Contexte !
Du vote des Nations unies aux Armistices (1947-1949)
Dès le lendemain de l'adoption du plan de partage par l'ONU, les manifestations de joie de la communauté juive sont contrebalancées par les manifestations d'opposition arabe dans tout le pays[59]. En effet, de graves affrontements ont déjà lieu et dans tout le Proche-Orient, les extrémistes islamistes s'en prennent aux communautés juives[60].
Le 1er décembre, le Haut Comité arabe décrète une grève générale de 3 jours[61].
Articles détaillés : Événements dans les centres urbains de la Palestine mandataire en 1948 et Guerre civile de 1947-1948 en Palestine mandataire.
Rue Ben Yehuda à Jérusalem après l'attentat du 22 février 1948.
Décembre 1947 : un « vent de violence »[62] va rapidement et spontanément s'installer, annonciateur de la « guerre civile[63] ». Dans toutes les zones mixtes où vivent les deux communautés, à Jérusalem et Haïfa en particulier, attaques, représailles et contre-représailles de plus en plus violentes se succèdent. Les tirs isolés évoluent en batailles rangées ; les attaques contre le trafic se transforment en embuscades. Des attentats de plus en plus sanglants se produisent, auxquels répondent à leur tour des émeutes, des représailles et d'autres attentats.
8 janvier 1948 (ou 10 janvier selon Yoav Gelber)[64] : entrée en Palestine de l'Armée de libération arabe de Quawukji, formée de volontaires arabes et palestiniens, à l'époque environ 1 500 hommes[65].
Dans la nuit du 20 au 21 janvier, une troupe composée de 700 Syriens, en tenue de combat, bien équipée et disposant de transports mécanisés entre en Palestine « via la TransJordanie »[66].
Le 27 janvier, une « bande de 300 hommes, venant de l'extérieur de la Palestine, s'est établie dans la région de Safed en Galilée et est probablement responsable des attaques intensives au mortier et à l'arme lourde de la semaine contre la colonie de Yechiam »[66].
Janvier 1948 - mars 1948 :
les attaques menées par les nationalistes palestiniens et les volontaires arabes se généralisent, sous le nom de « guerre des routes ». Les communications entre implantations juives et avec la Jérusalem juive deviennent difficiles. Les forces juives sont sur la défensive.
En mars, rédaction du plan Daleth par la Haganah, lequel prévoit « destruction de villages […]. En cas de résistance, les forces armées doivent être détruites et la population expulsée en dehors des frontières de l'État hébreu ». Des nouveaux historiens comme Ilan Pappé ou Walid Khalidi le considèrent comme un plan de « nettoyage ethnique », alors que Benny Morris ou Yoav Gelber le considèrent plutôt comme un plan limité à la gestion des affrontements autour des « bases ennemies »[67].
Première vague de réfugiés : environ 70 000 Palestiniens arabes, essentiellement des membres des couches moyennes et supérieures, qui partent pour l'étranger dans l'attente de la fin des combats.
Début avril 1948, la Haganah, principale milice clandestine, dépendant de l'Agence juive (le gouvernement du Yichouv), reçoit sa première grosse livraison d'armes en provenance de Tchécoslovaquie (en quelques mois, sous la direction de Yigaël Yadin, elle deviendra une véritable armée professionnelle).
Début de la contre-attaque des forces sionistes : décidée par Ben Gourion, l'Opération Nahshon est lancée le 2 avril par la Haganah pour dégager la Jérusalem juive avec laquelle les communications sont devenues très difficiles.
9 avril, l'Irgoun et le Lehi, assistés par la Haganah, prennent le village de Deir Yassin. Après le retrait de la Haganah, un massacre est commis contre les civils. Le massacre est condamné par l'Agence juive et les dirigeants de la Haganah[68][réf. non conforme], mais sans sanctions judiciaires.
Courant avril, la Haganah conquiert Tibériade et Haïfa, puis, par l'opération Yiftah sous la direction de Yigal Allon, Safed, pendant que l'Irgoun s'empare de Jaffa.
Yigal Allon lance une campagne de guerre psychologique[69].
En un mois et demi (avril-mai), les villages arabes tombent les uns après les autres.
Seconde vague de l'exode palestinien. D'après un rapport du Shai (service de renseignement militaire de la Haganah) daté du 30 juin 1948[70], 391 000 personnes sont parties depuis décembre 1947, ce qui estime la seconde vague à 320 000 réfugiés. Le rapport indique : « au moins 55 % du total de l’exode ont été causés par nos opérations [de la Haganah] […], [l’Irgoun et le Lehi] ont directement causé environ 15 % de l’émigration ». Deux pour cent des départs seulement seraient des expulsions directes, chiffre considéré comme sous-estimé par Morris, qui l'évalue plutôt à 10 %.
Le 14 mai 1948, Ben Gourion lit la Déclaration d'indépendance qui proclame la création de l'État d'Israël. À ce stade, le gouvernement contrôle la bande côtière Ashkelon-Haïfa, la Jérusalem juive, le vallée de la Jézréel et la haute vallée du Jourdain.
Articles détaillés : Guerre israélo-arabe de 1948-1949 et Réfugiés palestiniens.
Carte des évolutions territoriales entre 1947 et 1949 : l'État palestinien prévu par le plan de partage de 1947 n'est pas créé ; Israël, l'Égypte et la Jordanie se partagent son territoire.
Dans les jours qui suivent, des armées composées d'environ 1 000 Libanais, 6 000 Syriens, 4 500 Irakiens, 1 000 Égyptiens et entre 6 000 et 9 000 Transjordaniens se joignent aux forces arabes civiles (12 000 hommes) et à l'Armée de Libération (3 800 hommes d'après Gresh et Vidal[65]). Israël se retrouve comme avant avril sur la défensive.
11 juin 1948 - 8 juillet 1948 : première trêve israélo-arabe. Les armes affluent en Israël, en particulier en provenance du bloc de l'Est qui souhaite la défaite des Britanniques et de leurs alliés arabes. Création et organisation de Tsahal, qui regroupe toutes les milices juives.
Juillet - octobre :
Israël conquiert la plus grande partie de la Palestine, hors le Néguev et la Cisjordanie.
Troisième vague de départ (300 ou 350 000 des réfugiés), accompagnés de certains massacres[71]. Selon Morris[72] ou Gelber[73][réf. incomplète], s'appuyant sur les archives de Tsahal, les expulsions deviennent particulièrement nombreuses.
Au total, ce sont à la fin 1948 entre 700 000 et 730 000 Palestiniens[74] qui fuiront ou seront chassés de leur terre et leur maison. Cet exode est à la fois intérieur vers la bande de Gaza et la Cisjordanie et extérieur vers la Syrie, le Liban et la Jordanie. À la fin de la guerre, plus de la moitié des Palestiniens sont des réfugiés : il en reste moins de 150 000 en Israël, 400 000 en Cisjordanie, 60 000 dans la bande de Gaza[75]. À la suite de l'annexion de la Cisjordanie par la Transjordanie, la plus grande partie de ces réfugiés palestiniens passeront sous tutelle jordanienne. Le Liban et la Syrie accueillent chacun à peu près 100 000 réfugiés, l’Irak 5 000 et le restant sera sous administration égyptienne dans la bande de Gaza.
La Palestine comptait environ 1 800 000 habitants (musulmans, juifs et chrétiens) dont environ 1 200 000 palestiniens de souche. En quelques mois, elle voit la majeure partie de la population palestinienne de souche fuir ou être chassée des zones sous contrôle israélien. Les réfugiés furent remplacés par les immigrés juifs survivants de la Shoah, ainsi que par les réfugiés juifs chassés ou fuyant à leur tour les pays arabes. (Voir notamment à ce sujet Diaspora palestinienne.)
Décembre 1948 : la loi sur les « propriétés abandonnées » permet la saisie des biens de toute personne « absente ». Elle définit un « absent » comme une personne qui « pendant la période du 29 novembre 1947 au 1er septembre 1948, se trouvait quelque part ailleurs sur la Terre d’Israël située à l’extérieur du territoire d’Israël » (ce qui signifie la Cisjordanie ou la bande de Gaza) ou dans d’autres États Arabes. Les anciens villages arabes sont détruits, et leurs terres redistribuées à des communautés agricoles juives, mochavim ou kibboutzim, formalisant légalement la volonté d'empêcher tout retour [réf. nécessaire].
24 janvier 1949 : annexion de la Cisjordanie par la Transjordanie, qui devient alors la Jordanie. La Palestine, qui avait obtenu une existence juridique à partir du mandat de la Société des Nations de 1922, cesse toute existence légale, partagée entre Israël (77 %), la Jordanie (20 %), et l'Égypte (2 %). Seule la bande de Gaza n'est pas formellement annexée par l'Égypte, tout en restant cependant administrée par elle en l'attente d'une hypothétique « libération de la Palestine ».
Mars 1949 : le désert du Neguev passe sous contrôle israélien (opération Ouvda).
Février 1949 - juillet 1949 : signature d'une série d'Accords d'armistice.
De l'Indépendance d'Israël à la Guerre de Six Jours (1949-1967)
Article détaillé : Histoire d'Israël.
Depuis la guerre des Six jours
En 1967, la guerre des Six Jours change la donne géopolitique au Proche-Orient. Cette guerre fut déclenchée comme une « attaque préventive » d'Israël contre ses voisins arabes, à la suite du blocus du détroit de Tiran aux navires israéliens par l'Égypte le 23 mai 1967. Au soir de la première journée de guerre, la moitié de l'aviation arabe est détruite. Israël en profite pour conquérir Jérusalem-est, la Cisjordanie et la bande de Gaza, territoires palestiniens qui étaient passés en 1948 sous double occupation jordanienne et égyptienne, ainsi que le Golan syrien et le Sinaï égyptien.
En 1968, le Fatah, groupe politique et militaire de résistance palestinienne, est la cible d’une attaque majeure de l’armée israélienne sur le village jordanien de Karameh, durant laquelle plus de 150 combattants palestiniens succomberont sous le feu israélien et 29 soldats israéliens seront tués par les forces armées jordaniennes. Malgré sa défaite sur le terrain, la bataille est considérée comme bénéfique par le Fatah, les Israéliens s’étant finalement retirés.
Le 3 février 1969, lors du Congrès national palestinien, Yasser Arafat est nommé président du comité exécutif de l’organisation de libération de la Palestine (OLP), en remplacement de Ahmed Choukairy, d’abord appointé par la Ligue arabe.
En 1970, Yasser Arafat appelle au renversement de la monarchie hachémite, en s’appuyant sur le fait que 75 % des habitants de la Jordanie sont maintenant palestiniens à un degré ou à un autre. Le roi Hussein ne se laisse pas faire et fait massacrer par dizaines de milliers les Palestiniens, qu’ils soient fedayins ou civils, obligeant Yasser Arafat à se réfugier au Liban. Cet épisode dramatique est connu sous le terme de Septembre noir.
Voilà voilà....
1948-1972 : 24 ans de vol de terre, de viols, de meurtres, d'otages......
Bref...
Le discours sioniste simplificateur