C'est le meilleur rôle de cet acteur, et pourtant il voulait l'abandonner 3 jours avant le tournage
Olivier Pallaruelo
Olivier Pallaruelo
-Journaliste cinéma / Responsable éditorial Jeux vidéo
Biberonné par la VHS et les films de genres, il délaisse volontiers la fiction pour se plonger dans le réel avec les documentaires et les sujets d'actualité. Amoureux transi du support physique, il passe aussi beaucoup de temps devant les jeux vidéo depuis sa plus tendre enfance.

Dans un panel organisé en 2015 durant le festival du film de Tribeca, pour célébrer les 25 ans du film de Scorsese, le regretté Paul Sorvino -inoubliable Paulie Cicero- racontait avoir bien failli lâcher le film 3 jours avant le début du tournage...

Entre l'élégance de la mise en scène, la BO aux petits oignons, comme toujours chez Scorsese; ses dialogues fabuleux et même (partiellement) improvisés; l'abattage phénoménal de Joe Pesci, justement récompensé par l'Oscar du Meilleur second rôle; un casting tout autant au diapason, dont un Ray Liotta qui n'a sans doute jamais été aussi bon que sous la direction de Martin Scorsese... Ce ne sont pas les raisons qui manquent pour hisser Les Affranchis au rang de film culte.

Tant qu'à parler justement du casting, Paul Sorvino nous quittait en juillet 2022, deux mois à peine après la disparition de Ray Liotta. Inoubliable Paulie Cicero du film de Martin Scorsese, ce "character actor" incontournable avait marqué le grand (Romeo + Juliette, Nixon) comme le petit écran (New York Police judiciaire où il a campé Phil Cerreta durant une trentaine d'épisodes).

Pour son bonheur ou son malheur, c'est vraiment son rôle dans le film de Scorsese qui a très profondément marqué les spectateurs, malgré une carrière de près de 50 ans riche de plus de 170 rôles.

"Il faudrait un exorcisme pour se défaire de son personnage"

Fier de ses racines italo-américaines et fin connaisseur de la culture italienne, en particulier sa cuisine et sa musique, Paul Sorvino n'était pourtant pas du tout enclin à jouer un rôle de mafioso. "C'était très difficile. je suis un poète. Je suis un chanteur d'opéra. Je suis un auteur. Aucun d'entre eux n'est un gangster" raconta-t-il lors d'un panel organisé en 2015 au festival du film de Tribeca, qui célébrait alors les 25 ans du film.

"On entend souvent les acteurs parler de choix, mais la vérité, c'est que lorsqu'on découvre l'âme du personnage, c'est comme s'il nous habitait, au point qu'il faudrait un exorcisme pour s'en défaire. Et c'est lui qui prend toutes les décisions à notre place" commentait Sorvino.

Et d'ajouter qu'il avait bien failli quitter le tournage, parce qu'il n'arrivait pas à se glisser dans la psyché de son personnage. Il appela son agent pour lui demander d'être libéré du film. Ce dernier lui suggéra quand même de réfléchir pendant une journée avant de prendre une décision finale.

Le même soir, Sorvino s'est regardé dans le miroir et a été effrayé par l'expression de son visage, en nouant et ajustant sa cravate. C'est ainsi qu'il a réalisé que c'était cette expression et ce style dont il avait besoin pour devenir Paulie Cicero. A quoi ca tient parfois un rôle culte...

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