Pour commencer, gros bravo au générique du début qui est une belle mise en bouche de ce bon film et qui à lui seul est un petit chef d’œuvre. Le point fort du film est le scénario, amusant et intéressant, mais qui n'a pas vraiment de mérite car nous sommes ici avec un remake d'un film déjà tiré d'un roman.
Quels sont les changements qui ont été apportés depuis 1975 ? Eh bien aucun changement positif. En premier lieu, la scène d'ouverture tout en étant assez stupide et qui se veut moderne, elle créée une tension entre les sexes comme sera l’objectif de ce remake. Ensuite l'ajout de deux homosexuels qui ne fait que rendre le film moins crédible qu'il ne l'est déjà, car la différence homme/femme perd son sens, ainsi que la crédibilité de la ville, dommage qu'Hollywood soit encore une fois un beau lieu de propagande, notamment avec l’interview TV final et l’alliance des lobbys. Enfin, un point important est le manque de réalisme de ce film par rapport à l’ancienne version qui se voulait sérieuse.
Malgré cela le film reste agréable à regarder, car l'idée est géniale, les évènements amusants. Avec une Nicole Kidman qui en fait trop (en accord avec le manque de réalisme du film), mais ça ne gêne aucunement dans cette satire de clichés, dont le but est de tout inventer ou exagérer. Splendides sont les maisons somptueuses avec des femmes féminines parfaites mais bien sûr sans aucune volonté propre.
Le risque est qu'il pourrait être mal interprété par certaines personnes qui le reprendrait en message post-féministe, anti-différence et anti-homme. C’est d’ailleurs l’état d’esprit de Joanna au début du film
avant qu’elle ne se fasse virer
. Elle humilie les hommes, tout en faisant un peu passer les femmes pour des garces, on voit le ridicule des haines sexistes. Amusante vision féministe aussi qui fait croire que les hommes ne supportent pas les femmes d’un statut social plus élevé, avec le « tu ne m’aimes parce que tu es jaloux ». L’histoire calme le jeu avec comme raison au déclanchement du problème
une femme dérangée mentalement par trop de responsabilité et de stress et que le mari a trompé
.
Finalement, film à prendre ni comme post-féministe (le mouvement était d’ailleurs faible il y a 16 ans, et inexistant dans la version de 1975), ni comme anti-féministe. Film qui confirme que la féminité est belle. Film qui dénonce peut-être les femmes esclaves dans les pays orientaux ou il n’y a même pas besoin de télécommande. Film qui ne dit pas qu’une mère au foyer est un mal ou un bien, même s’il y a à un moment un portrait intéressant de la femme d’affaire à Manhattan. La morale est simple : « Perfect doesn’t work » comme il est dit. Effectivement quand on aime on aime aussi les imperfections, et la perfection humaine n’existe pas. Ici tout le monde est d’accord pour dire que ce qui a été fait à ces femmes est mal, mais aujourd’hui nous pouvons nous demander si certains ne font pas la même chose dès la naissance avec l’aide de la PMA afin de créer un enfant comme les parents le veulent…
La scène finale (en opposition avec la version de 1975)
de tous les hommes faisant les courses dans le supermarché
est quand même excellente, on se rend compte qu'on est loin de la réalité et pas prêt d'y arriver, sachant que ce n’est d’ailleurs pas un objectif...