C'était l'un des talents les plus prometteurs de la comédie : qu'est-il vraiment arrivé à John Belushi, héros des Blues Brothers ?
Corentin Palanchini
Passionné par le cinéma hollywoodien des années 10 à 70, il suit avec intérêt l’évolution actuelle de l’industrie du 7e Art, et regarde tout ce qui lui passe devant les yeux : comédie française, polar des années 90, Palme d’or oubliée ou films du moment. Et avec le temps qu’il lui reste, des séries.

Découvrez le tragique destin de l'acteur et humoriste John Belushi, star des "Blues Brothers" et décédé à seulement 33 ans.

Ce fut une étoile, mais une étoile filante. Aujourd'hui passablement oublié car il n'aura finalement eu que sept ans de carrière à l'écran, John Belushi a pourtant été l'un des comiques les plus prometteurs de sa génération, mais ses démons lui auront coûté la vie à seulement 33 ans. Qu'est-il exactement arrivé à cet acteur que tout le monde promettait à un grand avenir ?

Une star de la télé, mais à quel prix ?

Il aurait pu avoir la popularité d'un Will Ferrell, d'un Adam Sandler, d'un Chevy Chase ou d'un Bill Murray, mais John Belushi est peu connu de nos jours, excepté pour Les Blues Brothers et 1941 de Steven Spielberg. Humoriste avant tout, Belushi s'est fait connaître grâce à l'émission Saturday Night Live dans laquelle il apparaît durant les 4 premières saisons, de 1975 à 1979.

Dès noël 1976, comme en témoigne Candice Bergen qui vient tourner pour la troisième fois dans le show, et citée dans Wired: The Short Life and Fast Times of John Belushi, la drogue, et particulièrement la cocaïne, circulent à foison dans les coulisses de l'émission, atténuant les talents pourtant présents à l'écriture et à l'écran.

Belushi est, déjà à l'époque, l'un des plus excessifs dans ce domaine, consommant de la cocaïne quotidiennement, de la marijuana 4 à 5 jours par semaine et de la mescaline régulièrement, prenant des médicaments pour dormir, des acides et des amphétamines. Son médecin lui demande de freiner, sans quoi il mettra sa santé en danger. Réponse de Belushi : "Je donne tellement de plaisir à tant de gens, pourquoi je ne pourrais pas obtenir un peu de plaisir moi-même ? Pourquoi dois-je m'arrêter ?"

Belushi, l'excès érigé en mode de vie

Universal

Le SNL permet à Belushi de commencer à apparaître au cinéma, d'abord dans le western En route vers le sud (un flop réalisé par Jack Nicholson), mais surtout American College (1977), dans lequel il est très apprécié dans son rôle de personnage hors de contrôle et quasi sans dialogue surnommé Bluto.

Après 1941, une comédie de guerre qui déroute beaucoup le public mise en scène par le grand Steven Spielberg (1979), Belushi tourne avec son meilleur ami Dan Aykroyd la comédie musicale The Blues Brothers (1980), réalisée par John Landis. Réunissant son amour du rock et son côté "destroy", Belushi adore faire le film, mais sur le tournage, les dealers sont partout, et la drogue circule. L'acteur, en pleine descente, en viendra même selon l'ouvrage Wired à frapper John Landis qui venait de jeter sa réserve de came dans les toilettes, un geste que nie le réalisateur.

Dans Universal
Dans "The Blues Brothers"

Belushi s'enfonce de plus en plus dans une consommation frénétique et ajoute finalement l'héroïne à la liste des substances qu'il utilise. Ses addictions l'éloignent des plateaux, car on le dit incontrôlable, capable de disparaître du jour au lendemain en plein tournage sans donner une seule adresse. Après la comédie romantique Deux drôles d'oiseaux de Michael Apted qu'il tourne avec Blair Brown et Les Voisins, une comédie noire dans laquelle il retrouve Dan Aykroyd, il plonge réellement début 1982 et ne parvient plus à se sortir de son état.

Son comportement autodestructeur lui est fatal puisqu'il décède d'une injection de "speedball" (mélange d'héroïne et de cocaïne) lors d'une fête donnée au Château Marmont à Los Angeles. Il avait 33 ans.

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