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Fiers R.
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4,0
Publiée le 17 juillet 2024
Une très jolie surprise que ce long-métrage entre romance et drame empreint de mélancolie. Les temporalités s’y mêlent avec une fluidité naturelle et bien dosée. On alterne le présent où un septuagénaire au crépuscule de sa vie tente de retrouver son amour de jeunesse rencontré cinquante ans auparavant avec les prémisses de ladite histoire. « Touch » nous présente donc aussi bien la quête de cet homme à l’heure actuelle, ou plutôt dans un passé très proche puisque le fim se déroule en mars 2020 au début des confinements, que cette romance dans les années 70 ainsi que quelques courts passages d’autres moments du passé. Le film fait également s’entrechoquer les cultures dans un cocktail presque magique. Le personnage principal est islandais, sa dulcinée d’antan est japonaise et leur histoire se déroule à Londres et cette œuvre subtile et délicate de nous emmener dans les trois pays, la rendant cosmopolite et dépaysante à la fois. Chaque culture apporte un petit quelque chose et s’enrichit l’un l’autre.
« Touch » est un film doux, qui vous embarque dès les premières images dans son (ou ses) voyage(s) nostalgique(s). On est très étonné de retrouver là un cinéaste islandais prometteur du début des années 2000 (« 101 Reykjavik », « Jar City », ...) vite récupéré par Hollywood il y a une quinzaine d’années. Ce réalisateur c’est Baltasar Kormakur qui a depuis enchaîné des productions de moyenne ampleur aux USA plus (« Contrebande ») ou moins (« 2 Guns ») réussies et mémorables. Mais cela restait des films de commande que ce soit dans le drame comme le décevant « Everest » ou le récent suspense animalier « The Beast ». En revenant dans son pays pour un film (il y avait tourné la série fantastique « Katla » entretemps), il semble vouloir retourner à ses premières amours, à quelque chose de plus profond et personnel. Et il nous livre là son meilleur film. Et de loin. Tout est juste et beau ici. Les deux heures de ce voyage à la fois géographique et sentimental passent à une vitesse folle. On ne sait jamais où cette quête dans le présent va nous mener tout comme on s’attendrit de l’histoire naissant entre Kristopher et Miko dans le passé. Les acteurs les incarnant sont en plus bourrés de charme tout comme leurs pendants âgés sont touchants et impeccables, notamment dans les scènes finales déchirantes et terriblement émouvantes sans pour autant forcer dans le larmoyant.
Kormakur nous propose une mise en scène à la fois simple et très raffinée. Son montage apparaît comme une évidence et les quelques détails qu’il glisse dans la photographie ou la manière de filmer selon différents pays est admirable. Sans jamais être tape-à-l’œil ou apprêtée, ses images flattent l’œil et participent à l’immersion dans « Touch ». On entre, on s’installe et on sort de ce film comme d’un doux songe amoureux. Sans jamais verser dans l’onirique, le film est poétique à souhait et parfois très grave en parlant de sujets tels que l’avortement, la vieillesse ou encore les séquelles de la bombe d’Hiroshima. Et le fait de situer l’une des parties du présent juste au tout début de l’ère Covid apporte son lot de moments caustiques (avec le recul, certaines mesures ou réactions apparaissent désormais presque ridicules) ainsi qu’une atmosphère particulière. Mais, surtout, cela rend la quête du personnage principale encore plus essentielle et pleine de sens. « Touch » est un très beau film qui nous prend par surprise et conquiert nos cœurs et nos âmes tout en nous touchant en plein cœur. Une œuvre apaisante, délicate et qui fait du bien tout en s’avérant originale et inattendue. Et qui nous un peu penser au tout aussi magnifique « Past Lives », petit bijou de l’an passé avec lequel il entretient pas mal de similitudes...
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Le film est un mélo dans la grande tradition du genre mais qui s'enrichit d'une petite histoire dans la grande Histoire qu'on attendait pas forcément. Evidemment, l'idylle concernant une jeune femme japonaise et d'un islandais dans le Londres de la fin des années 60 on s'attend logiquement à un message sur la tolérance. Le contexte post-atomique japonais prend toute la place et aborde ainsi un sujet complexe rarement vu au cinéma avec les Hibakusha. On apprécie toute la finesse et la délicatesse de cette idylle touchante en 1969 comme cette quête en 2020 d'un vieil homme qui espère rattraper, peut-être, un demi-siècle sans l'amour de sa vie. C'est sans doute trop subtil avec un rythme un peu trop sage et monocorde mais ça fonctionne car le contexte social et historique reste aussi passionnant qu'émouvant. On frôle aussi le pathos et/ou une dimension trop sirupeuse, mais c'est compensé par l'osmose au sein du couple qui fonctionne à merveille, aussi bien en 1969 qu'en 2020. Le film est aussi délicat qu'élégant, la fin nous foudroie entre joie et tristesse, espoir et fatalité. Un joli film auquel il manque juste un peu d'aspérité pour atteindre les sommets du genre. Un très beau moment. Site : Selenie
"Touch" est un magnifique mélo qui va forcément profondément toucher toutes celles et tous ceux qui, au cours de leur vie sentimentale, ont connu un coup de foudre qui, par timidité, n'a jamais dépassé la rencontre sympathique au cours de laquelle on se dit plein de choses sans jamais aborder l'essentiel ou qui est allé plus loin mais qui, pour telle ou telle raison, s'est terminé brutalement sans qu'on comprenne pourquoi. Des coups de foudre avortés qui, des années plus tard, occupent toujours une part de la mémoire de celles et de ceux qui les ont vécus. C'est exactement ce qui est arrivé à Kristófer, un islandais très engagé politiquement qui, dans les années 70, faisait ses études à la London School of Economics et les a abandonnées pour venir travailler dans un restaurant japonais afin de se rapprocher du prolétariat. Afin de se rapprocher, également, de Miko, la fille du propriétaire du restaurant, une jeune fille qui, osons le dire, ne le laisse pas de ... glace ! Le coup de foudre est allé assez loin, mais, que voulez vous, les glaces, fussent elles japonaises, il arrive que ça fonde. Je vous laisse découvrir pourquoi, car j'espère que vous irez voir ce très beau film qui délivre de grandes quantités d'émotion sans jamais tomber dans le pathos. Sachez juste que c'est lié à certaines conséquences de la bombe larguée sur Hiroshima le 6 août 1945 (Tiens, cela fera 80 ans ce mercredi !). En tout cas, alors qu'on est en pleine période de pandémie, alors qu'il commence à ressentir les premiers symptômes de ce qui pourrait bien être un Alzheimer, Kristófer ressent l'envie de retrouver Miko. D'où un voyage vers Londres, puis vers le Japon. "Touch" est l'adaptation cinématographique du roman "Snerting" d’Ólafur Jóhann Ólafsson, publié en 2020. Tourné en Islande (très peu !), en Angleterre et au Japon, le film a de nombreuses qualités qui viennent s'ajouter à l'émotion qu'on ressent : une utilisation très intelligente des flashbacks, une interprétation en tout point remarquable (A noter que c'est un des fils du réalisateur qui interprète le rôle de Kristófer jeune), le fait de montrer certains côtés du Japon assez différents de ce que le cinéma nous montre habituellement. Et puis, que voulez vous, un film où on entend une chanson interprétée par Nick Drake, ne serait-ce que pendant 10 secondes, ne peut pas être totalement mauvais !
Excellent film tout en sensibilité. Èmotion sans pathos et réflexion sur le passé. Excellente interprétation féminine et masculine dans des décors réalistes d'un très grande beauté. Le scénario nous tient en haleune dans une grande sobriété. Pas de coups de théâtre... La vie!
Sentant venir sa fin prochaine, Kristofer quitte son pays, l’Islande pour l’Angleterre. Il remonte l’histoire de sa vie et se rend à Londres où, cinquante ans plus tôt, jeune étudiant, il travailla dans un restaurant japonais et y tomba amoureux de la fille du propriétaire.
Il ne faut pas se fier à l’affiche, horriblement kitsch, au titre (dont je n’ai pas compris le sens), ni même au pitch sirupeux de ce film. "Touch" n’est pas une RomCom en cuisine. C’est au contraire un film d’une grande délicatesse qui joue sur une corde qui me fait fondre : la nostalgie des amours passées.
Il est construit à partir de flash-backs entre le présent, les premiers mois de l’année 2020, une époque que nous avons tous en mémoire car c’est celle où le monde entier s’est confiné pour se protéger du Covid, et le passé, la fin des sixties dans un quartier populaire de Londres soigneusement reconstitué. Il met en scène un vieil Islandais, Kristofer, dont le médecin vient de diagnostiquer une maladie neurodégénérative. Kristofer revient sur les lieux où, cinquante ans plus tôt, il a vécu une idylle. Son voyage se transforme en quête et en enquête sur les traces de Miko, cette jeune femme qui le marqua pour la vie et qui a mystérieusement disparu.
On me dira que "Touch" est bien mielleux et prévisible. Ce ne sera pas faux, même si, en ce qui me concerne, je n’avais pas anticipé les bifurcations prises par le scénario. J’ai trouvé les deux protagonistes si beaux, si jeunes, si touchants que j’ai aveuglément adhéré à la romance qui les rapproche, au risque d’y perdre tout sens critique.
Une merveille de sensibilité portée par des comédiens justes et bouleversants, un rythme passé/présent incroyablement intelligent qui apporte une émotion poignante...Un des plus beaux films d'amour si ce n'est le plus beau film d'amour qui ait été réalisé...L'amour, le vrai , dans une quête éperdue où trois langues (islandais , japonais, anglais) s'harmonisent et chantent la mélodie éternelle des coeurs amoureux.
Consensuel et académique mais délicat. De l'exotisme international, entre l'Islande, Londres et le Japon. Deux périodes qui se croisent paresseusement. Des petites notes de piano pour forcer l'émotion. Un zeste de recettes de cuisine pour l'ambiance gustative. L'ensemble n'est pas désagréable mais terriblement balisé et convenu.
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3,5
Publiée le 31 juillet 2024
Alors que le monde est sur le point de se mettre en pause à cause de la pandémie, Kristófer, qui n'a plus vraiment de temps à perdre, décide de partir à la recherche de Miko, son premier amour qu'il n'a plus vu depuis 50 ans. Avec de fréquents allers-retours dans le passé, on découvre cette relation pendant que l'on suit les recherches du vieil homme. "Touch", ce n'est pas seulement une histoire personnelle, c'est également un morceau d'histoire spoiler: puisqu'il est question du bombardement d'Hiroshima et des lourdes conséquences pour les survivants victimes de discriminations. Cela ajoute un poids émotionnel à ce film qui ne mélange pas seulement les époques, mais aussi les cultures et les langues avec une grande fluidité. Après de nombreux films américains grand public, c'est agréable de retrouver Baltasar Kormákur à la tête d'un drame romantique délicat, touchant et plein de nostalgie comme celui-ci. Bon film.
Très beau film qui nous emmène dans ce voyage et nous transporte avec lui..... Superbe scénario car on est à la fois dans le présent et on est dans le passé .... Très belles interprétations, très bon moment de cinéma qui fait rêver
J'ai trouvé ce film touchant et humainement très beau. Le rythme est posé, mais les personnages sont tellement hauts en couleurs et attachants qu'on les suit avec plaisir... Je suis sortie du cinéma dans un état différent par rapport au début, apaisée d'une certaine façon... Ne serait-ce que pour ça, merci !
Très beau film à voir absolument plein d’humanité et sentiment . Ça fait bien de voir le film comme ça sans violence et brutalité . Une belle histoire d’amour
N'ayant toujours pas vu un bon film de l'Islandais Baltasar Kormákur je comptais sur le Festival de La Rochelle, et sa sélection en règle générale de haute tenue, pour m'offrir cette première. Mais ce ne sera pas pour cette fois, et je dois même dire que j'ai été affligé par cette bluette romantique à l'esthétique de film érotique. Je suis assez client des mélos qui ne se cachent pas mais là tout est mignon, lisse, attendu. Et pareillement je ne réclame pas forcément des mochetés à l'écran mais pas sûr que des actrices et acteurs beaux comme des dieux, ou plutôt des êtres qu'on croirait sortis d'un roman-photo bien ringard, aident à croire en une histoire d'amour. Bref si votre truc c'est le cucul la praline, réservez votre place pour le 30 juillet, vous devriez être servis.
NB : Je n'ai pas évoqué l'ode à la différence qui elle aussi vaut son pesant de cacahuètes, je vous laisse le plaisir de la découverte.
Quel pur délice que ce film ! Un bain de douceur et de tendresse malgré le drame du passé qui initie la recherche de l'amour disparu brutalement...Avant de perdre définitivement la memoire, le vieux Christopher tente de renouer avec le passé et de retrouver celle qu'il a aimé si fort ... Ce pourrait être un mélo mais les acteurs campent leurs personnages avec tant de délicatesse qu'on est embarqués avec eux dans cette quête improbable à travers le monde... On ressort de ce film ému, touché et bien heureux du happy end !
Sans prétendre que Baltasar (Kormákur ) filme au hasard, le fait est que le cinéaste islandais, si prometteur en ses débuts, s'est laissé happer par le système hollywoodien, avec des productions de moins en moins personnelles, Touch marque un tournant, ou simplement une exception, dans sa carrière, avec son rythme languissant, son récit en abyme et son romantisme sans limites, lequel devient d'ailleurs un peu trop appuyé, en son dénouement, qu'il est possible de trouver idéalisé et peu crédible. Mais avant cela, le film nous aura fait voyager, dans le temps (années 60 et époque Covid) et dans trois territoires insulaires (Islande, Angleterre, Japon), avec une certaine virtuosité narrative pour ne pas nous perdre dans les différentes couches temporelles. spoiler: On y apprend, entre autres, ce que signifie "hibakusha" (survivants de la bombe atomique), élément central de cette histoire au romanesque assumé, sans aller jusqu'au mélodrame. Il est aussi question de gastronomie, de vieillissement et, de manière plus ample, de ce que vaut une vie et des choix, imposés ou non, qui en modifient parfois toute la trajectoire. Touch est adapté d'un roman de Olaf Olafsson, non publié en français (mais cela viendra peut-être), lequel a coécrit le scénario avec Baltasar Kormákur.