Dikkenek, c’est le genre de film qu’on ne peut pas vraiment expliquer : il faut le vivre. Dès les premières minutes, on sent qu’on entre dans un univers à part, fait de répliques cultes, de personnages plus grands que nature et d’un humour tellement belge qu’il en devient universel… pour peu qu’on y adhère.
Ce qui plaît, c’est justement ce ton sans filtre, cette liberté totale dans la façon de raconter — ou plutôt de ne pas raconter — une histoire. Car oui, le scénario est minimaliste, il n’y a pas vraiment d’intrigue au sens classique. Et pourtant, le film fonctionne : les croisements entre les personnages sont bien trouvés, les situations s’enchaînent sans temps mort, et le rythme, vif et nerveux, garde le spectateur accroché.
Les acteurs sont excellents dans leurs excès : Jean-Luc Couchard est inoubliable dans son rôle de grande gueule attachante, et François Damiens, fidèle à lui-même, apporte une folie et un sens du timing comique qui font mouche à chaque apparition. L’ensemble dégage une énergie rare, celle d’un film qui ne cherche pas à plaire à tout le monde, mais qui assume pleinement son grain de folie.
Bien sûr, Dikkenek peut agacer. L’humour est parfois lourd, les personnages trop caricaturaux, et la vulgarité un peu facile. Mais malgré (ou grâce à) ces défauts, il garde une sincérité désarmante. C’est un film imparfait, bordélique, mais tellement vivant qu’on finit par l’aimer pour ce qu’il est : un vrai concentré de culte à la belge.