Porté par deux acteurs d'excellence, ce film sait comment installer une tension constante et marquante, que l'on retiendra des années après.
On pourra noter les deux scènes en miroir de la cuisine, véritable reflet d'amour et de haine, cherchant plus loin que le simple désir, ou l'envie passagère : c'est une pulsion de vie et de mort, d'une attraction viscérale, le sens même du lien, de la liaison entre les choses, contraires ou similaires qui peuvent s'attirer, sans forcément l'expliquer.
En dehors de l'amour, de l'obsession et de la folie, il y a dans un premier temps le revers du rêve américain, de ce cadre familial idyllique, et de son inaccessibilité, et dans un second temps, les revendications de la femme, reconnaissance morale de son identité, de son existence propre, pouvant en faire un film d'actualité, d'un homme qui dissimule, qui cache, plutôt que d'affronter, de faire face à ses responsabilités, tout autant que cette divergence entre les deux femmes, l'une dans la conformité sociale, l'autre prônant la liberté fondamentale, jusqu'à devenir indomptable et radicale.
Néanmoins, on n'interroge pas véritablement l'amour en lui-même, le faisant presque passer pour une mascarade dont les enjeux basculent très rapidement dans une vision unilatérale, et on pourra lui reprocher une moralité douteuse par sa finalité aseptisée, issue d'un compromis pour ne pas froisser le public. À noter qu'il existe une autre fin initiale qui n'a pas été conservée, mais qui ferait bien plus écho au spectateur de cette génération, et pourrait changer la perception que l'on a de l'histoire, et des rapports entre chacun.
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