Un film vu en 2025 qui n’a pas vieillit, surtout grâce à son style qui reste assez unique. Un cinéma speedé, complétement déjanté, des images souvent cadrées en diagonal, utilisant des techniques cinématographiques , très différentes, l’usage d’insert en « cartoon » , personnages rigolos ou « monsters», , des images en sépias, puis d’autres avec la pellicule coloriée en rouge sang , des montages écrans partagés. Une réalisation qui garde beaucoup de charme, de modernité, et de lyrisme.
Les acteurs sont formidables, une performance incroyable de Juliette Lewis, probablement son meilleur rôle ,avec celui de « Strange Days », complétement exposée, « border line » de la folie , fragile, hyper violente et sauvage, et Woody Harrelson, démoniaque , puissant, très physique, habité par son rôle . Il y a une alchimie dans le jeu du couple assez étonnante.
Sur le fond le film reste une sorte de caricature, de manifeste satirique, contre la société classique surtout dans sa dernière partie, avec l’interview TV réalité , de Mickey , qui décrit sa position extrême et ses théories sur la violence, la justification de ses crimes, de l’horreur, partie inavouée de chaque être humain, notre reste d’inhumanité datant de l’ère animale, sur le mode du Colonel Kurtz de « Apocalypse Now», c’est un peu lourd, un peu basique. C’est la partie qui a le plus vieillit mais il faut plutôt voir le film comme une grande métaphore poétique et fantasmée, déjantée, que comme une analyse sociale. Peut -être la plus belle scène, la plus troublante est celle avec l’indien Navajo , Chaman de sa tribu. Autre point fort, une bande- son exceptionnelle, retour aux sources du folk de la pop , : avec des morceaux de Leonard Cohen, Bob Dylan, ou plus rock ,Hard rock US, et même de Nusfrat Ali Khan , star pakistanaise, qui rythme les moments les plus fous.
Il faut reconnaitre une puissance incroyable dans la dernière demi-heure, et la folie qui s’empare du pénitencier. Un délire absolu, le monde qui part en vrille et la forme accompagne le fond, flamboyant.
C’est la version hard et violente du final de «The Party » de Blake Edwards, le monde explose, le monde court à sa perte, dans un délire absolu. Un film très fort.