Les Minions sont apparus pour la première fois au cinéma dans Moi, moche et méchant en 2010. Ces petites créatures jaunes ont vite conquis le cœur du public et sont revenues dans les suites, avant d’avoir droit à leur propre franchise, lancée en 2015 (Les Minions). Des Minions et des monstres est le troisième volet de la saga. Au total, Moi, moche et méchant et Les Minions cumulent plus de 5,6 milliards de dollars de recette dans le monde.
C’est la première fois que Pierre Coffin réalise seul un film de la saga. Il connaît très bien l’univers des Minions puisqu’il a co-réalisé quatre films de la franchise et prêté sa voix aux petits personnages dans tous les opus. Cette expérience lui a permis de développer de nouveaux personnages sous un angle inédit, en délaissant le trio habituel (Kevin, Stuart et Bob) pour se consacrer à deux nouveaux venus : James et Henry.
Pierre Coffin double les Minions depuis leurs débuts, et est à l’origine de leur verbiage si particulier. Ce qui avait commencé comme une expérience, sous forme d’improvisation en studio d’enregistrement, est devenu l’une des signatures les plus reconnaissables de la franchise. Le réalisateur revient sur la naissance de cette voix : “Ma façon d’interpréter les voix des Minions est à la fois simple et complexe. Quand nous avons commencé à travailler sur le premier Moi, moche et méchant, je n’avais aucune intention technique, je ne travaillais pas du point de vue d’un ingénieur du son ou d’un cadreur. J’ai commencé à faire les voix moi-même car nous ne savions pas encore exactement quels mots utiliser ni comment le langage fonctionnerait”. Le “Minionais” comme il l’appelle, n’a pas besoin d’avoir un sens littéral, mais doit faire comprendre l’intention.
Chris Meledandri, le fondateur et PDG d’Illumination, a proposé à Pierre Coffin l’idée d’un film où les Minions réaliseraient un film d’épouvante. Le réalisateur a été d’emblée emballé : “J’ai tout de suite accroché, c’était à la fois hilarant et tellement typique de ces monstres jaunes. Si les Minions cherchent toujours à réaliser les rêves des autres, cette fois c’était l’occasion de découvrir le leur. Les années 1920 nous semblaient très à propos, une époque où le cinéma était en plein développement. Un monde d’instinct et d’expressivité, le cadre idéal pour nos Minions.”
Le cinéma muet est une période qui se prête parfaitement aux Minions car, comme le souligne le scénariste Brian Lynch, ils communiquent depuis toujours par le geste, le rythme et le comique de situation : “Les débuts de l’âge d’or du cinéma constituaient un environnement aussi idéal qu’intuitif pour nos petits amis jaunes qui s’y trouvaient contre toute attente totalement à leur aise et à leur place”. Les Minions n’ont pas besoin de retenir des dialogues, ni de parler anglais, et peuvent tout simplement être eux-mêmes.
Bien que ce soit la troisième aventures des Minions, Des Minions et des monstres est un film très personnel pour Pierre Coffin, qui est passionné depuis son plus jeune âge par les créatures et les effets spéciaux du cinéma classique. À dix ans, il a déménagé aux États-Unis et se sentait perdu. En cherchant des livres en français à la bibliothèque, il est tombé sur un ouvrage consacré au maquillage de Frankenstein. Cette découverte l'a conduit vers Dracula, La Momie et tout le cinéma fantastique classique. Ce sont ces monstres qui l’ont initié au cinéma.
Le personnage de Goomi va totalement à l’encontre des représentations classiques de monstres, en particulier celle de Cthulhu, créée par H.P. Lovecraft. Pierre Coffin explique : “Goomi est une créature évocatrice de l’univers de Lovecraft, une figure aussi antique et qu’effrayante, mais l’idée était d’en prendre physiquement le contrepied en la rendant minuscule et mignonne.” Goomi est doublé par Trey Parker, qui avait déjà prêté sa voix à Balthazar Bratt dans Moi, moche et méchant 3.
Des Minions et des monstres est truffé de références à l'histoire du cinéma. Pierre Coffin déclare : “L’animation permet de dissimuler des références partout. On peut les glisser dans le décor, sur une fiche, sur une affiche ou dans la composition d’un plan. Tout le monde ne les remarquera pas, mais c’est justement ce qui fait le charme du film.”
Parmi ces références, on peut citer :
-Les études d’Eadweard Muybridge sur le mouvement, les frères Lumière et les premières images associées à la naissance du cinéma
-Le cinéma muet, notamment Harold Lloyd, Buster Keaton et Charlie Chaplin
-L'humour cartoonesque de Tex Avery
-Les films de SF Le Jour où la Terre s’arrêta, La Planète des singes, The Earth Dies Screaming, Le Colosse de New York