"Allways she'd be there, never between us, allways in the middle."
Narritivement classique, voire cliché, des films noirs, le héros racontant son histoire sur fond de saxophone larmoyant (mais dans le ton, la musique étant composée par Mark Isham), la réalisation de Brian De Palma demeure en 2006 une valeur encore certaine, à l'image de split screens ici en découpage naturel arrière/avant plans, de surimpressions fantomatiques, de travellings en caméra subjective et de ralentis pile où il le faut et quand il le faut, talent rarissime. En outre, le réalisateur a réussi à garder un minimum la main sur l'histoire de James Ellroy pour en tirer la tension nécessaire, art ultime chez lui.
Couvrant l'immédiat après-guerre, lorsque Mickey Cohen règne sans partage sur Los Angeles, à la suite de la mort de son boss, Benjamin "Bugsy" Siegel, le scénario s'étire en puzzle complexe plutôt qu'en enquête linéaire, comme l'était l'autre roman adapté de la tétralogie d'Ellroy, L.A. Confidential (Curtis Hanson, 1997) jusqu'à se perdre avant une fin où tout se dénoue, sans doute un rien trop vite.
Au niveau de la distribution enfin, il n'y a pas grand chose à redire, les interprètes jouent juste tout en évitant les poncifs du genre et les mimiques prévisibles, ce qui n'est pas évident dans ce genre d'exercice.
On regrettera donc un scénario trop complaisamment complexe qui annihile les effets de caméra et de suspense construits au fil du récit. Visuellement, Le Dahlia Noir est à réhabiliter.