Il était parti, et maintenant il revient ! Qui, Superman ? Non, l'effet spécial dégueu à souhait, et l'on peut dire que Bryan Singer a mis la dose (beaucoup de fonds verts qui bavent, un Superman dont l'animation est moche : depuis 1978, la saga Superman est marquée par ses effets spéciaux qui piquent les yeux), gâchant un peu le plaisir de retrouver l'homme bleu et rouge. Dommage, car l'ouverture de cet opus est assez originale : notre super-héros est parti plusieurs années (sans trop de raison, le film expédie la question en une phrase), et à son retour, Lois Lane a refait sa vie. Elle a épousé Richard, "un bon gars" (pas d'autre définition possible) et a un marmot qui lui court sur les petons... Mais de qui est cet enfant ? Vous l'aurez deviné, cette sous-intrigue du géniteur de l'enfant mutique est un peu faiblarde (il ne dit quasiment pas un mot, et comme on ne nous donne pas de raison à cet air terrifié qu'il arbore en permanence,
on se doute qu'il a un secret...
Le suspens est un peu ruiné par la direction d'acteur de ce pauvre enfant). Heureusement, à côté de cette sous-intrigue molle (et du caractère très "ex-toxique" de Superman), on trouve un étonnant Lex Luthor, alias Kevin Spacey qui cabotine (et c'en devient drôle rapidement), un Brandon Routh qui n'est pas un mauvais Superman, et le véritable héros qui se révèle être le mari de Lois Lane (Richard). Il n'a aucun super-pouvoir, mais il donne tout pour sa femme et son fils, et devient vite la tête qu'on aurait dû mettre sur l'affiche (pousse-toi, Super-jaloux, laisse place à Super-Richard). Ce Superman Returns compte aussi son petit lot de scènes divertissantes : quand le gamin grille en une seconde le stratagème "lunettes" de Clark Kent (le plan est très bien monté), quand Clark fait tomber ses lunettes et hésite un instant à tout balancer à Lois (qui, dans cet opus, ne sait pas que Clark est Superman, mais cela se justifie par le fait que c'est bien un "V", suite du nanar Superman IV, qui révoque la révélation d'identité opérée dans le "II"... D'ailleurs, ce "V" refait la scène du métro avec un avion, et la phrase finale de Superman post-accident est identique, pour faire un clin-d'œil visible à l'opus précédent), ou encore ce plan très malin des
deux Unes de journaux
(qui ne s'est pas fait avoir ?) qui reprennent les titres des journaux des comics (période "Death of Superman", de 1992 à 1993). Un peu comme le sbire de Lex qui se met à jouer du piano, cet opus est assez étonnant et inattendu, mêlant l'audace d'être un "V" (qui se fiche ouvertement du côté foiré de son prédécesseur : il l'embrasse pleinement) au meilleur personnage d'action (pas Superman, Richard !), malgré une démesure de fonds verts qui donnent les yeux plus rouges que la vision laser.