Je voulais voir ce Silent Hill depuis un moment, et puis finalement je n’avais jamais réussi à le visionner. C’est chose faites, et même si l’ensemble est appréciable, j’ai trouvé ce film un peu juste.
Niveau casting on pourra apprécier une belle interprétation, notamment Radha Mitchell dans un rôle qu’elle porte avec talent et efficacité, elle qui trouve généralement ses meilleures ressources dans ce type de personnage typé et combatif. A ses côtés Laurie Holden, un poil caricatural ne démérite pas du tout et parvient sans difficulté à tenir sa place aux côtés de Mitchell. Alice Krige termine le trio de tête avec un personnage lui aussi pour le moins caricatural mais efficace. Pour le reste ce n’est pas que les acteurs sont mauvais, avec Sean Bean, Kim Coates, Unger, généralement des valeurs sures, mais ils sont très peu ou très mal exploités. C’est dommage tout de même. Le film donne d’ailleurs le sentiment de multiplier les personnages sans les utiliser réellement, ce qui est assez dérangeant quand même.
Le scénario n’est pas très prenant. En fait Silent Hill est agréable pendant vingt à vingt-cinq minutes durant lesquels il impose la matière à un excellent suspens. Le souci vient ensuite avec un métrage qui devient longuet, multiplie pendant un bon bout de temps les apparitions et autres évènements fantastiques, et finit par s’enliser dans une histoire trop simpliste qui débouche sur une fin moyennement concluante. Clairement Silent Hill manque de plusieurs choses qui auraient pu en faire un film fantastique coup de poing. L’intensité d’une part. Silent Hill n’arrive pas à imposer tension et suspens, ce qui le rend trop lisse. L’atmosphère aussi. Si on ne peut nier de belles choses visuellement Silent Hill reste très artificiel avec une multitude d’effets visuels numériques que l’âge du film commence à rendre très perceptible alors que tous ne se justifiaient pas. L’intrigue quoiqu’on en dise prend des détours pas très utile pour un résultat qui manque de hauteur et d’originalité.
Visuellement donc c’est vrai que les fx ont vieilli globalement. Il reste de bonnes choses, notamment lors de l’arrivée à Silent Hill, mais Gans a usé et abusé du numérique et à moins d’être parfait, c’est quelques chose qui prend vite du plomb et devient artificiel. Plusieurs scènes en ont souffert, notamment dans la seconde partie. Heureusement le film bénéficie de décors agréables, réussis, d’une photographie tout à fait à la hauteur et qui joue à merveille sur les contrastes de couleurs, pour essayer d’installer des ambiances, et sur la mise en scène de Gans, qui convaincra je crois. On retrouve son style soigné et dynamique, son sens de l’efficacité dans l’action, ses qualités appréciables pour mettre en valeur les décors. La bande son ne démérite pas non plus.
En clair Silent Hill premier du nom donne pour moi un résultat mitigé. Je ne dirai pas que je n’ai pas aimé, il y a de bonnes choses à retirer, mais l’ensemble m’a donné l’impression d’être assez fade, trop souvent bancal, pour apparaitre comme prenant pendant plus de 2 heures. Si cela on ajoute des effets spéciaux numériques abusifs, je reste sur une note de 3.