A Big Bold Beautiful Journey
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79 critiques spectateurs

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Lourenco Carlos
Lourenco Carlos

3 abonnés 77 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 27 mai 2026
Le film n’est pas une catastrophe, loin de là, mais il laisse surtout une impression de potentiel pas totalement exploité. Le concept de revisiter son passé pour mieux comprendre son avenir est intéressant et parfois même touchant. Certaines idées sont sincères et poétiques, mais l’écriture manque souvent de maturité et le montage paraît inégal.

Le début du film m’a un peu sorti de l’ambiance, notamment avec des dialogues inutilement vulgaires qui ne servent pas vraiment le scénario. On sent aussi que le film hésite constamment entre romance, introspection et fantaisie émotionnelle sans toujours trouver le bon équilibre.

Malgré cela, Colin Farrell reste un acteur que j’apprécie énormément depuis les années 2000 (Phone Booth, SWAT, The Recruit, Bons Baisers de Bruges…). Même si ce type de comédie romantique mélancolique ne lui va pas toujours naturellement aujourd’hui, son charisme fonctionne encore. Margot Robbie apporte quant à elle beaucoup de lumière et de douceur au film.

Au final, ce n’est pas un grand film, mais ce n’est pas non plus un désastre moderne à la Snow White ou Ariel. Il y a du cœur, de bonnes intentions et quelques beaux moments, simplement un manque d’expérience et de maîtrise dans l’écriture.
Redzing

1 450 abonnés 4 912 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 21 avril 2026
Le problème numéro un du film est son scénario. Déjà, le volet fantastique débarque d'entrée, avec ce célibataire allant voir sans rechigner une agence de location louche pour récupérer une voiture et se rendre à un mariage. Puis, après avoir rencontré une célibataire, ils se retrouvent téléportés dans des moments passés de leur vie sans que ça ne les choque plus que ça.
Mais surtout, le récit manque cruellement d'enjeu et de naturel. Pourquoi ces deux personnes, qui n'ont rien en commun, devraient passer du temps ensemble ? Pourquoi écouter un GPS qui les envoie vers des moments passés, quand il n'y a aucune conséquence à ne pas suivre le GPS ? Quelle est la logique dans l'enchaînement des moments ?
Tout ceci apparait donc très artificiel. Imaginez une sorte de "Eternal Sunshine of the Spotless Mind" où les déambulations des protagonistes dans les souvenirs seraient gratuites, sans enjeu émotionnel, et avec une mise en scène relativement sage. Vous obtenez "A Big Bold Beautiful Journey".
Colin Farrell et Margot Robbie sauvent les meubles en célibataires écorchés... même s'ils n'ont pas vraiment d'alchimie... et que l'on cherche à faire passer Colin Farrell, presque cinquantenaire à la ville, pour un trentenaire à l'écran.
A côté, même si elle manque de folie au vu du sujet, la réalisation fait le taff, jouant régulièrement avec les couleurs. Et proposant une séquence inattendue de comédie musicale. En revanche les dialogues paraissent tout aussi forcés que le scénario, formant un ensemble de réflexions sur le couple ou la vie qui ne paraissent jamais naturelles.
Une vrai déception... qui n'a pas convaincu le box office non plus : à peine 20 millions de dollars de recettes, pour un budget de 45.
chrisbal
chrisbal

18 abonnés 775 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 22 avril 2026
Un film décevant qui ne tient pas ses promesses.
La magie ne prend quasiment jamais et chaque porte ouverte apporte vraiment peu à cette histoire d'amour bancale entre Colin Farrell et Margot Robbie, peu crédibles dans l'ensemble.
Zerkio
Zerkio

1 abonné 12 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 12 avril 2026
Point positif :
Margot(goat) Robbie
Colin Farrell
la BO

Point négatif :
Tout le reste. ce film c'est du grand n'importe quoi.
aucun rythme, l'histoire totalement bidon.
OMTR
OMTR

36 abonnés 288 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 mars 2026
Que Mon Amour Ouvre La Porte

Un conte romantique fantastique au rythme lent, qui suit un homme et une femme se rencontrant lors d'un mariage.

Sur le chemin du retour, ils entreprennent un voyage grandiose et passionnant, qui leur permet de revisiter différentes périodes de leur vie afin de s'épanouir et d'améliorer leur avenir.

Le spoiler: mélange des styles peut déconcerter ceux qui ne sont pas particulièrement attirés par ce type de film atypique, axé sur l'expression artistique, la profondeur thématique et une narration non conventionnelle
.

Quoi qu'il en soit, les performances exceptionnelles de Colin Farrell et Margot Robbie, véritables artistes « caméléons » qui portent le film sur leurs épaules, sont admirables.
S5Clem
S5Clem

101 abonnés 543 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 17 mars 2026
Un gros casting pour une histoire sur l'introspection les remises en question et les regrets. Même si l'alchimie des 2 protagonistes fonctionne parfaitement, le scénario ne joue que sur une ligne et finit par nous lasser (les tableaux visités étant des souvenirs très classiques et sans âme véritable). Un beau gâchis, vraiment, car il y a de superbes scènes (à la manière du passage en comédie musicale) et un vrai côté artistique dans la proposition
laurie james
laurie james

23 abonnés 218 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 14 janvier 2026
J’ai ressenti beaucoup de plaisir à visionner A Big Bold Beautiful Journey. D’abord parce que le film est visuellement superbe. Chaque scène compose un véritable tableau et — cela pourra en dérouter certains — nous plonge à chaque fois dans un univers différent, presque autonome. Cette succession de mondes visuels ne cherche pas la continuité classique, mais invite le spectateur à se laisser porter par les sensations.
Parmi les moments les plus marquants, je retiens notamment la scène de la comédie musicale à l’école de David — porté par un merveilleux Colin Farrell qui chante et danse très bien — ou encore celle où David et Sarah se font face dans une pièce noire et vide, le temps d’une chorégraphie moderne, aussi dépouillée que profondément expressive. Deux scènes très différentes, mais qui traduisent parfaitement la sensibilité du film et sa manière singulière de raconter une histoire.
Colin Farrell et Margot Robbie dégagent une alchimie évidente, presque instinctive. Malgré les moments plus mélancoliques, parfois dramatiques, qui jalonnent la vie de leurs personnages, ils insufflent au film une belle énergie, une forme de joie de vivre fragile mais persistante. C’est sans doute ce mélange de douceur et de gravité qui fait que l’on sort de la séance le sourire aux lèvres.
Inutile d’en dire davantage. A Big Bold Beautiful Journey est un film que l’on choisit — ou non — d’embrasser. Il faut accepter d’entrer dans l’univers très imagé de Kogonada, de se laisser guider par les émotions plutôt que par la logique narrative. Pour ma part, j’y ai vu une très belle comédie romantique, où l’extrême simplicité du scénario devient le parfait contrepoint à la beauté des images. Un film délicat, sensible, qui privilégie l’émotion à la démonstration et laisse une impression douce, presque apaisante, longtemps après le générique final.
Morcar
Morcar

42 abonnés 352 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 9 janvier 2026
Ah zut ! J'y croyais à celui-là, pourtant ! Sa bande-annonce m'avait vraiment donné envie. Le casting était plutôt attirant, les images, la musique et l'idée de ce voyage un peu fantastique dans le passé des personnages me plaisaient beaucoup. Mais je ne suis pas du tout rentré dedans.
La rencontre des deux personnages et la relation qu'ils créent très rapidement paraissent tellement artificiels que je n'ai pas réussi à rentrer dans leur monde, dans ce voyage qui m'a uniquement paru long et ennuyeux. On recycle les mêmes douleurs du passé que l'on voit dans tous les films du genre. Elle a perdu sa mère, lui ne s'est pas remis d'un chagrin d'amour d'adolescence. C'est larmoyant sans être à aucun moment touchant.
Pourtant les deux acteurs semblent vraiment y croire et s'être investis dans leurs rôles. Mais il m'a manqué quelque chose pour vraiment être embarqué dans cette aventure. Tout ça m'a paru trop artificiel. Loupé pour moi.
Direct-actu.fr
Direct-actu.fr

371 abonnés 475 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 décembre 2025
Et si l’on pouvait rouvrir certaines portes du passé pour mieux comprendre le présent ? A Big Bold Beautiful Journey imagine une romance douce et singulière, où deux inconnus se rencontrent presque par hasard et découvrent que les souvenirs peuvent parfois éclairer un avenir différent. Sarah, interprétée par Margot Robbie, et David, incarné par Colin Farrell, se croisent lors d’un mariage et se retrouvent entraînés dans une expérience étrange, à la frontière du réel et de l’intime. À travers des fragments de vie revisités, le film explore ce que chacun porte en soi, entre regrets, élans retenus et désirs inavoués.

Parfois, on a simplement besoin d’une comédie romantique qui ne cherche pas à impressionner mais à accompagner. À la manière de PS I Love You, le film assume pleinement sa sensibilité et son romantisme, sans cynisme. Il avance à pas feutrés, dans une atmosphère presque suspendue, où l’on déambule parmi les souvenirs comme dans une maison familière. On pense aussi à L’Effet papillon ou à La Cabane pour cette manière d’aborder le passé comme un espace intérieur à revisiter, non pour le corriger, mais pour mieux se comprendre et apprendre à se pardonner.

La force du récit repose sur une idée simple : revenir sur certains instants pour saisir ce qui a été manqué ou mal compris. Les actes manqués deviennent des points de bascule émotionnels, jamais appuyés, toujours humains. Le film ne juge pas ses personnages, il les observe avec douceur, laissant émerger leurs fragilités et leurs hésitations. La romance se construit ainsi dans l’écoute et la pudeur, loin des effets spectaculaires, privilégiant une émotion discrète, presque thérapeutique.

L’atmosphère, souvent pluvieuse au sens symbolique, baigne le récit d’une mélancolie légère, tempérée par des touches d’humour fines et inattendues. « Parfois on doit interpréter un rôle pour découvrir la vérité » résume bien son propos : on se construit aussi à travers les masques que l’on porte. Comme le disait Eric Draven dans The Crow, « l’éclaircie vient après la pluie ». A Big Bold Beautiful Journey rappelle ainsi que les détours, les silences et les blessures participent pleinement du chemin, et que la lumière naît souvent d’une acceptation patiente de soi et de ses choix.
Diabloxrt
Diabloxrt

80 abonnés 1 879 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 décembre 2025
Par moments, le cinéma nous amène à ressentir des choses que nous sommes les seuls à comprendre. Et globalement, c'est un peu ce qui m'est arrivé lors de mon visionnage de "A Big Bold Beautiful Journey" , car c'est un film que je ne saurais expliquer. Si je comprends la plupart des critiques qui sont venues accompagner sa sortie, je suis également obligé d'avouer que je l'ai adoré. Réalisé par Kogonada, le long-métrage est une comédie romantique un peu particulière. En effet, le scénario est bien loin de nous exposer une rencontre classique entre deux personnes, et il va bien plus emprunter aux codes du fantastique qu'autre chose. Passant par différents aspects de leurs vies, l'histoire prend une tournure assez claire quand il assume le fait que nous allons revivre à la chaîne des moments ayant marqué nos personnages. L'objectif est donc établi : comprendre comment nos deux héros sont devenus ce qu'ils sont. Cela passe par des traumatismes, de la joie, des peines de cœur, etc... Tout est basé sur cette approche où notre passé construit la manière d'où nous envisageons nos relations futures. Et honnêtement, si l'idée était déjà très intéressante, je trouve que l'exécution la sublime encore plus. Personnellement, cette approche via des portes a parfaitement fonctionné sur moi, car chaque univers se cachant derrière celles-ci est emprunt d'une identité et d'une émotion qui lui est propre. Parfois, ce sera très dramatique, d'autres fois, ce sera beaucoup plus comique, et ça ira même jusqu'à des délires de comédie-musicale totalement assumés. Pour réussir à retranscrire la folie des émotions de nos héros, le film a donc choisi d'y aller à fond, et je trouve que ce mélange des genres est parfait pour cela. Certes, cette idée peut faire peur sur le papier, mais l'ensemble réussit à fonctionner comme un tout, on n'a jamais cette sensation que le mélange n'opère pas. Cette bonne construction, nous la devons à plusieurs choses. Déjà, comme je l'ai dit, à ce concept des portes, ce qui était une idée brillante. Mais également, à la bonne prestation des deux acteurs principaux, qui campent parfaitement leur rôle. Tout d'abord, Margot Robbie est parfaite dans le rôle de cette fille pétillante, mais torturée. J'aime notamment beaucoup ces séquences où elle se joue plus jeune, on y sent une adaptation dans un jeu plus délicat et moins parfait. Et globalement, c'est un peu le même constat pour Colin Farrell. Il est très intéressant dans son rôle, et sa complémentarité avec sa camarade de jeu fonctionne à merveille. Et pour finir, il est évident que la mise en scène de Kogonada aide beaucoup à cette magie. Il livre une réalisation très amusante à regarder, au niveau des décors, de la photographie, ou encore du montage. On sent que ce concept l'aide à se lâcher et qu'il veut donner de la vie à une histoire qui ne demande que cela. Par conséquent, même si je peux comprendre le fait que l'on peut avoir du mal à rentrer dans ce film, j'ai personnellement été absorbé par son histoire. Ici, tout respire la sincérité émotionnelle et cela m'a fait beaucoup de bien. Alors que vous n'aimez pas ce film, moi, je m'en fiche. J'ai adoré, et j'assume. Pour conclure, un petit coup de cœur personnel.
Lujsharkzz
Lujsharkzz

13 abonnés 675 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 novembre 2025
Globalement c'est un film sympa qui sait être pertinent ou émouvant par moment, mais qui ne réinvente rien du tout en soi. Le film se perds un peu dans le propos, et on en ressort un peu déçu parce que ça reste assez lisse. Il y a cette impression que ça ose pas aller plus loin dans les thématiques. Malgré tout j'ai passé un bon moment, le film est plutôt beau et original, mais n'apporte pas grand chose dans sa réflexion.
Françoise Philippon
Françoise Philippon

3 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 novembre 2025
Un film poétique, une jolie romance. Comme dans le livre « tant que le café est encore chaud », les retours dans le passé permettent aux personnages de se réconcilier avec eux-mêmes et d'enfin oser aimer.

Un film « feel good » donc.

Pourquoi ce titre en anglais ? Les Canadiens ont bien trouvé une traduction, eux...
Hillel
Hillel

1 critique Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 novembre 2025
Film très profond et émouvant. Bien que le début semble lent, le reste suit parfaitement. Comme d'habitude, Margot Robbie est exceptionnelle et sa voix, très bien doublée par Dorothée Pousséo.
DaeHanMinGuk
DaeHanMinGuk

231 abonnés 2 457 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 novembre 2025
Ce film est un ovni, un exercice de style bluffant et une belle balade à travers l’imaginaire, la vie réelle, le présent et le passé. Le tout agrémenté d’un humour original qui ajoute un charme certain à l’ensemble. Malheureusement, il est un peu trop long – j’entends par là, des baisses de rythme et des longueurs - pour tenir le spectateur captivé de bout en bout. C’est bien dommage car l’idée à la base du film méritait un bien meilleur traitement.
Cadreum
Cadreum

60 abonnés 778 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 30 octobre 2025
Qui est le film ?
Troisième long métrage de Kogonada après Columbus et After Yang, A Big Bold Beautiful Journey marque un déplacement vers un récit plus ouvert, teinté de fantastique et de rom com. En surface, c’est un road movie magique : deux inconnus (Colin Farrell et Margot Robbie) embarquent dans une voiture guidée par un GPS rétro capable d’ouvrir des portes vers leurs souvenirs, se rencontrent dans un mariage, se perdent et se retrouvent. Le film promet une traversée sentimentale à la lisière de la mémoire et du merveilleux, un conte sur le pouvoir réparateur de la rencontre.

Que cherche-t-il à dire ?
Le film veut interroger ce qui, dans une vie, décide de nos trajectoires, nos regrets, nos récits, ce que l’on tait, évite ou rejoue. La romance sert de prétexte à une expérience plus intime : sonder comment l’amour peut surgir du dévoilement des blessures. L’ambition est de rendre visible non l’idéal amoureux, mais l’effort d’accepter ce qui, en soi, est fêlé.

Par quels moyens ?
Le GPS rétro, avec sa voix autoritaire et anachronique, est une figure du destin technologique et comique. Les portes fonctionnent comme des plis narratifs. Elles ouvrent des vignettes mémorielles et transforment le road movie en anthologie psychique. L’idée est élégante : la technologie comme oracle mélancolique. On ne choisit pas où aller, on est guidé vers ce que l’on n’a pas voulu voir.

Le film excelle souvent sur le plan visuel. Les portes dressées au milieu du réel ouvrent des micro-fictions, des zones de souvenirs autonomes. Chaque vignette a son atmosphère : une séquence chantée, un mélo domestique, un huis clos hospitalier, autant de paysages affectifs renouvelés. Kogonada compose des images impeccables, cadres centrés, compositions symétriques, palettes colorées et saturées. Mais l’élégance plastique ne suffit pas à produire le sentiment. L’émotion exige une porosité entre le spectateur et les personnages. Ici les vignettes restent belles et vitrifiées, comme des miniatures derrière du verre. L’artifice est si présent que la suspension de l’incrédulité patine.

La tonalité sonore et la photographie semblent délibérément rétrospectives. Elles convoquent une nostalgie kitsch qui rappelle les rom com des années 90 et le cinéma de studio sucré. Ce choix esthétique est d'aller chercher le réconfort d’un cinéma rassurant pour mettre en crise ses codes. Mais le film ne semble pas pleinement capable de retourner cette esthétique contre elle-même. Le résultat est souvent lisse, parfois nunuche, rarement subversif.

Colin Farrell et Margot Robbie ont une alchimie perceptible. Leur présence physique irrigue beaucoup de scènes. Pourtant ils sont ici brimés par un scénario qui privilégie la forme à la contagion émotionnelle. La star ne suffit pas à créer l’âme d’un film. Parfois leur jeu reste en surface, pris au piège d’une esthétique qui exige du calme et de l’intériorité, mais qui en même temps multiplie les ruptures tonales.

Le film oscille entre conte fantastique, comédie romantique et mélodrame. Cette porosité est riche. Kogonada tente la mosaïque. Mais la mosaïque réclame des pièces qui tiennent ensemble par frictions internes, par tensions dialectiques. Ici les vignettes se succèdent comme des cartes postales plutôt que comme des strates d’un sol commun. L’effet est un beau livre d’images qui tourne à vide quand il faudrait qu’il brûle.

Où me situer ?
Quand un film veut nous émouvoir avec des procédés évidents, il doit offrir en échange une force sensorielle ou narrative capable d’arracher ce consentement. Ici la balance penche du côté des artifices. Les règles du monde magique restent vagues. Les portes apparaissent et fonctionnent sans un contrepoids explicatif ou symbolique suffisamment puissant pour justifier la foi que l’on doit leur accorder. Le film affirme, par son dernier acte, une volonté de réparation : apprendre à connaître l’autre par le partage des blessures, et à partir de là aimer. C’est un programme moral simple et séduisant. Cependant la mécanique conclusive du récit paraît trop prévisible. La promesse d’un amour réparateur reste littérale et n’expérimente pas la complexité éthique de la réparation. La romance finale est douce, polie, mais attendue. Malgré tout, le film produit des images qui tiennent. Quelques séquences touchent réellement. Quand Kogonada fait confiance à la lenteur, à la respiration, à un plan qui s’étire, le regard est pris. Il y a des moments où la beauté n’est pas décorative mais révélatrice. Ces moments trahissent le cinéaste qu’il sait être, celui capable de faire surgir une émotion par la précision du cadre.

Quelle lecture en tirer ?
A Big Bold Beautiful Journey demeure un film de bonnes intentions. Son ambition de mêler conte et romance, mémoire et parade visuelle, est louable. Mais l’écart entre l’idée et son accomplissement est sensible. Kogonada étire son geste formel sans parvenir à en tirer la vérité affective qui habite ses meilleurs films. On voit la route, on admire les panneaux de signalisation, on peine à sentir la vitesse.
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