stillpop
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4.5 - Excellent
L'histoire d'un fou de pétards qui va rencontrer pour son plus grand malheur un fou d'argent.
Quel plaisir et quelle angoisse de revoir un tel monument de cinéma 20 ans après la dernière fois à la TV.
Tout est un peu flou, à part la musique gravée au fer blanc dans le cerveau. Et voici que ça commence, en copie numérique restaurée, sur l'un des plus beaux écrans de Paris, au Max Linder.
Trop de monde dans la salle, trop d'excitation à l'idée de retrouver l'enthousiasme adolescent de ce western « adulte » avec de l'Irlande romantique dedans.
Puis au bout de quelques secondes, devant l'incroyable Rod Steiger grimé dans le rôle d'un mexicain, tout se remet en place, les blagues, le foutoir général, l'aspect populaire qui va se confronter sans cesse à l'aristocratie, tout démontre que Leone, bien avant « Il était une fois en Amérique » voulait donner le coup de grâce aux « auteurs » de tout poils, surtout ceux qui savent si bien déclencher les guerres pour faire la double peine aux pauvres. Non seulement vous ne valez rien, mais en plus que ce soit avec la guerre ou la révolution, on va vous saigner. Ce que « Le bon la brute et le truand » tournait en dérision mais de manière plus cynique et moins mélodramatique.
En dehors du mysticisme du héros solitaire des westerns spaghetti Leoniens, on a ici une critique plutôt violente de l'aristocratie et du pouvoir en général.
Heureusement, tout le reste est du Sergio Leone pur jus, c'est à dire le rêve à l'état pur, vastes paysages désertiques, la moto remplace le cheval, les femmes ne sont que des fantômes d'une meilleure vie qui n'existe jamais, et les héros sont toujours solitaires, par choix ou devant l'adversité.
Mais là où l'un des moins célèbres films de Leone se démarque, c'est par l'originalité du traitement, on se croirait dans un Hugo Pratt (« Les Celtiques » et « Le train de Sibérie »), on est très proches de l'Irlandais, dans sa fuite, sa tristesse et sa survie sans but.
Les jeunes dans la salle (sûrement des étudiants en cinéma) se sont gaussés lors des scènes hamiltoniennes au ralenti tellement kitsch, comment leur en vouloir, c'est à la fois la force et la faiblesse de ce film. Ces scènes, l'amour à la Jules et Jim, ce pseudo « Bilitis », c'est le sel de ce western spaghetti, le passage à l'âge adulte des spectateurs de l'époque dans ces films de « mecs ».
Et la musique emporte tout sur son passage, jusqu'au moment du baiser final.
Un magnifique souvenir qui donne envie de revoir d'autres évènements de son adolescence. Moins émouvant que « Il était une fois dans l'Ouest », mais plus romantique, moins amusant que « Le bon la Brute et le Truand » mais aussi spectaculaire, moins beau que « Il était une fois en Amérique », mais plus profond.
Bref, inclassable et indispensable.
Ajoutée le 05 févr. 2012 à 13h06
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