Joe Dallesandro grandit dans un environnement difficile et passe une partie de son adolescence dans des foyers pour jeunes délinquants. Adolescent, il travaille comme mannequin pour des magazines érotiques, ce qui attire l’attention de Andy Warhol et Paul Morrissey. Il devient ainsi célèbre grâce à son rôle dans les films de ces deux artistes, notamment Flesh (1968), Trash (1970) et Heat (1972). Dans ces œuvres, l'acteur incarne des personnages provocateurs, souvent marginalisés, explorant des thèmes de sexualité, d'identité et de société. Sa beauté androgyne et sa présence magnétique font de lui une figure emblématique de la libération sexuelle.
Surnommé "Little Joe", il est immortalisé dans la chanson Walk on the Wild Side de Lou Reed. En dehors des productions underground, il apparaît dans des films européens, collaborant notamment avec Louis Malle (Black Moon) et Serge Gainsbourg (Je t'aime moi non plus). Dans les années 1980 et 1990, Dallesandro diversifie ses rôles, apparaissant dans des films grand public tels que The Cotton Club, Toubib malgré lui, Meurtre à Hollywood, Cry-Baby, Sugar Hill, I Love L.A. et L'Anglais. Dans ce dernier, il campe un terrifiant tueur à gages. Puis, il se retire des plateaux. En 2009, le Museum of Modern Art (MoMA) de New York lui rend hommage avec une rétrospective de ses films.
Aujourd’hui, Joe Dallesandro vit à Los Angeles et reste une source d’inspiration pour de nombreux artistes, incarnant l'esprit rebelle et non conformiste du cinéma underground. Il effectue sa dernière prestation dans l'impressionnante fresque de Damien Chazelle, Babylon, où il incarne Charlie le photographe.
Laurent Schenck