par deux acteurs en parfaite osmose. Jessica Chastain tout d’abord dont le regard cristallin pare de toutes les émotions cette jeune femme spoiler: qui doit faire fasse à un passé incestueux qu’elle et sa jeune sœur (Merritt Wever) n’arrivent pas à surmonter . Peter Sarsgaard ensuite « petit frère » du Richard Burton des grandes années incarne avec un naturel déconcertant cet homme dans la fleur de l’âge qui visiblement semble avoir choisi de se familiariser avec sa maladie plutôt que de jouer à David contre Goliath. Chacune de leurs étreintes fait plaisir à voir et redonne quelque peu confiance dans le salut de l’être humain qui sur bien des questions fondamentales emprunte des voies quelquefois hasardeuses. Peter Sarsgaard a reçu la Copa Volpi à la Mostra de Venise en 2023. Le jury aurait été bien inspiré d’y associer Jessica Chastain tellement les deux acteurs sont indissociables dans la réussite de ce très beau film qui traite avec pudeur mais sans fard de sujets sensibles. En ces temps de cavalerie « wookiste » où l’on pressent venir la charge quelquefois dès le générique, « Memory » apporte une bouffée d’air frais. On notera la présence dans un rôle ingrat de Jessica Harper qui avait été en 1976 la jeune ingénue proie de sorcières sataniques dans le mythique « Suspiria » de Dario Argento.
"Memory" est un mélodrame porté par Jessica Chastain et Peter Sarsgaard. Sylvia, marquée par un passé traumatisant mêlant agression sexuelle et alcoolisme, croise le chemin de Sam, atteint de démence précoce. Bien que tout semble les opposer, une romance improbable naît entre ces deux âmes écorchées. Surprenant par sa construction antipathique, le long-métrage de Michel Franco peine à convaincre et émouvoir malgré ses sujets douloureux.
Le film traite de sujets difficiles avec une grande délicatesse et une grande force. Servi par des acteurs d’une grande justesse, le scénario nous emporte dans cette histoire émouvante et originale. Un grand film.
Deux adultes aux pathologies opposés. Elle est hantée par son passé, il n'a pas de mémoire à court terme. Ils se rencontrent. Le pitch est plutôt alléchant et le réalisateur a la bonne idée de faire arriver les informations au fur et à mesure pour faire participer le spectateur. Pourtant, malgré la qualité des deux interprètes, l'émotion ne se déploie pas, la faute à une mise en scène plate, nous tenant constamment a distance.Le réalisateur a voulu eviter sans doute le melo mais a privilégié un ton froid et sec. Les rapports de ces deux etres blessés souffrent de quelques 'illogisme dans leurs progression. . Plus intéressant et le rapport mère-fille qu'on trouve à travers plusieurs personnages
L’un a perdu la mémoire, l’autre ne veut surtout pas se souvenir C’est l’histoire de 2 être abimés, en plein New York, qui vont tomber amoureux Filmé avec beaucoup de pudeur, sans jamais tombé dans le larmoyant, le film manque finalement un peu d’émotions et de rythme même si la fin s’accélère un peu Malgré La prestation parfaite de Jessica Chastain et une scène incroyable, cela ne sauve pas tout à fait le film, dommage
Cette chronique lente et sans intensité évoque de manière assez subtile les violences sexuelles. Mais son déroulement entre le passé douloureux et ce qui se passe au présent ne peut tenir. L'excellente J. Chastain revient à un genre, le drame social, malheureusement sans donner vie à ce récit insipide.