stillpop
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4.5 - Excellent
L'histoire d'un gentil terrien en fauteuil roulant qui va vivre un rêve à pied dans l'espace.
Pourquoi perdre son temps à critiquer un film pareil ? Tout le monde l'a vu et ceux qui ne l'on pas vu achèterons obligatoirement le Blu-ray sous la pression de leurs enfants nés trop tard pour l'avoir vu au cinéma ou à la TV.
Mais bon, quand même, je vais parler de ce que je n'ai lu nulle part ailleurs.
Qu'est ce qui fait la spécificité des Navis par rapport aux humains ? Leur réseau biologique pour ne pas être coupés de leur nature et de leur terre nourricière ? Leur organisation tribale pour ne pas être isolés et apprendre à vivre ensemble ? Leur couleur bleue (ça nous change des martiens verts) ?
Non, rien de tout ça. Ce qui fait la différence techniquement, humainement, intellectuellement insurmontable, que seul l'amour peut éventuellement franchir, c'est... tout simplement... l'absence d'ARGENT ! Bah oui, dans leurs délires écologiques puérils, aucun chroniqueur n'a relevé que pour vivre en paix avec la nature, il faut simplement éviter d'inventer les rapports de monnaie dans une civilisation, pour éviter la propriété et le commerce. Quand tout le monde est respectueux de la nature et prend son pied dans de saines activités sans ambition ni frustration ou envie, il n'est pas besoin d'acheter ou de vendre. Bref, en dehors de l'absence de religion dogmatique, la seule liberté est de ne pas dépendre de l'argent mais de sa propre valeur. Tout ce que font les Navis dans leurs rites donne des résultats scientifiquement valables, tout le contraire des religions créées par l'homme pour son propre esclavagisme qui ont petit à petit été supplantées par le consumérisme monétaire encore plus efficace même s'il a le mérite de laisser l'esprit libre.
Qu'un réalisateur milliardaire capable de sortir un message aussi révolutionnaire, dans le pays de la réussite bling bling du plus fort, soit remercié mille fois. Mais ce grand canadien est bien loin de toute cette clique hollywoodienne, en les tenant par les couilles grâce à sa réussite incroyable qui a balayé l'establishment qui ne fonctionne que sur la base fric.
« Avatar » est beau de cette énergie, un peu trop même. Tout est trop rapide et brouillon, on veut tout nous expliquer en 30 secondes où des films mettraient 1 heure. Sûr que seule la peur de l'insuccès ou l'urgence a empêché Cameron de faire une trilogie, mais le film y aurait gagné en clarté, en beauté cinéphilique et en plaisir.
Les acteurs sont émouvants, les effets spéciaux sont au delà de ce que l'on a vu jusqu'ici, par leur opulence, leur qualité, le réalisme (pas encore parfait) des démarches, et le spectaculaire cultivé comme tel.
Seulement voilà, Cameron sait mettre en image des messages qui se finissent toujours bien parce que la seule chose qui le fait se lever le matin, c'est d'être vivant et d'aimer ça, en espérant donner cette envie à d'autres. Bref, contrairement au contestataires seventies tristes et désespérés à la « Soleil vert » ou aux geeks à la noirceur branchée de « Matrix », James reste « grand public ». Comment le reprocher au réalisateur d' « Abyss » ou de « Terminator 2 » ?
L'histoire d'amour est tellement simple qu'elle resplendit encore plus au travers des effets spéciaux sophistiqués. Le plus amusant étant ce côté un peu série B des combats et des revirements des protagonistes, mais une série B de cette qualité était sans doute la seule chose qui pouvait surnager de ce combat Cameronien contre l'immobilisme cinéphilique et technique.
Bref c'est raté, mais c'est le plus bel échec que l'on ait jamais contemplé depuis le début de l'histoire du cinéma. Allez, j'y retourne.
Alors, la deuxième fois ?
Et bien surprise, 3 mois plus tard sans la foule, au Publicis' avec un (presque) aussi bon écran qu'au Max Linder, j'ai redécouvert la plupart des scènes. Non pas que je manque de mémoire, mais la diversité est tellement intense qu'il faut plus que 3 ou 4 séances pour avoir une vue d'ensemble.
Contrairement au premier où la joie de dégommer des humains est viscérale, le deuxième regard est plus tranquille. On a plus de plaisir à entrer dans le monde bleu et on se sent plus proche du marine qui a de plus en plus de mal à revenir parmi les siens.
La douceur de l'ensemble surgit enfin dans l'explosion de violence et de haine technologique. Le pouvoir un peu new age fait de l'effet.
Toujours la même impression en tout cas, musique lourdingue, sauf l'essai d'opéra. Scénario un peu mince, animation des navi imparfaite dans la marche ou la course, une erreur de script (visible) et des proportions Navi / Humains très aléatoires. Trop court aussi.
Mais c'est tellement beau et bon.
Ajoutée le 06 févr. à 00h30
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