Douzième volet de la série de films mettant en scène James Bond, réalisé par John Glen qui fait ses premiers pas derrière une caméra, Rien Que Pour Vos Yeux n'est malheureusement pas un bon épisode. L'histoire nous fait suivre l'agent 007 qui doit récupérer l'ATAC, un système top secret de lancement de missiles se trouvant à bord d'un bateau coulé, accompagné dans sa tâche par Melina, une femme vengeresse. Ce scénario, adaptation cinématographique des nouvelles Top secret et Risico, tirées du recueil Bons baisers de Paris de Ian Fleming, publié vingt-et-un ans plus tôt, s'avère peu captivant à visionner pendant toute sa durée d'un peu plus de deux heures. Pourtant, l'introduction est plutôt prometteuse, tout comme le générique d'ouverture qui bénéficie d'une belle esthétique. Mais, hélas, s'ensuit une intrigue insipide et vraiment pas intéressante dotée d'un très faible enjeu et d'un antagoniste sans aucun charisme. Résultat, on s'ennuie ferme malgré les nombreuses scènes d'action de bonne facture qui donnent lieux à de sacrées cascades en tout genre. Mais tout cela manque cruellement de gadgets et les conquêtes de l'espion n'ont aucune utilité. Le ton se veut lui toujours aussi sérieux mais ses côtés plus légers se font beaucoup moins ressentir, ce qui fait qu'on ne sourit jamais à cause d'un manque d'humour. L'ensemble est porté par un James Bond à nouveau incarné par un Roger Moore vieillissant qui revient pour la cinquième fois à l'écran dans le rôle de l'agent secret. À ses côtés, Carole Bouquet joue une James Bond Girl bien française, dont le rôle manque cruellement d'épaisseur et mise tout sur son regard. Le reste de la distribution comporte entre autre Chaim Topol, Lynn-Holly Johnson, Julian Glover, Cassandra Harris, Jill Bennett, Michael Gothard ou encore les iconiques Lois Maxwell et Desmond Llewelyn qui sont orphelins de Bernard Lee décédé entre temps. Tous ces individus entretiennent des rapports comme toujours basés sur la coopération ou la trahison selon les camps. Des échanges soutenus par des dialogues sans saveur, manquant cruellement de répliques amusantes. Sur la forme, la réalisation du cinéaste britannique s'avère qualitative. Se mise en scène nous gratifie de séquences spectaculaires se déroulant dans de nombreux environnements tantôt enneigés, tantôt aquatiques, tantôt aériens. On voyage ainsi en Albanie, en Grèce, en Espagne ou encore en Italie. Mais ces différents paysages ne sont pourtant pas très mémorables. Ce visuel varié est accompagné par un b.o. signée par Bill Conti qui officie pour la première fois au sein de la franchise. Ses compositions apportent du changement par rapport à celles de John Barry. Ses notes sont appréciables et collent bien aux situations, même si elles ont moins d'impact sur les images et que les morceaux iconiques de la licence ne se font pas assez entendre. Cette mission soporifique s'achève sur une fin tout de même réussie car franchement drôle, venant ainsi mettre un terme à Rien Que Pour Vos Yeux, qui, en conclusion, est un cru pas loin d'être imbuvable dans la cave de la saga.