Difficile de mettre une note plus élevée à cette série qui, si elle se laisse facilement regarder avec son ton très léger, ne présente franchement pas vraiment d'intérêt. Le scénario est plus que prévisible, les enjeux peu haletants, le jeu d'acteurs mitigé et les personnages sont quasiment tous assez plats. Le tout dans un cadre parisien totalement fantasmé, qui rend le producteur Darren Star complètement ridicule : même le touriste euphorique type, qui se fait prendre en photo partout en arborant fièrement son tee-shirt "I love Paris", a une vision moins caricaturale de notre capitale, et de loin. À ce stade c'est bien plus drôle qu'affligeant, et les premiers épisodes de la saison 1 offrent un divertissement assez exceptionnel en ce sens. Je pourrais écrire des lignes allant du portrait dégradant administré aux parisiens (je ne suis pas du genre à les défendre à la base, c'est dire) à la vision de la France, des français en général, de nos traditions, de notre identité et de nos coutumes. En passant par la totale abstraction de tous les problèmes majeurs rencontrés à Paris tels que les bouchons, les rats, la saleté, les crackheads, l'insécurité, la pollution, les nuisances sonores... Mais le plus grotesque reste sûrement la surabondance de croissants, dont on est submergés à l'écran pendant les 5 saisons et qui servent même de projectiles aux personnages quand l'occasion se présente.
En dehors de ça, l'intrigue n'est pas inintéressante au départ, mais il ne se passe finalement pas grand chose et le récit tourne très vite en rond, se révélant incapable de se réinventer :
Emily se met en couple et fait des miracles au travail, avant de subir une grosse désillusion sur ces deux tableaux. Puis réconciliation ou nouveau copain, déblocage du souci professionnel, et on redémarre le cycle.
C'est à peu près tout. De ce fait, même l'aspect romance, pilier central de la série, est bancal puisque
les personnages (pas seulement Emily) sont tous instables émotionnellement et se séparent immédiatement à la moindre difficulté, avant de se remettre en couple avec la première personne croisée dans la rue (surtout Emily pour le coup).
De toute façon, comme dit au début, la plupart des protagonistes (hormis Emily, Sylvie et Gabriel - chef cuisinier avec le plus de temps libre au monde -) ne sont presque pas ou mal développés, et donc absolument pas attachants. Dommage pour certains qui ont du potentiel, comme Luc et Julien. Les scénaristes ont également la fâcheuse tendance à en faire disparaître sans préavis, comme
Mathieu Cadault, Erik, Étienne et Benoît, Geneviève ou encore Doug, qui resurgit de nulle part au milieu de la série pour redisparaître aussi vite.
Heureusement, tout cela est un peu compensé par le personnage d'Emily qui est plutôt sympa, le rendu visuel très agréable (notamment les nombreux plans de vue) et les touches humoristiques distillées un peu partout qui font sourire. L'idée de
partir à Rome pour (enfin) donner un second souffle à la série est bonne, mais dure trop peu. On retourne très vite à la case départ à Paris, alors que les épisodes italiens étaient vraiment rafraichissants. Le final de la saison 5, avec sa parenthèse à Venise, est d'ailleurs très beau.
Enfin, côté réalisme de l'histoire, on repassera bien évidemment. En commençant par le niveau de français d'Emily qui progresse ou régresse en fonction des besoins...
En bref, je recommande uniquement pour un bon moment de rigolade devant le décalage entre la vision de Paris exposée et la réalité. Pour le reste, sans être un naufrage, c'est très moyen à tous les niveaux et personne n'en parlerait si l'histoire ne se déroulait pas en France.