Un Taré nommé Désir. C'est l'histoire d'un mec qui cherche sa chienne Bella (en gueulant comme un fou), et d'un autre gars qui aurait dû prendre le train... Étrange, cette version du Tramway nommé Désir, d'ailleurs la fin n'est pas très romantique (et les préliminaires, alors ?). Allez, trêve de bêtises, on ne sait pas bien si l'on doit dire que l'on s'attendait à bien plus trash (cela dépend des sensibilités, mais pour notre part : on a souvent regardé notre montre), face à la petite réputation que s'est construit Calvaire avec le temps. Gore, malsain, avec de la violence sexuelle, oui, on peut le valider, mais avec ce côté comique bouffon qui enlève beaucoup du "choc" (encore une fois : pour notre part, car on sait que nombreux sont ceux à adorer ce mélange de grotesque et d'horreur). Jackie Berroyer est en surchauffe, on ne croit pas plus à son personnage qu'à l'ensemble des autres, réduits à leur seul trait de caractère qui semble être "consanguin sur dix générations", comprenez : La Colline a des yeux, mais en forêt. Dans tout ce bazar enthousiaste, Fabrice du Welz jette des paysans complètement tarés, des références à la religion chrétienne qui sortent au petit bonheur, des mouvements de caméra qui donnent la nausée (
la scène de viol par-dessus les personnages qui fuit dans tous les sens, le traveling circulaire interminable sur les ploucs qui hurlent de rire...
). Pour faire court, on comprend ceux qui aiment, exactement pour les mêmes points qui nous ont laissé sur le côté de la route. Route sur laquelle on se trouve encore à la moitié du film (le début est vraiment long, avant que l'action commence, vous pouvez patienter). Audacieux dans la forme, mais mou du genou dans le contenu, assez caricatural et dont le vacarme assourdissant des cris à la fin (pauvres bêtes...) nous a plus que soulé (faites passer les boules Quies), on regrette presque les "Bellaaaaaaa" du début