Il apparaît dans tous les films du Splendid, est devenu l'immortel visage de M. Preskovitch apportant ses dubitchous roulés sous les aisselles dans Le Père Noël est une ordure, savez-vous ce qu'est devenu Bruno Moynot ?
Souvenez-vous il incarnait aussi le demandeur de "crêpe au suc" des Bronzés font du ski, et qu'il s'est fait remettre, avec Christian Clavier, Michel Blanc, Gérard Jugnot, Josiane Balasko, Thierry Lhermitte et Marie-Anne Chazel un César d'honneur pour l'ensemble de la carrière du Splendid.
Mais qu'est-il devenu ?
David Niviere / Pool / Bestimage
Aujourd'hui, Bruno Moynot s'occupe des théâtres du Splendid Saint-Martin et de La Renaissance. Ses apparitions à l'écran sont rares ses 20 dernières années. Il avait été rappelé par Thierry Lhermitte pour figurer dans Les Bronzés 3 dans le rôle d'un employé de l'hôtel syndiqué renvoyé mais continuant à y vivre. Toujours dans des petits rôles, on l'a croisé dans Rien à déclarer de Dany Boon (2010), Trois fois rien et Plus belle la vie (2022), tandis qu'il poursuit son travail de l'ombre au théâtre.
Regrette-il de ne pas avoir connu la célébrité de ses acolytes du Splendid ? Pas du tout, comme il le confie dans l'ouvrage Le Splendid par Le Splendid :
"Forcément, j’ai été moins dans la lumière que les autres parce que ce n’était pas ma vocation première, et que j’étais beaucoup investi dans la gestion du théâtre. Depuis quelques années, je sors de l’ombre et je vis comme un revival grâce à la pérennité des films, c’est amusant. J’ai une vie qui me plaît bien, malgré le temps qui passe. Je n’ai que des bons souvenirs, j’ai eu de la chance, beaucoup de chance, de rencontrer cette bande-là qui a changé ma vie à jamais, et de mener le parcours que j’ai eu…"
Sa rencontre avec le Splendid
Films A2
Bruno Moynot rejoint le Splendid en 1976-1977. A l'époque, la troupe est en train de construire son café-théâtre rue des Lombards à Paris. Depuis 1974, il est le compagnon de Josiane Balasko, qui connaît déjà bien le groupe, et comme il est habile de ses mains, elle le leur recommande pour aider aux travaux. Son aide arrive à point nommée puisque Valérie Mairesse, ex-membre de la troupe, se sépare de Thierry Lhermitte et part tenter sa chance au cinéma. Une place est donc à prendre.
Moynot raconte : "Josiane, toujours éprise de liberté, n’a pas voulu en revanche entrer dans leur SARL et racheter les parts de Valérie. Ils me les ont proposées et je les ai reprises. J’ai commencé par m’occuper de la régie et de tout ce qui était technique. De fil en aiguille, comme on faisait tout ensemble, j’ai participé un peu à l’écriture, puis j’ai eu des petits rôles, et voilà comment je suis devenu le septième membre du Splendid."
"Je m'occupais de la régie"
D.R.
Sa première pièce avec la troupe est Amours, coquillages et crustacés, puis Bunny's Bar (1978) et Le Père Noël est une ordure (1979). Pourquoi le voyait-on si peu sous les projecteurs ? : "Je ne pouvais faire que des apparitions sur scène puisque je m’occupais de la régie du spectacle, je passais mon temps à descendre dans la cave et à monter sur scène. J’étais un acteur intermittent ! C’est resté…"
Sa carrière au cinéma (comme celle de Gérard Lanvin) a commencé grâce à Coluche avec L'Aile ou la cuisse (1976), et en parallèle du Splendid, obtient de tout petits rôles au cinéma, surtout dans les films de ses collègues (Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine de Coluche, Les Héros n'ont pas froid aux oreilles co-écrit par Gérard Jugnot).
Il incarne le fameux demandeur de crêpe au sucre des Bronzés font du ski (1979), joue un médecin dans Les Babas cool, et devient, dans la pièce comme au cinéma, l'emblématique M. Preskovitch du Père Noël est une ordure (1982). On le reverra l'année suivante en agent de la Gestapo aux côtés de Ramirez (Gérard Jugnot) dans Papy fait de la Résistance (1983), là où dans la pièce, il incarnait le pilote anglais.
Bien que séparés au début des années 1980, Moynot continuera à apparaître dans les films de Josiane Balasko, que cela soit Sac de nœuds (1985), Nuit d'ivresse (1986), Les Keufs (1987) ou Ma vie est un enfer 1991). Sa gestion de deux théâtres lui laissera peu de temps pour le cinéma, mais comme nous l'avons vu, cela ne lui aura jamais pesé.
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