Génial. Ozon avait fait à l'époque une sacrée reconstitution d'un manoir anglais des années 20, à la Agatha Christie. Et en chansons, la vie est plus belle
Une bonne petite comédie sur fond d'enquête policière. "8 femmes" est un huit clôs complètement déjanté fleurtant de temps en temps avec la comédie musicale. C'est frais, rigolos, exagéré et joué de façon théatral dans un décor trés kitsch. On peut reprocher au film de tourner un peu en rond par moment et finir par lasser le spectateur.
J'ai eu beaucoup de mal à "entrer" dans le film, mais une fois la surprise passée, on ne peut être que charmé par cet élégant film, mêlant tant de grandes actrices.
Rien de franchement emballant, bon en même temps la plupart des actrices de ce film ne me touche pas vraiment donc rien d’anormal au fait de n’avoir pas réellement accroché.
Voilà plus de 20 ans que j'entends régulièrement parler de ce film, souvent de manière favorable. Je réussis finalement à le rattraper... et c'est un peu la douche froide ! Pourtant il y a clairement de l'audace. François Ozon pond là un film assez insaisissable, qui brouille les genres. 8 femmes se retrouvent piégées dans une demeure, lors d'une tempête de neige. Et elles apprennent que le riche maître des lieux a été assassiné ! La coupable est forcément l'une d'entre elles, mais qui : la femme, les filles, la soeur, la belle-soeur, la belle-mère ou les domestiques ? Ca a des airs d'Agatha Christie, et Ozon en joue clairement. Associant par exemple des couleurs spécifiques à chaque femme, façon Cluedo. Ou donnant rapidement un mobile à chacune d'entre elle. Mais le réalisateur vire régulièrement vers le pastiche, voire la parodie, avec du burlesque ou des jeux exagérés. Et il se lance ponctuellement dans la comédie musicale (!), chaque femme interprétant une chanson, histoire d'avoir son moment de gloire. De très belles intentions, mais je ne suis pas très convaincu du résultat. Si l'on nous offre 8 comédiennes très talentueuses, plusieurs d'entre elles ont tendance à faire du jeu très théâtral, qui sonne faux. Certes, on veut du parodique, mais ça ne veut pas dire jouer faux. Néanmoins, Fanny Ardant et Isabelle Hupert tirent leur épingle du jeu. L'une en soeur en desseins troubles et au passé sinistre. L'autre en belle-soeur grippe-sou et frustrée. A côté, le récit demeure très artificiel. On nous balance des révélations toutes les 5 minutes, histoire de changer les enjeux et de construire des mobiles. Néanmoins cela sort à chaque fois de nulle part, et perd son impact puisque l'on sait que le secret suivant sortira dans les 5 prochaines minutes. Il n'y a pas vraiment de finesse ni d'exploitation de tout cela. Jusqu'à une explication finale qui arrive comme un cheveu sur la soupe et qui ne convainc pas réellement. Ozon a aussi choisit de donner un aspect purement fonctionnel à la victime, jusqu'à ne pas montrer son visage. Peut-être histoire de se jouer des archétypes du genre, où les victimes servent surtout à lancer l'histoire. Mais c'est fait à l'excès, à tel point que cela n'amène pas d'enjeu et que l'on se moque un peu de qui est vraiment la tueuse. Cela désamorce aussi le final, qu'il ait été conçu ou non de manière comique. Quant aux passages musicaux, j'avoue n'avoir pas compris leur intérêt si ce n'est de mettre les comédiennes en valeur (à ma décharge, je n'aime pas les comédies musicales). On aurait très bien pu faire sans. Je m'étonne du très bon accueil reçu par le film à sa sortie. Sans doute qu'il a aujourd'hui beaucoup perdu de son originalité, tant les pastiches et les revisites d'Agatha Christie ont été faits depuis.
à mi-chemin avec le huit clos théâtral, Ozon magnifie ce casting féminin de haut vol où chaque actrice a son moment, notamment en chanson. d'autant que le postulat de départ intriguant dans l'esprit d'A. Christie capte le spectateur. un bel hommage aux femmes, aux actrices qui réserve quelques moments savoureux.
Ozon nous offre sa gourmandise sucrée, une madeleine de Proust. En mode suranné et convoquant de nombreuses références de l’âge d’or d’Hollywood, il nous plonge dans une comédie policière aux accents d’Agatha Christie (mode « 10 petits nègres »). 8 femmes pour un seul homme décédé dans la nuit ; 8 femmes qui on le découvrira au fur et à mesure ont toutes une bonne raison de mettre fin aux jours du male de la maison. Tiré d’une pièce de théâtre, cet huis clos n’est jamais pesant ; la mise en scène de Ozon est enlevée et dynamique et son scénario offre des rebondissements incessants jusqu’à un double twist final bluffant. Son gâteau pourrait être trop chargé ; décors et costumes taillés pour le Technicolor ; on est loin du réalisme, c’est une douceur sous forme de conte, talentueux. Pour ces 8 femmes, il fait appel à une partie de la crème des actrices françaises qui acceptent d’imiter avec talent de grandes actrices américaines ; on pourra à plusieurs reprises avoir l’impression de voir Lana Turner, Ava Gardner, Rita Hayworth sous les traits de Audran, Huppert, Deneuve,… Chacune se plie aussi au jeu de la chorégraphie et du chant ; le tout fonctionne à merveille. C’est kitsch mais class’. Une belle soirée en famille qui est même parvenu à captiver un ado de presque 16 ans !!! TOUT-UN-CINEMA.BLOGSPOT.COM
Je ne suis pas fan du cinéma de François Ozon et ce 8 Femmes est peut-être l'un des rares de ses films à ne pas m'agacer. L'idée de réunir toutes ces actrices, de jouer sur leur image et leur charisme est excellente. Rien à redire sur l'intrigue, un who-dunit vintage plutôt sympathique avec la petite morale qui va avec. Pourtant les étiquettes-clichés de chacune des héroïnes embarrassent: des images d'Epinal qui étouffent les personnages et leurs interprètes. Difficile de ne pas cabotiner comme Virginie Ledoyen et Ludivine Sagnier quand on a pas la dextérité de Deneuve ou Ardant. Et les citations et autres références cinéphiles sont bien trop écrasantes au final: on finit par les chercher au détour d'un dialogue ou d'un plan. Un avis mitigé mais puisque, pour moi, le cinéma de Ozon est froid et complaisant, ces 8 Femmes-là ne sont pas si mauvaises.
Un cluedo d’une rare intelligence qui infirme l’affirmation qu’un bon film, c’est d’abord une histoire. Or voilà un excellent film où l’histoire n’est qu’un faire-valoir et où tout se résume à une impressionnante direction d’actrices, toutes aussi fantastiques les unes que les autres. Film qu’on revoit avec plaisir et émotion, quelques jours après la mort de Danielle Darrieux. Un bien bel hommage. C’est drôle, original, sensible.
Un huis clos en forme de Cluedo, teinté de comédie musicale où l'on assite sur un ton aigre-doux au grand déballage des turpitudes féminines au sein d'une famille bourgeoise dont le chef est retrouvé poignardé dans son lit un beau matin dans la grande et bourgeoise maison familiale isolée par la neige, coupée du monde et des télécommunications... L'assassin est donc parmi les présentes : La belle-mère du monsieur , son épouse, sa belle-sœur, sa sœur, ses filles, la bonne et la cuisinière... chacune a ses secrets, ses vices, ses faiblesses et au gré des scènes qui s'enchainent, entrecoupées parfois par quelques chansons et danses, va feindre, dénoncer, dénigrer, se rabibocher... jusqu'au double twist final. Quelle belle brochette d'actrices, quelle jolie mise en scène, oscillant entre humour, légèreté et horreurs gentiment débitées, réfutées puis assumées. On se régale
Un homme est tué et la coupable et parmi ces huit femmes en vase clos. Agatha Christie n’est pas loin, ici le réalisme est cependant occulté, le kitsch dégouline et la mise en scène ne cède rien à celle d’une pièce de théâtre et on subit des scènes de comédie musicale. Alors qu’a voulu faire passer François Ozon qui surprend souvent et sait appuyer là où il faut ? C’est joli, c’est sûr, bien léché et les actrices sont formidables, avec une Isabelle Huppert et une Fanny Ardant extraordinaires (mais est-ce surprenant ?) Il reste un sentiment de belle peinture sans âme.