Je pourrais écrire des pages et des pages pour expliquer en quoi ce film, au-delà d’être un modèle de divertissement, transcende tout sur son passage pour devenir un film majeur. Aussi, c’est un exercice ô combien périlleux que de rédiger une review, longtemps repoussée, sur non pas ce que je considère comme le meilleur film de l’histoire, mais très probablement comme mon film préféré, si l’on considère le nombre de visionnages ou l’impact qu’il a eu sur ma vie : d’abord fan de dinosaures, puis cinéphile, lorsque je découvrais, encore enfant, qu’à la fin de ma VHS se trouvait 1h de making-of qui allait révolutionner mon existence.
Mais tâchons de rester concis.
Jurassic Park, c’est d’abord un réalisateur hors du commun. Steven Spielberg signe ici son 11ᵉ film, sorti quelques mois à peine avant La Liste de Schindler. Pour ce monument, il ne s’entoure pas seulement de talents : il réunit une véritable dream team qui repousse toutes les limites, et ce dans tous les départements :
À la base, le roman de Michael Crichton, dont David Koepp conserve la substance technophile et la critique acerbe des empires privés, tout en opérant des choix d’adaptation marquants et efficaces. Une lecture que j’avais également repoussée, mais qui m’a happé plusieurs soirées durant, début 2023.
Les effets visuels, récompensés aux Oscars, restent aujourd’hui encore d’une crédibilité impressionnante grâce à l’assemblage révolutionnaire de techniques. Le travail sonore, lui aussi primé, participe tout autant à l’expérience : Jurassic Park est une madeleine autant pour les yeux que pour les oreilles, au point qu’il m’est impossible d’écouter la BO sans y superposer mentalement le sound design.
Parfaite transition pour évoquer la partition du fidèle compositeur John Williams : souvent réduite à son thème triomphal, elle est en réalité composée majoritairement de textures dissonantes et inquiétantes. Comme je le disais déjà à propos de La Guerre des mondes, on réduit trop souvent Spielberg à un cinéma « rêveur », oubliant que si les enfants rêvent, ils cauchemardent davantage.
Je passe rapidement sur l’évidence : un casting impeccable, une caracterisation des personnages solide qui alimente des setups/payoffs forts etdonnent du relief, rythme maîtrisé, sens du détail et une richesse thématique impressionnante : intelligence artificielle, clonage, dérives scientifiques, écologie, végétarisme, parentalité, rapports humains, autant de sujets en avance sur leur temps. Il y a tellement d’anecdotes passionnantes que nous ne pourrons malheureusement pas évoquer ici.
Même ses quelques facilités, totalement assumées, comme lors de la célèbre scène de la Ford Explorer, sont balayées par la fougue du geste de ce cinéma total, généreux et habité. Autant d’éléments qui font pâlir les relectures modernes enfermées dans une logique de « nosta-logie », initiée par la déferlante Star Wars version écurie Disney.
Il fallait bien que le film sorte la veille de mon premier anniversaire pour sceller quelque chose.
Bien à toi, cher lecteur.