Référence absolue du film choral, "Short Cuts" est aussi un des films les plus célèbres de Robert Altman. Mais que retenir de ces trois heures - passant relativement vite - qui retracent les destins d'une vingtaine de personnages ? Il faut d'abord dire que le film est impressionnant de fluidité, un effet qui doit principalement à l'élaboration de son montage, très minutieuse dans sa façon de passer d'un couple à l'autre, de faire "disparaître" certains personnages pendant près d'une heure pour mieux se focaliser sur d'autres. Mais l'intérêt que leur porte Altman reste assez superficiel et surtout inégal : difficile de porter une véritable attention aux personnages joués par Jennifer Jason Leigh, Robert Downey. Jr ou bien Tom Waits tant ils sont maigres; la vraie histoire du film se joue dans un hôpital où des parents attendent l'issue (très prévisible) de leur fils plongé dans le coma. Le reste n'est pas inintéressant en soi, on est interloqué par quelques situations incongrues (le mari qui se venge de son ex en détruisant très calmement sa maison; le cadavre d'une femme retrouvé dans une rivière) ou bien ou sourit de voir Tim Robbins habillé en flic ou devant des dialogues bien sentis, mais le film n'arrive pas à faire plus que cela. Il ne parvient pas à susciter de véritables émotions, aussi parce qu'il à tendance à diviser ses personnages de façon binaire : ceux moralement irréprochables et d'autres indéfendables sur ce même point, une écriture moralisatrice parfois intéressante par son cynisme osé mais souvent déplaisante. Reste que "Short Cuts" n'est pas un film que l'on peut oublier comme ça, parce que sa durée et son projet sont hors-normes, mais qui se révèle un rien décevant par sa difficulté à trouver une profondeur originale dans ses personnages.
Je ne sais pas trop pourquoi ce film ne m'a pas plu. Pourtant un film sur l'American Way of Life au début des années 1990, et en plus pendant 3heures, moi je signe (et je ne dis pas ça de façon ironique). Mais là je trouev que les différentes histoires sont pas très intéressantes, bon y a plein de choses à en dire, y a pas de soucis là dessus, mais ça me laisse indifférent. C'est le genre de film dont je préfère parler car y a des choses à en dire (c'est déjà ça vous me direz) que regarder. Et ça, pour un film, c'est quand même dommage.
"Short Cuts" est un film choral par excellence qui suit un schéma narratif classique et met en scène les destins croisés d'une foule de personnages. Ces tranches de vie qui sont autant de petites intrigues sont plus ou moins intéressantes comme les protagonistes eux-mêmes. Un résultat inégal dont la réalisation académique de Robert Altman n'apporte que peu de relief et d'intensité. Le cinéaste n'arrive pas à transcender la banalité du quotidien, à rendre les personnages attachants et à insuffler ce qu'il faut d'émotions. Cela dit, on ne s'ennuie pas et les trois heures passent à vive allure. Il faut dire que le montage est excellent et donne du rythme au film. Ne vous attendez pas à un chef-doeuvre mais n'ayez pas peur non plus de vous plonger dans ce "film-fleuve".
Beaucoup de monde dans ce film choral mais on s'y retrouve assez vite. Pas vraiment d'histoires mais des bouts d'histoires qui se recoupent plus ou moins avec son lot fabuleux de personnages farfelus. Il faut voir spoiler: Jennifer Jason Leigh en téléphoniste rose, Julianne Moore, la chatte à l'air en artiste peintre déjantée, Tom Waits en alcoolique paumée, Chris Penn en gros beauf, Anne Archer en clown, Lori Singer en violoncelliste dépressive, Tim Robbins en flic allumé et mythomane, Madeline Stowe sa femme et sœur de Julianne Moore qui pose pour cette dernière complétement nue et qui s'amuse des mensonges de son mari, Peter Gallaguer qui détruit l'appartement de son ex (Frances McDormand) à la tronçonneuse, Matthew Modine qui nous fait une grosse crise de jalousie, des pécheurs qui trouvent le cadavre nu d'une femme dans l'eau et on en passe. Tout cela est brillant, décontracté, et surprenant, le montage est d'une précision millimétrique, la réalisation sans faute et la direction d'acteurs d'une justesse fabuleuse. On se régale et on est presque dans le chef d'œuvre. Pourquoi presque ? A cause de cette interminable scène avec Jack Lemmon, la seule longueur du film. Du très grand Altman !
Short cuts est avant tout un film très sombre qui balaye toutes les facettes de la misère humaine (viols, vioences conjugales, suicide, absence du sens des responsabilités, alcoolisme) mais sans verser dans un sordide gratuit. C'est un chef d'oeuvre absolu. Robert Altman réussit parfaitement une difficile adpatation de plusieurs nouvelles de Raymond Carver. Grâce à la fluidité de sa mise en scène et à la subtilité de son scénario, le regretté Altman réalise avec Short cuts son meilleur film et un des films les plus importants des années 90. Le montage, on en imagine la difficulté, est peut être ce qui s'est fait de mieux dans le genre en 112 ans de cinéma. Shorts cuts a aussi une force dans la narration musicale et sait émouvoir sans sensiblerie (sans complaisance ni condescandance envers les personnages). Le film commence très fort par le ballet aérien des hélicoptères, tels des insectes géants voulant détruire d'autres insectes. C'est un film qui représente parfaitement le côté vaguement malsain des années 90, mais avec une bonne dose d'espoir. Les personnages doivent sans doute être référencés à ceux si typiques de la société américaine, et plus particulièrement ceux de Los Angeles (Hollywood n'est pas loin). Des personnages qui peuvent être immatures et pervers. Difficile de détacher des acteurs meilleurs que d'autres, tant l'homogénéité dans la qualité de l'interprétation est pregnante. Altman ne cherche pas à établir une hiérarchie dans les acteurs et actrices, tous et toutes très bons ou bonnes. Le film se termine en cataclysme (meurtre, accident, suicide ...) En fait, le temblement de terre final est présent pour libérer l'histoire de la tension accumulée trois heures durant, autant qu'une punition ou un avertissement pour ces personnages dépravés. Probablement le meilleur film choral de toute l'histoire du cinéma.
Tout commence avec une flopée d’hélicoptères déversant une pluie d’insecticide dans la nuit de Los Angeles puis Altman nous emmène durant un week-end dans la cité des anges suivre le destin de plusieurs personnages allant d’un pilote qui veut renouer avec sa femme qui vit une aventure avec un flic macho qui trompe la sienne à une peintre qui vit avec un chirurgien ou encore trois amis qui pêchent tranquillement et découvrent un cadavre flottant dans l’eau.
Et Altman maitrise son film choral à merveille. Son montage est très bon, la narration est fluide et il ne nous perd jamais dans les différentes histoires et le destin des divers personnages. Bénéficiant d’une écriture de qualités (il a co-scénarisé) que ce soit au niveau du déroulement ou des personnages, il rend toutes ses petites histoires intéressantes et son film passionnant.
Il n’y a pas vraiment de débuts ni de fin, il met en scène tout ce petit monde qui va s’entrecroiser à travers ces tranches de vies. Chaque histoire aura ses moments et ses sommets d’émotions et d’intensités. Il mêle drame, rire et émotion en abordant des thèmes tels que l’adultère, la solitude, le couple avec ou sans enfants ou encore les rapports entre parents et enfants et ce à tout âge. Plusieurs scènes sont marquantes, Altman reste toujours dans le vrai et, intelligemment et subtilement, rend tour à tour les personnages superficiels, repoussant, attachant et surtout humain alternant les moments de gravités et d’autres plus légers, ici aussi de manière intelligente.
Si « Short Cuts » est tant une réussite, c’est aussi grâce à la superbe direction d’acteurs d’Altman, ils sont tous excellents, de Tom Waits en chauffeur de taxi alcoolique à Robert Downley Jr en jeune maquilleur en passant par la superbe Madeleine Stowe en femme trompée, Tim Robbins en flic macho (rôle qui lui va à merveille !), Andie MacDowell en femme s’inquiétant pour la santé de son fils, Frances McDormand ou Julianne Moore en peintre.
Personnellement peu convaincu par Robert Altman jusque-là (très déçu par « M.A.S.H. » et sans être mauvais, je n’ai rien trouvé de génial à John McCabe et Gosford Park), voilà un film qui me « réconcilie » avec lui, un film choral passionnant durant ses trois heures et bénéficiant d’une superbe réalisation et d’excellentes interprétations.
Je suis très friande de destins croisés, mais là c'était bien trop long pour pas grand chose. Non pas que je me suis ennuyée, mais un film de 2h aurait été plus adapté. Et puis les histoires sont assez fades dans l'ensemble au final. C'est la belle troupe d'acteurs qui fait tout le charme.
Aujourd'hui beaucoup de films durent 3h, et beaucoup de films d'Altman sont longs. Il prend son temps en racontant ses personnages. Si ici on peut compter quelques longueurs, ça reste d'une intensité et puissance émotionnelle rarement égalée Alors toutes les histoires entremêlées avec brio ne se valent sans doute pas (heureusement qu'elles ne sont pas toutes tragiques, on en ressortirait dépressifs) mais on suit avec passion ces destins du quotidien. Tout comme avec Nashville (son autre grand film selon moi) on sent que quelque chose va déraper, que la tragédie s'annonce, on ne sait juste pas pour qui.. et quand elle arrive, son cœur bat la chamade en espérant qu'une fin heureuse se pointe.. C'est assez bouleversant..
voici le monument qui devrait etre pris en modéle , par toutes les Ecoles de Cinéma , pour révéler ce qu'est la véritable MISE en SCENES d'un scenario ! Quel modéle gigantesque , allié de l'humour si jouissif d' Altman , qui a la force de vous véhiculer de façon magistrale , pendant trois heures ! , avec je ne sais combien de personnages . C'est fluide , clair , sans un défaut , Beaucoup d'auteurs se sont lancés dans ce genre de montage , en imbriquant histoires et personnages , plus ou moins dans l'ordre , mais jamais avec ce foisonnement et cette virtuosité !
C'est le troisième film de Robert Altman que je vois ( après The Player et The Last Show ). A chaque fois, le même effet se produit : un mélange d'admiration et d'ennui. Un pied dedans, un pied dehors. On ne peut nier le fait suivant : Altman inventa un genre avec Short Cuts en 1993 ( le film choral, genre très en vogue dans le cinéma actuel, exploré avec plus ou moins de talent par les cinéastes ). La fluidité des mouvements de caméra, l'homogénéité de l'ensemble, le découpage rigoureux de l'intrigue et le casting forcent l'admiration. En revanche, le scénario n'est guère intéressant et manque de profondeur. A trop vouloir élargir sa vision de l'Amérique, à trop vouloir brasser une multitude d'émotions, Robert Altman se perd parfois dans les futilités les plus insignifiantes. Sur le plan de l'interprétation, on saluera Tim Robbins ( assez drôle en flic peu scrupuleux ), Madeleine Stowe ou encore le regretté Chris Penn. Malgré ses défauts, Short Cuts est un film à voir absolument pour son innovation. Je continue cependant à préférer Magnolia, autre film choral réalisé par le fils spirituel de Robert Altman : Paul Thomas Anderson.
Décédé il y a un peu moins de deux ans, Robert Altman faisait partie de ces indépendants des indépendants de l'industrie cinématographique nord-Américaine. Quelques-uns de ses plus grands succès, qu'ils soient publics, critiques (ou les deux) sont aujourd'hui portées aux nues et le ton si particulier qu'il sut imprimer tout au long de sa carrière à des créations personnelles est sans cesse décrypté. Ses disciples citent souvent "Short Cuts" que l'on peut voir avec une quinzaine d'années de recul comme un brillant précurseur de la mode (lassante) du film "chorale" où les destins apparemment différents de personnages qui n'étaient pas faits pour se rencontrer s'entrechoquent et ce en général au cours d'événements que l'on pourrait qualifier de "phares" (ce qui est en fait la plupart du temps un synonyme de dramatique). Bref, "Short Cuts", c'est donc un peu plus de trois heures de petites histoires entrecoupées les unes avec les autres, traitées sous la forme d'une comédie dramatique (pour le coup, le genre porte vraiment bien son nom) rythmée et agréable à suivre. Evidemment, les protagonistes sont tous hauts en couleur et représentent plus ou moins les différents facettes d'une Amérique soi-disant "tranquille" mais dont la face n'est pas si rose que ce que l'on pourrait croire. Dérision et humour noir sont au menu de scènes joliment interprétés (quel casting, y compris les seconds rôles !) quoiqu'assez bavardes. Ca tchatche un peu, beaucoup, passionnément jusqu'à devenir au fur et à mesure du temps un peu énervant. Disons que malgré son côté théâtral, ce (très) long-métrage passe plutôt bien dans la mesure où chaque discussion fait avancer l'action, en dévoile un peu plus sur les caractères de nos anti-héros. Pas complètement inutile en somme même si l'utilisation outrancière de ce moyen de communication m'agace personnellement. Et puis, il y a des longueurs et une fin un peu longue à arriver. Beaucoup de bruit pour pas grand-chose d'important, un bon divertissement.
Le succès de "The player" en 1992 avait remis en selle Robert Altman après une décennie 1980 cauchemardesque où rien de ce qu'il avait entrepris n'avait reçu l'aval du public ni même de la critique avec en point d’orgue le naufrage commercial de « Popeye ». Il pouvait donc disposer à nouveau de moyens plus conséquents pour satisfaire son ambition de réaliser un film écrit en collaboration avec Frank Barhydt à partir d'un poème en prose et de neuf nouvelles de Raymond Carver, le célèbre nouvelliste récemment décédé (1938-1988). Ne faisant rien comme personne, Altman se lança dans un film choral de plus de trois heures faisant s'entrecroiser les destins de vingt personnages issus pour la plupart de la middle class de Los Angeles. Primé du Lion d'or à Venise "Short Cuts" fit très vite office de référence dans le genre nouveau qu’allait devenir le film choral déjà popularisé en France par Claude Lelouch mais avec une vision essentiellement romanesque et bourgeoise. L'espace-temps durant lequel les personnages sont observés par la caméra d'Altman est encadré en introduction par l'épandage massif d'insecticide sur Los Angeles pour lutter contre la "mouche à fruit" nouveau fléau nuisant à l'agriculture intensive et en conclusion par un tremblement de terre de faible magnitude qui rappelle à l'homme sa modeste place au sein de l'univers. Le pari était risqué de finir par perdre le spectateur dans les méandres de ces destins qui s'entremêlent ou se dénouent au gré des humeurs d'un scénario qui n'arriverait pas à trouver sa ligne directrice au sein d'un tel foisonnement, ce qui est il faut bien l'avouer quelquefois le péché mignon d'Altman qui n'aimait rien tant que musarder en chemin. C'est tout le contraire qui se produit ici, une très grande fluidité émanant du récit régulièrement relancé par les petites avanies et les drames survenant à chacun. Certains critiques américains ont violemment reproché à Altman de proposer une vision tronquée de « l’american way of life », insistant trop sur les frustrations, les déviances et les lâchetés du quidam moyen. Il est sans doute vrai qu’Altman fidèle à l’esprit de Raymond Carver a condensé de manière orientée et un peu caricaturale les moments les moins reluisants de la vie de ses personnages, mais rien de ce qui est montré dans « Short Cuts » ne défie l’entendement où ne sombre véritablement dans le glauque même si certains évènements sont tragiques. La force du film et sa cohérence qui emportent l'adhésion viennent du fait qu’Altman filme ses protagonistes avec bienveillance n’oubliant jamais de nous rappeler qu’ils ne sont que de simples êtres humains faisant souvent de leur mieux avec ce que leur éducation leur a laissé en héritage et qui parfois sont tout simplement victimes des circonstances. Altman n'a jamais eu de mal pour attirer les stars à lui et ce sont-là toutes les jeunes pousses de la génération montante de l'époque qui se laissent guider par le maestro avec une mention spéciale pour Anne Archer, Chris Penn, Julianne Moore, Lily Tomlin, Jennifer Jason Leigh et Tom Waits tous véritablement convaincants. Hollywood qui se définit comme l'usine à rêves n’a jamais réellement goûté les réalisateurs un peu trop lucides et frondeurs. Robert Altman était de ceux-là; qui aimait l’homme dans toutes ses dimensions et sous toutes ses faces. Avec « Short Cuts » il affirme trois heures durant sa parenté humaniste avec les grands cinéastes de la comédie italienne qui comme lui aimaient à se repaître de la pâte humaine. C’est en regardant les choses en face que l’on pourra avancer, tel pourrait être la leçon du film.
Très peu d'humanité, de la veulerie, de la lâcheté, de la cruauté, de l'hystérie, des zooms et une réalisation qui même à l'époque était démodée... Sans parler du fait que presque tous les hommes sont des obsédés sexuels et les femmes frustrées ou menteuses... Que de clichés, là où la prose de Raymond Carver amenait une belle humanité avec des petits riens du quotidien. Mais sans Short Cuts, il n'y aurait pas eu Magnolia, le vrai chef d'oeuvre du film choral car Paul Thomas Anderson a réussi là où selon moi Altman a échoué : donner vie à des personnages très humains, imparfaits certes mais très attachants. Là les acteurs ne sont pas toujours très convaincants (convaincus ?), mais si vous aimez les filles à poil vous devriez être ravis (cadavre inclus...), oui ce qui est presque aussi répugnant que les zooms répétés d'Altman sur la petite culotte de la serveuse ou sur le cadavre dénudé de la jeune fille. J'ai détesté Short Cuts à sa sortie, je viens de le revoir en espérant que j'en aurai une vision neuve aujourd'hui, mais hélas non, je ne comprends toujours pas l'engouement autour de ce film. Regardez ou revoyez de nouveau Magnolia, c'est mon seul conseil.
Un scénario réglé comme du papier à musique. Un sens du quotidien très fin et une manière formidable de passer tout en légèreté de la causticité satirique au drame, à des vertiges de noirceur. Cerise sur le gâteau la bande musicale jazzy est vraiment très bien. C’est du grand travail de pro hollywoodien pour un fond qui en vaut la peine. Un excellent film.
Un film choral habilement mis en scène par Robert Altman, avec des interprètes tous exceptionnels. Le scénario nous présente des personnages superbement écrits dont les destins s'entrecroisent pour le pire ou le meilleur. La durée (3 heures !) ne gâche en rien le plaisir, tant le film distille différentes émotions avec brio et nous dévoile des portraits tous très intéressants. L'ambiance générale est très soignée, en particulier grâce à une belle musique jazz élégante. Un chef-d'oeuvre.