En continuant d'explorer la filmographie de David Fincher, j'ai logiquement fini par atterrir sur "The Game". Même s'il n'est pas le plus connu de ces projets, la réputation de ce film a quand même suffi à m'intriguer. Et honnêtement, je dois dire que mon visionnage a été assez positif, même si je ne trouve pas que ce long-métrage fasse partie des meilleurs de son réalisateur. Je le trouve bon, certes, mais je n'ai jamais eu l'impression qu'il pouvait côtoyer la marche du dessus. Pourtant, dans son exécution, tout est réussi. Nous présentant le personnage de Nicholas Van Orton, interprété avec beaucoup de réalisme par Michael Douglas, le film déploie une ambiance extrêmement routinière. Le début de l'histoire sert vraiment à nous faire comprendre la vie de notre héros principal, dans le but de nous faire ressentir le chamboulement qui va s'opérer par la suite. Pour le coup, la machine s'exécute bien et quand les choses sérieuses commencent, nous sommes réellement pris dedans. Par sa caméra, son montage et son esthétique, David Fincher cherche à nous perdre tout autant que notre héros. Dans beaucoup de séquences de tensions, on se demande donc où nous sommes, comment le temps s'est écoulé et quelle sera la prochaine action du personnage. Le but est vraiment de faire retranscrire le flou dans lequel il navigue, et je trouve que c'est très bien exécuté. Malgré tout, cette idée était assez audacieuse, le scénario présentant notre héros comme un riche patron assez snob. Il n'est pas spécialement attachant, et il était donc risqué de vouloir nous emporter dans une telle spirale avec une base pareille. Cependant, plus le film avançait, plus je commençais à comprendre qu'il allait dans la bonne direction. En effet, au fur et à mesure de ses actions, Nicholas Van Orton montre un visage plus humain et honnête, ce qui fait du bien. Et honnêtement, je voyais les choses venir, la séquence de fin promettant clairement le revirement total chez ce dernier. Malheureusement, c'est un peu là que je suis descendu du train.
En vérité, dans la forme, le final poursuit cette idée de nous perdre autant que le personnage, avec 2/3 twists d'affilés. Mais à mon sens, c'est un peu dans le fond que j'ai eu du mal. La fin tend à nous montrer que notre héros a radicalement changé, mais j'ai vraiment du mal à comprendre comment cela s'est produit. Cette conclusion est tellement brutale que j'ai vraiment été surpris qu'il accepte tout cela d'une manière aussi rapide et presque banale.
En soi, le long-métrage est donc une belle réussite, qui prouve encore que David Fincher est un réalisateur de talent. Mais je lui reproche quand même sa conclusion, qui, selon moi, l'empêche d'être vraiment très bon. Pour conclure, pas le meilleur de son réalisateur, mais un ensemble solide.