Automne 2015, Tokyo. Le musée Eisei Bunko organise la toute première exposition de shunga (estampes à caractère érotique) au Japon. Malgré un fort succès avec plus de 200 000 entrées, celle- ci provoque de nombreux débats parmi la société japonaise contemporaine. Certains accusent les organisateurs de l'exposition de porter atteinte aux bonnes mœurs. D'autres, dont l'ancien premier ministre et directeur du musée, Morihiro Hosokawa, argumentent que ces œuvres constituent un art traditionnel qu'il convient de montrer sans censure aucune. Ce documentaire aborde la relation complexe et fascinante que les Japonais entretiennent avec les shunga et plus généralement, la sexualité. Autrefois appréciés aussi bien par les classes noble que pauvre, ces œuvres étaient considérés comme la forme d'art ultime. Cependant, à partir de la restauration de Meiji en 1868, le gouvernement décida de bannir les shunga, qu'il considérait comme immoraux. Même après la fin de la Seconde Guerre Mondiale et la levée de l'interdiction, l'étude, l'importation ou même la possession de ces œuvres d'art restent encore de forts tabous. L'exposition de 2015 souhaite casser ces aprioris, affirmant haut et fort la beauté de ce patrimoine artistique.