Note à but personnel (et prétentieuse):
Je suis épuisé. Si je commence à comprendre les mécaniques de ce qui rend le cinéma de PTA identifiable que ça soit au niveau de l’image (la lumière extérieur gagne toujours, le contre-jour en particulier), de la musique (qui se veut longue et mystérieuse comme si les personnages avaient eux aussi cette musique dans la tête, là où chez un Nolan ou un Scorcese, la musique ne sert qu’à appuyer une émotion mais attention, ils sont des maîtres en la matière), ou encore au niveau des personnages (mystérieux, perdus, dépourvus de pragmatisme, tout n’est qu’émotion, qu’instant chez les personnages de PTA), je n’ai pas encore mis la main sur ce qui obsède PTA, qu’est-ce qu’il cherche? Qu’est-ce qu’il veut nous raconter, qu’est-ce que ça raconte de lui, car oui je suis persuadé qu’une filmographie est une autobiographie, une filmographie est ce que vous pouvez raconter de plus intime, en ça faire un film personnel est quelque chose d’assez courageux, c’est mettre son cœur sur la ble-ta. Mais donc après avoir vu seulement quatre films de PTA, j’ai l’impression d’y voir un peu plus clair mais je n’y suis pas encore. J’y vois quelqu’un qui essaie de comprendre lui aussi mais ne comprend pas, ces films sont sans solutions contrairement à Nolan qui sont des films résolus mais dont la clé n’est pas donné au spectateur, ici c’est un film où la clé nous est donné mais dont le créateur n’a pas l’air de savoir ce qu’elle ouvre. Dans There Will be Blood, tout est là dès le début, c’est un homme qui va devenir riche et construire un empire, maintenant que tirer du film? Dans Magnolia, on enchaîne looser sur looser pour finalement quoi? One Battle After Another lui est résolu et ça m’a d’ailleurs paru bizarre, pas que je sois un expert de PTA du tout, mais ça ne m’a pas paru très naturel ce film qui se terminait fair and squared. Pour ce qui est de Punch Drunk Love, un film qui bouge beaucoup mais qui n’avance pas, qui donc nous épuise, le personnage principal ne sait pas où se foutre. Ça me parait d’ailleurs assez caractéristique de Anderson, les gens ne savent pas où se foutre et ça peut d’ailleurs gêner les spectateurs. Les films ne commencent jamais et ne se terminent pas, il y a un avant le film et un après et c’est à nous de nous adapter dans cette histoire là, d’arriver à rentrer dedans, il faut être très concentré.
Voilà une note de plus, un film de plus à essayer de décortiquer au lieu de me laisser transporter, tout ça pourquoi? Pour ne toujours pas avoir la réponse à ma question, qu’est ce qu’un bon film?