Avec "AKA", le cinéma français affiche son ambition de produire un thriller d'action musclé capable de rivaliser avec les standards américains. Le résultat est un film qui souffle le chaud et le froid, oscillant constamment entre l'efficacité brute et une certaine paresse d'écriture, ce qui lui vaut une note parfaitement moyenne.
Le principal atout du film réside sans conteste dans ses scènes d'action nerveuses et bien chorégraphiées. Elles parviennent à insuffler une véritable tension et à rendre le thriller captivant par moments. On se laisse prendre au jeu de l'infiltration, retenant notre souffle lors des fusillades et des combats rapprochés. Sur ce point, la mission est accomplie : le spectacle est au rendez-vous.
Au centre de cette agitation, Alban Lenoir impose une présence physique indéniable. Il campe un agent monolithique et brutal, mais son jeu, malheureusement limité à une seule expression faciale stoïque, peine à donner une réelle profondeur à son personnage. Si son charisme physique est parfait pour le rôle, cette absence de nuances finit par lasser et crée une distance avec le spectateur.
Cependant, la plus grande faiblesse d'"AKA" est son scénario. L'intrigue, manquant cruellement d'originalité, enchaîne les clichés du genre sans jamais chercher à les transcender. On devine les rebondissements bien à l'avance, et le film est parsemé d'invraisemblances qui nous sortent régulièrement de l'histoire. Cette paresse narrative gâche une grande partie du potentiel instauré par l'ambiance tendue.
Enfin, si l'on salue l'effort de production avec une photographie et une bande-son soignées, le film tombe parfois dans l'excès. À force de vouloir singer les codes du blockbuster, certaines scènes frôlent la parodie : des décors surchargés, des éclairages dramatiques à l'extrême, des costumes de gangsters caricaturaux et des dialogues qui sonnent creux. Cette surenchère stylistique, au lieu de servir le film, lui donne un aspect artificiel et parfois involontairement comique.
En somme, "AKA" est un film d'action qui se regarde sans déplaisir pour ses séquences percutantes, mais qui s'oublie aussitôt à cause de son scénario bancal et de ses maladresses. Une tentative en demi-teinte, divertissante mais loin d'être mémorable.