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Un visiteur
4,5
Publiée le 15 février 2011
Dolls est traversé par deux mouvements intérieurs, l’un terrestre et intelligible sous la forme d’une critique de la société du superficiel, l’autre plus spirituel symbolisé par les fameuses poupées. Dolls est donc à la fois un grand film poétique et une critique radicale. Le film est construit selon un schéma bien particulier. Trois histoires s’entremêlent, évoluent ou s’éteignent au gré des quatre saisons, mettant en jeu des personnages totalement différents. En creux, c’est donc à un portrait du Japon que se livre Kitano. Dans Dolls, il est question de regrets et d’errance sous le poids de la culpabilité. Sous l’influence des apparences sociales, du pouvoir de l’argent ou de la vanité, ils ont fait un choix, ils ont trahi quelqu’un mais n’ont jamais pu assumer cette trahison. Confrontés aux conséquences de leurs actes, aux victimes collatérales, ils plongent alors dans une immense solitude.
Takeshi Kitano est un cinéaste intelligent. Il dresse un portrait acerbe des conséquences d’un Japon où l’argent et le superficiel sont rois mais le fait sans jamais vraiment les montrer, à l’exception du show télévisé de la chanteuse. Pour se faire comprendre, il utilise la première facette des poupées, leur être débarrassé de leur aspect mystique. Qu’est-ce concrètement qu’une poupée dans ce théâtre qui nous est présenté en introduction ? C’est une grande pièce sculptée dans le bois, magnifiquement belle d’apparence, extrêmement précise. Mais c’est aussi mort intérieurement et totalement inanimé s’il n’y a pas un humain pour l’activer et la mouvoir. Selon moi, la métaphore principale du film se trouve ici. Le film et ses personnages sont à l’exact identique de ces poupées. L’image et les couleurs sont flamboyantes et superbement belles mais c’est pourtant une sensation glaciale qui s’en dégage. Comme lorsqu’une tombe est fleurie de bouquets multicolores, la vie s’est retirée. Le lyrisme est ainsi totalement absent de Dolls. Les mots ne peuvent plus exprimer autre chose qu’une apparence. Dans ce film, la quasi-totalité des dialogues (à une exception notable près) concerne des éléments extérieurs, négligeables, uniquement tournés vers le cliché et le superficiel (plaidoyer des parents pour le mariage d’affaire, demande d’argent, salutations à la famille d’un handicapé par obligation, …). Kitano exprime également cela de manière très sensitive. La scène de déambulation sous les cerisiers en fleur est à ce sens magnifique. Les seuls dialogues présents (d’un enfant moqueur ou des passants) rompent l’harmonie potentielle qu’avait installé la beauté pure de l’image. Ne pas assumer ce que l’on est, ce que l’on aime pour se laisser guider par le superflu ne peut mener qu’au pire. C’est là toute la parabole concrète de Dolls.
Si le film s’arrêtait à ce constat, il ne serait certes pas mauvais mais clairement insuffisant. Ici, c’est le choix symbolique de ces poupées et de ce titre Dolls qui permet au cinéaste d’aller plus loin dans sa démarche. En effet, les poupées ne sont pas que des pièces de bois sculptées. Elles ont aussi toute une symbolique et une signification spirituelle. Si je n’ai probablement pas les références suffisantes pour analyser les rituels religieux dans lesquels ces poupées sont impliquées, je peux remarquer une chose. Si en première lecture du film, on peut assimiler la déchéance des hommes à leur réduction à l’état de poupées, on peut aussi faire le chemin inverse. Le théâtre bunraku et en particulier le texte déclamé en introduction, extrait de l’œuvre d’une très grand poète japonais, sont des symboles d’une culture ancestrale et spécifique au Japon. Le recours à cette symbolique là, sans prôner une fermeture au monde extérieur appelle peut être un retour aux origines, aux sources de l’identité japonaise. Kitano s’étant aussi illustré dans le genre du film de yakusas, il me parait tout à fait plausible qu’il soit sensible à cela, à une sorte de code d’honneur ancestral galvaudé par la civilisation du matériel et du superflu. Ici, ce n’est pas réactionnaire, ça me parait plus proche du dépassement permettant de retrouver l’origine. Le film est construit sur les 4 saisons et donc sur un schéma circulaire où à la fin de l’errance, on peut retrouver l’origine. On retrouve cela dans la déambulation des « Mendiants enchainés ». Sawako ayant tentée de se suicider après avoir appris le mariage arrangé de celui qui lui avait promis le mariage, elle devient amnésique et partiellement folle. Pris d’un immense remords, il n’aura de cesse de la faire voyager à la recherche d’éléments qui pourraient lui redonner la mémoire. Leur errance les conduit à une salle perdue dans la neige, là où tout a commencé, là où ils avaient solennellement annoncé à leurs amis leur mariage prochain. Le retour aux origines après l’errance est définitivement le seul moyen d’obtenir une réconciliation avec la vie. Son « Pardonne-moi » et l’embrassade suivante sont les seules marques explicites de vie présentes dans le film.
Sublime film qui transcende chaque pensée et chaque action. Le rythme doux et pensé est majestueux. Les histoires sont superbes et la musique incroyable.
Kitano délivre un film poétique s'inspirant du théâtre de marionnettes traditionnel japonais le "bunraku". "Dolls" se compose de trois histoires d'amours distinctes. La nature et plus particulièrement les saisons occupent aussi une place centrale dans cette oeuvre. Auteur reconnu pour ses polars violents et mélancoliques, le réalisateur japonais réussit parfaitement cette incursion, à priori risqué, dans la poésie.
Probablement le film le plus féminin de Kitano. J'avoue que cette définition de "Dolls" n'est pas de moi, mais elle est tellement vrai. Un film d'une incroyable délicatesse sur la passion amoureuse... Peu de mots comme d'habitude avec Kitano, d'où des émotions qui passent par des regards ou des situations, ce qui en fait un film d'autant plus pénétrant. On croirait revivre "A scene at the sea", mais pour le coup "Dolls" est plus merveilleux, plus poétique. Il s'agit d'ailleurs probablement du film de Kitano le plus travaillé sur le plan de l'image et du son. Joe Hisaishi vient apporter sa contribution pour donner la dernière touche à cette oeuvre qui frôle la perfection. Difficile de dire s'il s'agit du meilleur Kitano, mais il est du moins le plus abouti. Une perle.
"Dolls" est un film intriguant. On a beaucoup loué ce film pour son esthétique raffiné et ce à juste titre : Chaque plan de ce film ferait une magnifique photographie. Mais Kitano utilise cette esthétique, souvent symbolique, sans perdre de vue l'histoire qu'il nous conte. Et la charge émotionnelle que porte ces symboles sert l'intrigue. Sur le fond, on peut retirer deux thèmes principaux. Tout d'abord l'idée que la hiérarchie dans une relation amoureuse n'est pas si simple que l'on s'imagine. Le partenaire fort (Le petit ami, la pop star et le yakusa) se révèle très dépendant du partenaire faible. La seconde idée (très japonaise) est l'acceptation fataliste de son destin. Il n'y a pas de seconde chance ici, les protagonistes subissent les conséquences de leurs actions sans jamais pouvoir y échapper. Très beau mais déprimant !
Dolls (2003) est un triptyque regroupant trois histoires d’amour. Pour ce film, Takeshi Kitano s’inspire du théâtre traditionnel Japonais, à savoir le Bunraku. Découpé en trois histoires bien distinctes les unes des autres, le cinéaste les alterne à sa guise et ce, sans réel rapport. Ainsi, on a tendance à s’en mêler les pinceaux en essayant de suivre le fil conducteur de l’histoire, tout en passant à la seconde, juste avant de passer à la troisième (!!) et ainsi de suite. Si les intrigues n’ont rien en rapport, toutes ne nous retiennent pas en haleine. Certaines s’avèrent inintéressantes alors que pour d’autres, la mise en scène frôle l’encéphalogramme plat, où aucun dialogue et longs plans fixes se succèdent. Bref, une œuvre poétique qui requiert courage, patience et concentration !
Réalisé en 2002 par Takeshi Kitano, " Dolls " raconte trois histoires d'amour inspirées des émotions procurées par les poupées du théâtre Bunzaku.... La première histoire raconte comment un couple heureux, mais dont les pressions exercés par les parents, vont les forcées à faire un choix tragique. La deuxième histoire est celle d'un vieux yakuza qui se souvient de sa jeunesse, quand celle qu'il aimait lui apportait son repas chaque samedi dans un parc. La troisième histoire s'intéresse à une ancienne chanteuse, dont le visage est à moitié recouvert de bandage, qui verra un de ses plus grand fans lui faire un bien émouvant sacrifice. Ces trois histoires sont vraiment très intéressantes à suivre, grâce à une mise en scène d'une réelle élégance et aussi grâce à une superbe photographie, ce qui nous donne quelques séquences de très grandes qualités. Ne pas oublier non plus, la présence que Joe Hisaishi au niveau de la musique et que l'ensemble du casting s'en sort avec tout les honneurs - mention spécial à Kyoko Fukada dans le rôle de la pop-star, ou encore de Chieko Matsubara qui interprète avec une grande finesse Ryoko, la femme dans le parc. Un très joli mélodrame en ce qui me concerne et qui démontre les talents de metteur en scène que possède Kitano.
Fan de kitano , la déception a été immense. Aniki, hana bi ou encore sonatine paraissent bien loin . love story ennuyeuse , montage bizarre , acteurs en panne d'inspiration , on frôle le désastre.
une fois de plus je suis decu par ce film de kitano c le troisieme tout de meme c dommage car c un realisateur de genie qui ici met en oeuvre sontalent mais tellement maladroitement du moins il insiste pas asser sur ses points forts et par dasn des travers tellement poetiques que sa en fait un film lent a mourrir banale et plat il est vrai aussi qu 'il rend hommage a son cinema fetiche je le concois c poetique a souhait et les histoires sont touchantes ainsi que les paysages mais bon sa reste asser faible et vraiment faut aimer le style mais la n'est pas le domaine de kitano il doit jouer dans son registre habituelle ou il nous defonce a chaque fois ma foi je ne pense pas du mal de ce mr mais sa fait trois film que je suis asser decu
Dolls n'est pas aussi poétique que les autres Kitano. Trop ancré dans le réel, rien ne fait réver. Une ambiance mélancolique continue ne suffit pas à faire décoler le film. Au final un film long et rude. Reste de magnifiques paysages et quelques scène fortes
J'ai bien dormi !! Cette culture japonaise m'est complètement hermétique, et le pire, c'est que je connais très bien le japon, j'ai étudié le japonais pour mon travail, et j'adore les sushis, mais il n'y a rien à faire, c'est pour moi un autre monde, une autre planète !! Un seul bon point : prise de vues et images.
Il faut lever quelques malentendus... User de longs plans serrés ne rend pas la réflexion plus profonde. Adopter un rythme contemplatif ne fait pas les personnages plus philosophes. Traiter la désillusion sentimentale n'entraîne pas nécessairement mélancolie ou empathie. Filmer la bizarrerie n'engendre pas systématiquement la poésie. Présenter des hommes aveugles à l'essentiel et aux sentiments des femmes qu'ils délaissent n'est pas gage de réussite. Ainsi, en dépit d'une volonté de geste artistique, de thématiques denses et d'un ancrage théâtral revendiqué (dont certains codes nous sont assurément obscurs), la narration engourdit. Soporifique...
Une oeuvre poétique très froide de Kitano, il procure pour certains spectateurs une difficulté réelle pour qu'ils puissent prendre tout le plaisir. Trois histoires d'amour inspirées d'un spectacle de poupées du théâtre Bunraku. Soit vous connaissez un peu ou énormément cette univers, soit vous découvrez pour la première fois. Le tout donne une impression platonique, peu de texte, vous pouvez vous dire quelques minutes après le début du film que vous faites du surplace et il vous endors, et pour ne pas pour vous sauver, il faut dire ce qui est, plus cela va vers la fin et plus la réalisation, le visuel s'alourdit, ce qui vous assommera définitivement à moins que vous ayez décrocher avant. Pourtant Dolls contient de fortes subtilités. La partie qui concerne une Idol J-pop est celle que j'apprécie le plus.
"Dolls" regroupe trois histoires tragico-romantiques dans lesquelles l'amour tient la place principale. Kitano sait jouer avec les magnifiques musiques de Joe Hisaishi et la beauté des paysages pour insuffler une de la poésie à son oeuvre. On se laisse agréablement porter par la douceur du rythme et le style contemplatif du réalisateur japonais. A ne pas rater !!!!!!