Il n'y a rien à dire : personnellement, lorsqu'un film français se montre aussi audacieux et percutant, j'applaudis et je dis merci. En effet, dans un milieu où le politiquement correct écrase tout la plupart du temps, quel plaisir de voir Lionel Bailliu donner à son film un ton corrosif, violent et n'y allant pas par quatre chemins pour démolir le milieu du travail. Il le fait d'ailleurs remarquablement bien dans une première demie-heure qui atteint son paroxysme lors d'une partie de squash dantesque et d'une intensité rare, peut-être l'une des plus fortes vues ces dernières années au cinéma. Hélas, il aurait effectivement fallu que la seconde partie de l'oeuvre évite de tomber trop facilement dans la carciature pour que « Fair-Play » devienne une véritable référence. Mais j'ai presque envie de dire qu'importe tant les émotions, les scènes fortes et les situations présentes durant cette randonnée tournant au calvaire sont nombreuses et délectables... Imparfait donc, mais un film français puissant, très bien joué (mention spéciale à Marion Cotillard, Mélanie Doutey et Eric Savin) et que l'on oublie pas de sitôt : c'est suffisamment rare pour ne pas passer à côté...
J'ai été happé et surpris très agréablement surpris par ce film avec de plus la découverte d'un acteur inconnu Eric Savin. Ce premier film fait suite au succès international du court métrage Squash du même réalisateur avec plus de 20 prix et inclut en la rejouant l'intégralité de la scène de 26 minutes dans le long métrage, Jeremy Renier donnant la réplique à Éric Savin pour cette scène remarquable de perversité et d'humour noir qui donne le ton du film à savoir coups tordus, humiliations, harcèlement moral et sexuel, trahisons, mensonges, le tout entre collègues, leur boss et même l'actionnaire. Ainsi ces amabilité entre les uns et les autres, quasiment personne n'étant à sauver moralement si ce n'est la fraîche et naïve Mélanie Doutey qui débarque au milieu du film, vont toutes se dérouler en lien avec des activités physiques selon les moments et les protagonistes. Aviron, squash, jogging et parcours de santé, et regroupement pour un parcours cayonning épique où chacun va lâcher son fiel et sa violence. C'est jubilatoire et les acteurs se donnent à fond, Marion Cotillard en tête sans oublier Benoît Magimel assez méconnaissable par un maquillage pas forcément l'atout et la réussite du film. Chacun trahit, personne n'est vraiment l'allié de personne et un final tragique clôt ce film très énergique, petite perle d'humour noir, sans oublier d'en ajouter une dernière couche. Vraiment excellent et distrayant.
L'ensemble du casting est vraiment remarquable. Peu d'acteurs mais tous imprégnés par leur rôle. Les choix de carrière de Jérémie Renier sont très pertinents, je pense surtout à « Violence des Echanges en Milieu Tempéré » (2004) et « Président » (2006) dans lesquels il était parfait. « Violence des Echanges en Milieu Tempéré » traitait du même sujet que Fair Play - la gestion humaine dans une entreprise - tout en étant un brin plus subtil dans les composantes de son scénario. On voit quand même ici une gestion du management en entreprise à base de manipulation psychologique qui n'est pas si caricaturale que l'on pourrait le penser à première vue. Un film à voir autant pour le fond que pour sa forme originale : les terrains de sport correspondent à des « annexes » des bureaux de l'entreprise.
Un excellent casting pour un très bon premier long métrage. Je l'avais raté au cinéma, mais il passe très bien à la télé. La séquence du canyoning est vraiment exceptionnelle.
Parfois peut-être un peu trop théatral ou exagéré, Fair Play a été tout de même l'unes de mes plus agréables surprises françaises dernièrement: le film est construit de manière visionnaire (seulement 5 décors), les acteurs sont géniaux (Benoit Magimel et Marion Cotillard !) et l'ambiance vire peu à peu à un délivrance en entreprise que l'on n'attendait pas du tout...
Jubilatoire ! J'étais en extase durant 1h30. Un vrai panier de crabes. La scène du squash, court métrage plusieurs fois primé, constitue bien sûr un sommet de tension, c'est un petit bijou. Benoît Magimel campe un personnage pervers à souhait, c'est jouissif. Tout le film repose sur les dialogues, un peu à la manière de "La controverse de Valladolid". Ils sont subtils, travaillés, efficaces. Le scénario est de qualité, les éléments sur chaque personnage sont distillés ici et là, plus on avance plus on en apprend. J'adore !
Un thriller à la française certes conventionnel mais susceptible de ravir chacun d'entre nous le temps d'une séquence ou deux particulièrement efficace.
On plonge dans l'univers de cette entreprise où tout les coups bas sont possibles. Le casting est alléchant mais à part Eric Savin, on a l'impression de se retrouver au théatre où tout le monde surjoue, a commencé par Cotillard, trés mauvaise. Tout est dit, le final est a l'image du film, affligeant.
Un concept accrocheur qui se tourne malheureusement trop vers le danger de mort et le dialogue horrible "on va tous mourir". En effet, après une scène remarquable (le match de squash), le film perd en qualité et abuse sur le scénario (dialogues tournant toujours autour du licenciment). Entre boulot et sport de haut niveau, il faut choisir.
Ayant vu le court-métrage "Squash", le long reste très décevant. Il commence plus ou moins bien, attisant la curiosité sur la suite, mais soudain se divise en deux, et vire au film américain à suspens, genre "Vertical Limit". Il devient lourd, même s'il tient le spectateur en haleine, mais ce dernier ne comprend pas le rapport avec la première partie du film. On en sort fatigué et on l'oublie aussitôt.
Malgré une tension fort efficace lors de son escapade semi-aquatique, le film est globalement diminué par le jeu inégal des comédiens. Gageons qu'à l'avenir ce déficit mineur sera corrigé pour parvenir à un niveau de qualité dont le cinéma français est peu coutumier.
Petit film mais original et finalement sympa, grâce à ses comédiens. Le thème de l'entreprise, ses salariés à travers des scènes sportives est inventive et sympa à suivre ! Bien.