Du poisson bling-bling et des vannes à gogo : une plongée pop… pas toujours fraîche
Gang de requins, c’est l’un de ces films DreamWorks qui résume parfaitement l’ADN du studio au début des années 2000 : une grosse dose d’humour référencé, des personnages “trop cools pour l’époque�, une BO rutilante… et un besoin constant de prouver qu’on peut être plus fun que Pixar. Résultat ? Un film coloré, bruyant, plutôt drôle — mais parfois artificiel.
On suit Oscar, poisson modeste et grande gueule, qui se retrouve propulsé “héros� du récif après avoir laissé croire qu’il a tué un requin. Will Smith double ce poisson ambitieux et nerveux en VO, et on sent que le personnage est taillé sur-mesure pour son style verbal : punchlines, arrogance, énergie rapide. En VF, c’est Éric Métayer qui s’en sort avec brio dans un doublage bien localisé.
Face à lui, Robert De Niro prête sa voix au parrain des requins, dans une parodie de The Godfather plutôt rigolote, tandis que Jack Black incarne Lenny, requin végétarien mal dans ses nageoires. Il y a de l’idée, de la diversité dans les caractères, et un vrai effort pour parler — en surface — de l’image, de la réputation et de l’acceptation de soi.
Visuellement, le film est flashy à l’extrême : décors surchargés, couleurs saturées, look “gangsta-aquatique� assumé. Certains trouvent ça fun, d’autres indigeste. Mais force est de constater que ça marque une époque. La mise en scène est dynamique, parfois trop : ça va vite, ça en fait beaucoup, comme pour masquer une intrigue finalement assez plate.
L’humour ? Efficace par moments, mais très dépendant des références pop de l’époque. Du coup, le film a pris un petit coup de vieux, là où d’autres films d’animation traversent mieux les années.
Gang de requins reste un divertissement honnête, porté par un casting vocal XXL et une identité visuelle unique. Pas le plus fin ni le plus profond, mais avec un vrai goût pour le show.