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Norbert Sautelles
24 abonnés
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3,5
Publiée le 30 juillet 2026
Raoul Peck construit un documentaire où la trame de fond est l'histoire de George Orwell et de son célèbre roman "1984", pour supporter et montrer que ce n'est plus un roman, mais une réalité en montrant et en assemblant et collant des images des différentes actualités qui ont balayé le vingtième siècle et ce début de vingt et unième.
Le film est passionnant pour sa composante qui raconte la vie, la genèse de George Orwell auteur de son roman "1984". Le film mélange aussi des extraits des différents films qui ont adapté le roman "1984".
Le film compose un ensemble de choses pour produire un message antifasciste de bon aloi, même s'il n'est pas subtil. Avec en filigrane, le fait que le fascisme est déjà là et que "1984" n'est pas un roman de science-fiction. C'est d'ailleurs une question : peut-on dénoncer le fascisme en étant léger ?
Un documentaire essentiel mettant en lumière les dérives délirantes de nos sociétés actuelles dans l'indifférence générale. A montrer dans les écoles et à voir de toute urgence!
Le sujet est évidemment passionnant, et il y a quelque chose d’important dans ce que le film essaie de raconter. On sent l’envie de relier Orwell à notre époque, de montrer à quel point ses intuitions continuent de résonner aujourd’hui. Mais j’ai trouvé le film un peu trop démonstratif par moments. Ça explique beaucoup, ça appuie ses idées, et du coup ça laisse moins de place au trouble, à la pensée qui se forme vraiment chez le spectateur. C’est intéressant, solide même, mais pas totalement marquant pour moi.
On prend bien sûr plaisir à revenir, superbement conduits par R Peck, dans l’œuvre d'Orwell. Deux bémols cependant : • j'ai cru noter la juxtaposition brute d'images de l'Allemagne nazie et d'autres très contemporaines de l'actualité européenne ; ces séquences m'ont paru excessives, à la limite de l’honnêteté intellectuelle, se rapprochant trop de la technique des images furtives utilisée par tous les big brothers du monde et par certains publicistes... • en voyant ce film, on a l'impression d'avoir lutté contre la menace brune... Que nenni, on a juste vu un film sympa qui ne fait pas réellement avancer le schmilblick.
Les 2 dernières années d'Orwell au grès des adaptations et de l'histoire de nos 50 dernières année. Dans ce genre de cinéma le montage est tout et là on est servis! Seul bémol, un peu trop long, et des définitions de la " novlangue" un trop LFI...
J’allais me contenter de mettre une bonne note au film mais je découvre la cabale dont il fait l’objet avec des appréciations caricaturales et ahurissantes . Ce film est puissant , on en sort un peu beaucoup ko . Il fait un excellent travail de mise en perspective historique de « l’orwellisation » de notre monde tout en mettant en lumière le cheminement personnel d’Orwell. Passionant .
Le parallèle entre les mécanismes du totalitarisme dénoncés par Orwell et des éléments de notre actualité permet de montrer à quel point ce récit est actuel et permet de prendre conscience de la montée d'un nouveau totalitarisme actuel, aux Etats-Unis, entre autres....
Raoul Peck décrypte la vision orwellienne des mensonges du langage, quand les pluies de bombes sont réduites à des « dommages collatéraux » ou à des « opérations de maintien de la paix ». Son montage questionne aussi les médias et le pouvoir hégémonique des nouvelles technologies, hors de toute régulation. Et dresse un parallèle entre George Orwell, succombant à sa tuberculose pulmonaire, et George Floyd, suppliant des policiers américains de le laisser respirer avant de mourir étouffé, en 2020. Un film hommage, tourbillonnant, d’une brûlante actualité.
Un film sur la propagande qui utilise la propagande, en espérant que vous ne le remarquerez pas. Prétendre défendre l'œuvre d'Orwell en reproduisant ses mécanismes les plus dénoncés, voilà le paradoxe troublant de ce documentaire. Les syllogismes visuels s'enchaînent méthodiquement : des dirigeants élus démocratiquement associés visuellement à des régimes totalitaires, des manifestations antifascistes montrées pacifiques et tricolores dont les violences sont soigneusement coupées au montage, des opposants cadrés comme des escadrons militaires, une musique cynique posée sur des images neutres pour orienter l'interprétation avant même que le cerveau analyse. Daniel Kahneman l'avait formalisé : saturer le Système 2 pour forcer le Système 1, c'est empêcher la pensée critique au profit du réflexe émotionnel. C'est exactement ce que fait ce film. La respiration d'Orwell mourant utilisée en fond sonore sur des images BLM, la défense de Meloni des chrétiens p3rs3cutés dans le monde (fait documenté par l'ONU)présentée comme marqueur autoritaire, un livre aux contenus p3d0ph1les mis sur le même plan qu'un livre d'idées censuré : Jung l'aurait dit, reconnaître l'Ombre n'est pas la normaliser. Dostoïevski l'aurait ajouté, une liberté sans hiérarchie morale n'est pas la liberté, c'est la dissolution. Huxley aurait reconnu le procédé : noyer la vérité non dans la censure mais dans le bruit émotionnel. Ce film ne libère pas, il capture. Il dénonce sans démontrer, accuse sans proposer, paralyse sans armer. Orwell face à ce film aurait sorti son carnet, noté les noms, et écrit un pamphlet contre ses propres défenseurs, comme il l'avait toujours fait. Si Big Brother existait aujourd'hui, de quel bord politique ce film le montrerait-il ? Et pourquoi uniquement de ce bord ? C'est la seule question que ce film refuse de poser. C'est précisément pour cela qu'il échoue à être orwellien.
On avait adoré I am not your negro, le bon démarrage de ce nouveau film prédisait une bon moment. Hélas, le propos, finit par lasser, non pas qu'il soit erroné sur le fond, mais l'accumulation de phrases, d'images, de discours, en sens unique, perd en force et nous laisse l'impression que nous ne sommes pas capables de voir que beaucoup de dirigeants d'aujourd'hui sont en train de mettre en application de Big brother is watching you! Une fois rappelé les trois slogans de base, on tourne en rond: « La guerre, c'est la paix. La liberté, c'est l'esclavage. L'ignorance, c'est la force. »
Néanmoins, il reste l'intérêt secondaire de découvrir les derniers moments de Orwell, se retirant sur une ile en Ecosse pour écrire son fameux roman, et tenter en vain de soigner sa tuberculose. cinéma - avril 26
Raoul Peck construit une réflexion dense sur notre époque à partir de 1984, en multipliant les correspondances entre fiction et réalité. Le film est génial de par sa matière, sa construction et la force de ses images, qui donnent le vertige face aux dérives contemporaines.