“I just want to be with you”
Comment une histoire aussi belle peut-elle être aussi triste ?
Ce film d'Anthony Schatteman raconte, à travers une narration émouvante, la beauté et la puissance de l’amour, tout en montrant à quel point ce sentiment peut surgir à n’importe quel moment, de manière inattendue. L’histoire suit un jeune garçon de 14 ans nommé Elias. Alors que la fin des vacances d’été approche, Elias, entouré de son groupe d’amis et de sa copine, voit sa vie basculer lorsque Alexander, un autre garçon du même âge, emménage dans la maison juste en face et intègre sa classe.
C’est ainsi que l’on assiste à l’évolution progressive des sentiments d’Elias pour Alexander. Le personnage principal va connaître une véritable remise en question de son identité. Car, pour la première fois de sa vie, il tombe réellement amoureux. Pourtant, il tente de se persuader qu’il aime Valérie, sa petite amie, et finit par se détester, convaincu qu’il n’est pas « normal ».
Après le visionnage, un sentiment de vide m’a envahi, comme s’il me manquait quelque chose. L’histoire entre les deux protagonistes est si belle que je ne pouvais m’empêcher de l’envier, allant jusqu’à remettre en question certains moments de ma propre vie. C’est comme si c'était, en quelque sorte, une idéalisation de l’amour, un amour que tout le monde rêve sans doute de vivre. Le film m'a également plongé dans une douce nostalgie, rappelant ces instants passés avec des amis à vélo, dans les champs, ou en explorant des lieux abandonnés. C’est précisément cette immersion et cet impact émotionnel qui font que j’ai autant apprécié ce film.
Il serait injuste de parler de ce film sans mentionner la performance exceptionnelle de Lou Goossens dans le rôle d’Elias. Sa prestation est si convaincante qu’on pourrait croire qu’il éprouvait réellement ces sentiments. Rarement ai-je vu un jeune acteur de 14 ans livré une interprétation d’une telle intensité. Il est sans conteste l’un des meilleurs acteurs de son âge que j’aie pu voir. Cette performance lui a d’ailleurs valu plusieurs distinctions en Belgique, notamment les prix du meilleur acteur dans un rôle principal et du meilleur espoir masculin.
Bien que l’on puisse s’attendre à une fin heureuse, je trouve cette histoire plus triste que certains films purement dramatiques
. Le personnage d’Elias est particulièrement attachant, car le spectateur partage pleinement ses émotions et ses doutes, ce qui souligne la difficulté de sa situation. Le film illustre à merveille la dualité de l’amour : capable d’apporter autant de bonheur que de souffrance. C’est un thème dans lequel beaucoup peuvent se reconnaître, à condition d’avoir une certaine ouverture d’esprit.
Un autre aspect que j’ai particulièrement apprécié est la relation qu’Elias entretient avec sa mère, mais surtout avec son grand-père. Leur complicité est touchante,
et le moment qu’ils partagent, isolés du reste du monde, constitue une magnifique leçon de vie et l’une des scènes les plus émouvantes du film. D’autres scènes marquantes incluent celles dans la voiture ou, bien sûr, celles avec Alexander.
Sur le plan visuel, le film est esthétiquement réussi. La lumière y joue un rôle primordial, soulignant et amplifiant les émotions des personnages. Le rythme du film est bien dosé : il n’y a pas de longueur inutile, chaque scène ayant sa place et son importance. Bien qu’il n’y ait pas de prouesses techniques majeures en termes de plans ou de photographie, l’ambiance intime et sincère compense largement cette simplicité.
En conclusion, ce film a été une très belle surprise. Je suis heureux de voir le chemin qu’il parcourt et convaincu qu’il deviendra un classique dont on se souviendra longtemps.
Dans le même style, je recommande vivement le film « Close », un excellent drame sorti en 2022, qui a remporté le Grand Prix du Jury à Cannes.