Un western atypique dominé par la stature de Gary Cooper qui fait là une prestation exceptionnelle. Décors fabuleux, mouvements de caméra splendides, mise en scène impeccable et inventive, bonne musique de Max Steiner. Les personnages sont tous complexes, à l'instar de Cooper qui cache un lourd secret (dont on ne saura rien) et passe de moments de grande générosité à d'autres où il se révèle un dominateur excessif. L'autre personnage principal de ce film c'est la foule, une foule souvent vue de loin qui se déplace comme une colonie de cloportes, une foule qui se fait meute, propre à s'enfiévrer pour une femme, pour de l'or, de l'alcool… ou pour lyncher. (La foule a beaucoup de têtes mais pas de cervelle disait quelqu'un). Delmer n'aime pas la foule mais il n'aime pas non plus les prédicateurs bibliques ni les ligues de vertus (on se demande d'ailleurs ce que ces dames viennent faire ici ?) et leur réglé leur compte en deux scènes. La progression des rapports entre les quatre protagonistes du carré amoureux (eh, oui, ils sont quatre) est magistrale (tromperie, manipulation, conflits…) jusqu'au déchaînement spoiler: de violence final, à l'attitude suicidaire de Cooper et au sacrifice de Maria Schell. Curieuse fin à demi ouverte, du carré il ne reste qu'un triangle, ils vont partir ensemble, séparément ? Parler de ménage à trois dans un western de 1959 serait osé. Osons !
Gary Cooper en caractère calculateur et docteur. Connu des villageois commérant un peu trop pour sur un lourd passé de l'homme. Il soignera une femme dont-il tombera amoureux. Elle est la seule survivante après une attaque de diligence, le soleil brûla ses yeux après sa fuite et perdra la vue, la retrouvera t-elle ? On à Karl Malden en jaloux et qui cherche richesse, il va mal finir. Petite pépite que ce western.
Film peu connu que cette colline des potences (titre un peu étrange, je trouve que ça ne fait pas forcément très français, m'enfin) et c'est un tort car c'est un beau film. Peut-être pas un grand film ou un très bon film, mais c'est un beau film.
Déjà il faudrait être aveugle pour nier l'évidence : Cooper transpire de charisme, il ruisselle, il habite le film et l'écran ce qui rejoint la principale qualité de ce film : les personnages, c'est un film à personnages et à grands personnages forts. Avoir un personnage tel que celui de Cooper c'est déjà s'assurer d'être un bon film, un personnage charismatique certes, mais également mystérieux, ambigüe, énigmatique. On l'observe sans forcément bien comprendre quels sont ses intérêts, son passé, ce qu'il veut, ce qu'il ne veut pas, pourquoi il réagit comme ça.
D'ailleurs tous les personnages sont ambigües, Rune est un voleur, Frenchy semble obsédé par la jeune femme et je ne mentionne même pas ce "prêcheur" assez allumé. Dans tout ça il y a donc une atmosphère qui se dégage, surtout que Cooper répète sans cesse que cette ville est vouée à la disparition, que les chercheurs d'or iront ailleurs et qu'il ne sert à rien de s'attarder ici (ce qui au passage raconte des choses sur la conquête de l'ouest, sur l'Amérique, surtout qu'il montre de beaux et grands espaces, le film est quasiment tout le temps en extérieur).
La relation qu'il a avec la jeune femme est vraiment intéressante (et très belle) également, on comprend vite qui a ses chances avec elle et qui ne les a pas. Le comportement distant et pourtant ultra protecteur de Cooper je l'ai trouvé éminemment juste.
Mais le point d'orgue reste son final qui est juste sublime, on l'attendait depuis qu'on a lu le titre du film et c'est vraiment fait de manière grandiose, la mise en scène n'en faisant jamais de trop.
Ce western a farouchement des airs de la "nuit du chasseur". Qui est-il? Que veut-il? Quel est son problème? Il est serviable et courtois mais devient irascible et violent quand on évoque cette femme? Un western très loin des codes habituels. Ici on a le romantisme, la psychologie et la possession. Cet homme a un secret qui le hante et cette femme est sa rédemption. Vraiment intéressant et beau film.
Le cinéaste Delmer Daves était un très bon réalisateur, le genre Western était une de ses spécialités et il le prouve une fois de plus avec "La colline des potences" datant de 1957 !! L'histoire se passe dans un état de l'Ouest dans des collines forestières à l'époque ou les hommes cherchaient de l'or. Un médecin cowboy à la personnalité interrogative arrive et achète une cabane. Dans le mème temps, une diligence se fait attaquer avec une survivante partiellement aveugle mais qui retrouvera la vue grace au docteur qui prend soin d'elle. On se pose la question après sur les valeurs des hommes du coin sur la conquète de l'or. Un long métrage réussi par la mise en scène avec de belles images de Delmer Daves, un scénario solide, la musique entrainante de Max Steiner et des comédiens irréprochables comme Gary Cooper, Maria Schell, Karl Malden, George C. Scott et le jeune acteur qui joue Roger dont j'ignore son nom qui est excellent. Une oeuvre captivante.
Ce film ne se distingue pas tellement de par son intrigue : elle est extrêmement prévisible. Mais les personnages sont plus charismatiques les uns que les autres, et le docteur campé par Gary Cooper est évidemment plus particulièrement intéressant.
Maria Schell que tant de cinéphiles ne supportent pas demeure un mystère. Ce n'est qu'une pleureuse,elle m'agace au plus haut moins,elle est débile,je ne veux plus la voir...J'ai entendu cela 100 fois mais pour moi c'est une actrice unique,le simple fait de voir notre Gervaise en gros plan et je tombe à ses pieds...Alors imaginez Gary Cooper un de mes acteurs préférés qui joue toujours juste,karl Malden un des plus méchants qui soient ,Delmer Daves aux commandes ,genre:un Western avec les escarpements du Montana comme extérieurs,un scénario profond et fort aux accents tragiques avec ma plus tendre actrice dans un rôle fait pour elle...Ce film est un pur bonheur que je n'hésite pas à renouveler fort souvent. J'ai d'ailleurs toujours dans les oreilles le cri ''Elisabeth''qui déchire le silence revenu et me rappelle à l'humilité. Ma passion pour ce film mise à part,il reste pour tous quelques points remarquables:tout d'abord l'anti-héros par excellence interprété par le prédicateur George Grubb dont les cotés obscurs sont de ceux de Joe Frail enfoui au fond de lui. Les mouvements de caméra qui s'attachent plus à montrer les sentiments des personnages ou la beauté toujours présente de la nature qu'à soutenir l'histoire elle même. La complexité du héros bien loin du manichéisme de ceux de mon quatuor préféré; Ford,Mann,Walsh et Boetticher. Témoin la sauvagerie qu'il mettra à tenir sa promesse à Frenchy Plante en le poussant du pied au fond du ravin. Ce n'est pas souvent qu'on voit un acteur aussi prestigieux risquer de salir ainsi son image,surtout dans les années 50;Ce film est bourré de richesses inracontables en quelques lignes;Delmer Daves est un grand cinéaste qu'il ne faut pas oublier.
"La Colline des potences"(1958)est un western quelconque. C'est d'autant plus dommage qu'il fut tourné durant la dernière grande période du genre,et qu'il possédait l'immense Gary Cooper en tête d'affiche. L'acteur taiseux et charismatique s'y trouve toujours à son aise,en médecin marqué par son passé,qui sait aussi manier la gâchette et dépouiller les véreux au poker. Dommage que son acolyte féminine,Maria Schell,soit si fade et gâche systématiquement les nombreuses scènes mélodramatiques. Le film est plus convaincant dans sa vision d'un Ouest corrompu,où la ruée vers l'or n'est qu'un prétexte pour justifier les lynchages et autres violences. Quelques belles vues sont à noter. Évidemment,avoir pour vilains des acteurs de la trempe de Karl Malden ou George aide! Dans l'ensemble,ce western est bien filmé,assez carré,avec un final qui fait ressortir les relents du maccarthysme;mais il est tout de même très schématique,prévisible,et souffre de son rythme cahin-caha.
Gary Cooper est a son aise dans la peux de ce médecin droit dans ces chaussures au passé trouble. Ce médecin est aussi tendre et généreux qu'il peut être féroce face aux hommes cruels et cupides. Des hommes cruels et cupides ne manquent pas dans ce campement de chercheur d'or. Le réalisateur montre une facette beaucoup plus sombre et certainement plus réaliste de la ruée vers l'or. L'or qui corrompt l'homme au plus profond de l'âme tels que les immondes Karl Malden déjà habitué à l’exercice du méchant ainsi que Georges C Scott en préteur soûlard et cupide. Une belle densité dramatique et une belle photo viennent compléter les qualités de ce western. A la final un bon western certes, mais qui manque toutefois de punch avec quelques fâcheux temps morts.
Delmer Daves nous offre un très joli western, grâce notamment à son casting de premier choix, qui s'en sort de la plus belle des manières. En effet, que ce soit Gary Cooper ( dans le rôle d'un médecin ) ou encore Maria Schell ( dans celle d'une jeune femme qui souffre de cécité ), tous sont particulièrement attachant dans leurs rôles respectifs et rendent bien émouvant cette histoire qui est tout de même très mélodramatiques. A noter aussi la superbe partition de Max Steiner et une photographie des plus réussi, ce qui fait que le tout se suit sans ennui.
Un western plutôt insolite à l'image du personnage très ambigu incarné par Gary Cooper, dont il est inutile encore de souligner la prestance et le charisme, qui peut-être tour à tour sympathique ou antipathique, salaud ou généreux. Certainement un des meilleurs rôles de Coop. On peut juste déplorer qu'il ait comme partenaire féminine la fade Maria Schell (j'écris cela peut-être parce que je n'ai jamais été un grand fan de cette actrice), mais Karl Malden et George C. Scott (dont c'est le premier rôle au cinéma) assurent totalement dans le rôle de salauds. Même si le scénario est un peu décousu, la réalisation de Delmer Daves par ses nombreux mouvements de caméra est superbe et les extérieurs sont magnifiques. A voir.
D. Daves et moi, ça devrait être une histoire un peu compliquée. Vu comme celui qui a fait passé le western dans une phase plus adulte, plus psychologique, il est encensé pour la maturité de ses oeuvres, là où certains spécialistes n'y voit que du sentimentalisme et du manièrisme un peu hautain par rapport à un genre qui était loin d'être immature. Avec G. Cooper dans son dernier western, face à une M. Schell resplendissante, un K. Malden bien inquiétant et un débutant du nom de G. C. Scott, le tout avec une histoire qui recèle quelques ambiguités, le film peut effectivement agacé, tant il est parfois trop bavard, voire trop opaque. Pour ma part, je l'ai trouvé intéressant, avec de beaux paysages, des personnages attachants, des péripéties assez rares dans le genre, une description pointue de la vie des chercheurs d'or, avec une réelle capacité à nous plonger dans ce monde, sans oublier un sens de la dramaturgie assez efficace. Alors soyons clair, ce film ne sera jamais mon western préféré, mais c'est un beau film, interprété avec classe, mis en scène avec efficacité, spoiler: qui prend aux tripes dans son final, et qui délivre un bien beau message humaniste (la vie d'un homme vaut bien tout l'or du monde !). D'autres critiques sur thisismymovies.over-blog.com
Le docteur Joe Frail s'installe dans une ville de chercheurs d'or au cœur des montagnes du montana. Après quelques incidents mineurs, si je peux dire, au cours desquels le personnage de Gary Cooper dévoile une étonnante ambivalence en se montrant alternativement altruiste et brutale, une intrigue prend forme lorsque le docteur recueille une jeune femme salement blessée (Maria Schell, dans une composition mélo dont elle a la secret). Le western de Delmer Daves a des arguments mais semble manquer souvent d'unité et d'envergure, et aucun thème n'est véritablement abouti. La dualité du héros, accentué par un lourd secret, fait davantage l'effet d'un artifice et ne contribue guère, en dépit qu'elle aurait pu faire un solide argument, à donner au docteur Frail une dimension humaine supérieure. En face de Gary Cooper, Karl Malden -doublé dans la VF par notre Robert Dalban national- aurait pu faire un méchant mémorable, cupide et lubrique, mais son rôle reste assez commun. Enfin, le paysage du chercheur d'or n'inspire au réalisateur aucune idée forte dans une mise en scène et au long d'un scénario sans éclat.