La Belle au Bois dormant, Conteuse au « Pays Imaginaire »se passionne pour les contes de fée, l'Histoire, l'aventure, le fantastique, les monstres et les anti héros. Elle voit les 2 films comme un hommage et respect aux femmes battues, les femmes victimes d'agression sexuelles, et violences conjugales. C’est une lecture très forte de Kill Bill: Volume 1 et Kill Bill: Volume 2.
Derrière le spectacle pop et les références cinéphiles, il faut voir l’histoire d’une femme qui refuse de rester victime. Béatrix Kiddo commence le récit comme une femme brisée, trahie, massacrée, privée de son enfant, humiliée physiquement et réduite au silence.
Et tout le diptyque raconte sa reconquête de son identité. C’est ce qui fait que le personnage dépasse largement le simple film de vengeance. Elle devient presque une figure mythologique : une survivante qui transforme sa douleur en force implacable.
Regardez Kill Bill comme conte noir en deux parties. Une femme laissée pour “morte” qui revient à la vie, son long voyage initiatique, des monstres de son passé à affronter. La Mariée est une héroïne qui traverse l’enfer pour reprendre son destin.
Même les adversaires ressemblent parfois à des figures de conte cruel. Et Béatrix ne pardonne pas. Le film ne cherche jamais à adoucir sa colère ni à la rendre “sage” ou docile. Sa violence est montrée comme une réponse directe à celle qu’elle a subie. C’est probablement aussi pour ça que le personnage reste aussi marquant : elle n’est ni une princesse classique, ni une héroïne parfaite, mais une anti-héroïne blessée qui avance sabre en main jusqu’au bout de sa vérité.
Hannibal Lecteur, critique prédateur, qui du gore n'a pas peur a vu Kill Bill Volume 2.
Beaucoup admirent la profondeur nouvelle de Kill Bill Volume 2, moi je trouve que certains passages basculent dans l’excès presque absurde. Le volume 1 était une explosion : les néons, les sabres, la musique rock, les geysers de sang, et toute cette énergie venue du manga. Le volume 2, lui, devient un western crépusculaire. Le désert, les silences, de longues conversations, et une présence mélancolique. Quentin Tarantino ralentit volontairement le rythme pour explorer la maternité, la trahison, l’amour toxique, mais surtout cette solitude qui habite chaque personnage. Il pousse parfois trop loin son goût du pastiche et du mythe. Le personnage de Pai Mei, le “maître à moustache”, est caricatural, inspiré du vieux cinéma kung-fu hongkongais. La frontière entre hommage et grotesque devient mince. Même chose pour la séquence d’enterrement vivant de La Mariée. Et c’est peut-être le paradoxe de Kill Bill Vol. 2 : il contient certains des moments les plus beaux et les plus émotionnels de la saga, tout en étant parfois le plus proche du délire pulp assumé.
Le face-à-face final avec Bill, par exemple, est presque l’inverse d’un climax hollywoodien classique : très peu d’action, énormément de dialogue, une tristesse diffuse. Beaucoup trouvent cette conclusion magnifique précisément parce qu’elle abandonne le spectaculaire pour quelque chose de plus intime et amer.
Julie Nulle : Chroniqueuse pour le Regard Libre, conteste et proteste l'avis d'Hannibal
Kill Bill: Volume 2 : ce n’est pas une simple redite du premier film, mais une transformation complète du même univers. Là où Kill Bill: Volume 1 fonçait comme un sabre lancé à pleine vitesse, le volume 2 respire davantage. Les dialogues sont plus longs. La tension plus psychologique avec une violence plus sèche dans cette ambiance poussiéreuse de western. Tarantino déplace son hommage en mettant moins de cinéma de sabre asiatique, davantage de Sergio Leone avec une touche de mélodrame romantique toxique. Cette narration déstructurée donne au film une sensation presque littéraire, comme si chaque personnage racontait sa propre légende. Malgré le rythme plus lent, la tension reste permanente parce qu’on sent que tout converge vers la rencontre avec Bill. Ce qui m' a marqué aussi, c’est que le film ose remplacer plusieurs énormes scènes d’action par des conversations. Le suspense vient alors des regards, des silences, des souvenirs et des non-dits.
C’est probablement pour ça que certains préfèrent le volume 1 pour son énergie brute, tandis que d’autres considèrent le volume 2 comme le plus mature et le plus riche émotionnellement.