Vu à sa sortie et depuis silence radio. Je m’en voulais être passé à côté d’un Clint Eastwood car trop fatigué ce soir-là. Ce n’était pas le bon jour ce jour-là, j’ai eu des moments de faiblesse pour suivre cette cavale que j’ai trouvée longuette.
Il m’est arrivé d’avoir eu de lourdes journées, pour autant, je n’ai pas eu à lutter contre l’assoupissement. Je n’ai pas trouvé utile de le regarder de nouveau.
Et mince alors ! je me dois de n'avoir aucune rancune contre Clint Eastwood !
Et mince alors ! je me dois de (re)voir Kevin Costner jouer l’acteur pour Clint Eastwood !
En cet après-midi de janvier 2025, chez moi cette fois, je repars en cavale pour suivre « Un Monde Parfait ».
Je maintiens que la cavale est toujours un peu longuette mais j’ai suivi ce road movie avec intérêt parce que bien éveillé.
L’humour de Clint Eastwood est toujours présent, il joue avec les clichés, ces mêmes clichés que d’aucuns reprochent. Ces fameux clichés sont assumés pour justement s’en amuser. Ils ont tous lieu dans la caravane où rangers, profiler au féminin (Laura Dern sous-exploitée) et agent du FBI sont entassés. C’est l’aspect léger du film.
L’important est ailleurs : la cavale elle-même où sont engagés un criminel nommé Butch Haynes sous les traits de Kevin Costner et un gosse prénommé Philipp (convaincant TJ Lowther), témoin de Jéhovah, pour otage. C’est la relation entre Haynes et ce gosse qui pèse son poids d’intérêt. L’humour est là mais rien à voir avec celui pratiqué dans la caravane.
Au-delà de la relation qui s’apparente à une relation père-fils, c’est aussi la perte de l’innocence pour ce même gosse qui découvre peu à peu, loin de son cercle familial, protecteur, un monde imparfait. Imparfait comme cet homme Haynes qui l’a kidnappé qui lui tient un discours positif, valorisant et qui va finir par l’effrayer.
Il faut dire que la séquence où Haynes s’en prend à ceux qui les ont hébergés m’a scotché. Même si je comprenais sa colère contre ce grand-père violent, prévisible en soi, je ne comprenais pas pourquoi il s’en prenait à ce petit-fils victime de ce grand-père et à la grand-mère avec laquelle il avait partagé un moment de grâce, une danse.
Jusqu’au bout je n’y ai pas cru même si je commençais à avoir de sérieux doutes mais l’intervention de Philipp ne me permettra jamais de savoir si Haynes bluffait.
D’accord, c’est ce qu’il dit plus tard à Philipp.
Etait-ce pour le rassurer et par voie de conséquences me rassurer ?
C’est sûr que dans un monde parfait, rien ne se serait passé ainsi…
Le petit Philipp s’est aperçu que dans ce monde imparfait, rien n’est tout blanc rien n’est tout noir.
Nous, spectateurs, le savions,
c'est pourquoi l'exécution de Haynes nous laisse un goût amer.
Un bon Clint Eastwood dans un rôle ingrat et qui a su s'effacer pour un très bon Kevin Costner.
A voir en V.O... si vous le désirez...