La Ozploitation renait de ses cendres pour arriver sur Netflix ! Enfin non, en réalité, c'est beaucoup plus nuancé que ça, déjà car le genre n'est pas mort - seulement plus discret - et puis car nous ne sommes pas vraiment dans de l'Ozploitation. Mais tout de même assez pour que l'on puisse en considérer le film comme une sorte d'hommage.
On retrouve effectivement certains codes du "genre", difficile à catégoriser car il regroupe énormément de sous-genres, mais un des plus emblématiques : le survival. Puisque l'on y suit ici une jeune femme qui, après avoir perdu son compagnon lors de l'ascension d'une montagne, tente un road trip en Australie pour y faire du canyoning.
De l'Ozploitation, on y retrouve ainsi l'Australie et plus précisément ses paysages de l'outback, sa nature hostile, un antagoniste exubérant et un certain aspect sadique. Seulement, ce n'est pas un film australien ! C'est même un réalisateur finlandais, Baltasar Kormákur, qui s'occupe de mettre cette traque en images dont le seul film que j'ai vu est son premier, "101 Reykjavík" ; deux salles, deux ambiances. Mais du coup, le film rappelle également "La Traque" de 1975 et bien-sûr "Délivrance" puisque l'on y retrouve bien-sûr le canyoning et puis cette confrontation entre citadine (du moins, on suppose), redneck et nature. Bref, un joli mélange de références mais est-ce un bon film pour autant ?
Malgré ses longueurs et le fait qu'il ne révolutionne aucun genre auquel il fait référence, je serai tenté de dire que oui. La traque en elle-même, c'est du déjà-vu mais ça fonctionne plutôt bien, les scènes d'action sont bonnes et la mise en scène prend le temps de se poser, pour nous offrir de très beaux plans de la nature ou des scènes d'ascension assez tendues. Ce qui est plutôt rare chez un film Netflix (du moins de ceux qui n'arrivent pas en fin d'année pour aller chercher leur Oscar), qui a plutôt tendance à n'additionner que des plans serrés sur un étalonnage gris afin que chacun puisse profiter du film sur n'importe quel écran. Ici, il y a une réellement volonté de faire du "cinéma" et c'est dit sans aucune prétention cinéphile.
De plus, le duo Charlize Theron / Taron Egerton fonctionne très bien, Theron étant crédible dans ce personnage de femme forte, jamais victimisée à outrance et Edgerton n'en faisant jamais des caisses dans son personnage de psychopathe.
Bref, "Apex" n'est donc pas un film spécialement mémorable mais reste au moins un honnête divertissement avec quelques références qui sont les bienvenues.