"On ne met pas un acteur de télévision dans un film" : personne ne voulait de John Travolta dans ce film culte sorti il y a 48 ans
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Avant de devenir une icône, John Travolta était considéré comme un pari risqué. Pour “La Fièvre du samedi soir”, certains pensaient même qu’un acteur de télévision ne pouvait pas porter un film. Pourtant, il allait changer l’histoire du cinéma.

Aujourd’hui considéré comme l’un des acteurs les plus emblématiques d’Hollywood, John Travolta n’a pourtant pas toujours bénéficié d’une telle aura. Avant de devenir une star internationale grâce à plusieurs films culte, il a dû convaincre une industrie du cinéma qui ne voyait pas forcément en lui l’interprète idéal.

Une anecdote révélée par le producteur Barry Diller dans ses mémoires revient justement sur les doutes qui entouraient l’acteur au moment du tournage de La Fièvre du samedi soir, un film devenu un phénomène planétaire il y a 48 ans.

Les coulisses d’une époque charnière à Hollywood

Ancien patron de la Paramount Pictures, Barry Diller fait partie des grands dirigeants qui ont marqué l’histoire du cinéma américain. À seulement 32 ans, en 1974, il prend la direction du studio qu’il dirigera pendant une décennie, jusqu’en 1984.

Dans ses mémoires intitulées Who Knew, publiées en mai 2025 aux États-Unis, il revient sur plusieurs moments marquants de sa carrière et partage des anecdotes parfois surprenantes sur les films qui ont façonné son parcours.

La Fièvre du samedi soir
La Fièvre du samedi soir
De John Badham
Avec John Travolta, Karen-Lynn Gorney, Joseph Cali
Sortie le 5 avril 1978
Spectateurs
3,3
Streaming

Sous son mandat, Paramount connaît une période particulièrement faste, avec la production de nombreux succès devenus incontournables, parmi lesquels Les Trois jours du Condor (1975), La Fièvre du samedi soir (1977), Grease (1978), Les Aventuriers de l’arche perdue (1981), Indiana Jones et le Temple maudit (1984), Tendres Passions (1983) ou encore Le Flic de Beverly Hills (1984).

Mais parmi tous ces projets, l’un d’eux a longtemps été considéré comme un pari risqué : celui qui allait révéler John Travolta au monde entier.

“John Travolta est un problème…”

Dans un extrait de ses mémoires relayé par le New York Post, Barry Diller raconte une scène survenue lors de l’avant-première de La Fièvre du samedi soir au célèbre Chinese Theater de Los Angeles.

Alors que le film s’apprête à sortir, un membre de l’équipe promotionnelle vient lui faire part de ses inquiétudes concernant son acteur principal. À l’époque, Travolta est surtout connu pour son rôle dans la série télévisée Welcome Back, Kotter, et certains estiment qu’un acteur venu du petit écran ne peut pas porter un grand film de cinéma.

Le publiciste lui aurait alors lancé : “John Travolta est un problème. C’est un gars de la télévision. Vous ne mettez pas quelqu’un de la télévision dans un film. Le gamin ne va pas remplir les fauteuils.

Paramount Pictures

Une remarque qui illustre parfaitement la méfiance qui existait alors entre le monde de la télévision et celui du cinéma, les deux univers étant encore largement séparés à Hollywood. Pourtant, les prédictions pessimistes vont rapidement être balayées. Deux semaines après cette projection, La Fièvre du samedi soir débarque dans les salles américaines et devient un immense succès populaire.

Il y avait d’immenses files d’attente dans tous les cinémas d’Amérique”, écrit Diller.

Grâce au triomphe du film, Paramount retrouve même la première place parmi les grands studios américains après avoir traversé une période plus difficile.

Un film sans star qui a changé Hollywood

Pour Barry Diller, le succès de La Fièvre du samedi soir repose justement sur le fait que le projet ne suivait pas les recettes habituelles de l’époque. Le film n’était pas construit autour d’une vedette déjà installée, mais autour d’une idée forte.

La Fièvre du samedi soir a changé la façon dont les films sont faits.

Le dirigeant rappelle que le projet n’avait aucun des éléments habituellement associés aux grosses productions hollywoodiennes : “Pas de stars, pas de pedigree, pas de package, rien – juste une bonne idée.

Même le réalisateur John Badham représentait un pari puisque lui aussi venait de la télévision et n’avait pas encore une grande expérience du cinéma. Avec le recul, cette prise de risque s’est révélée payante, mais Diller reconnaît également avoir parfois eu du mal à mesurer le potentiel de certains projets.

Barry Diller ne croyait pas non plus au potentiel de “Grease”

Après le succès de La Fièvre du samedi soir, John Travolta devient rapidement une valeur montante. Pourtant, Barry Diller n’imaginait pas forcément l’acteur dans Grease, autre immense succès qui allait marquer l’histoire du cinéma musical.

Le dirigeant trouvait même le projet peu convaincant et estimait que Travolta aurait plutôt intérêt à se tourner vers American Gigolo. L’acteur choisit finalement de suivre son instinct et refuse cette proposition, laissant le rôle principal du film de Paul Schrader à Richard Gere.

Une nouvelle fois, Travolta avait raison : Grease devient un phénomène mondial et confirme définitivement son statut de star.

Paramount Pictures

Terrence Malick aussi a donné quelques sueurs froides à Paramount

Dans ses mémoires, Barry Diller raconte également une autre histoire étonnante concernant Terrence Malick et son film Les Moissons du ciel, sorti en 1978.

Alors que Paramount soutient le projet, Diller décide d’offrir au réalisateur une liberté totale en lui accordant un budget confortable pour qu’il puisse continuer à explorer son univers artistique. Il lui verse ainsi 500 000 dollars, une somme considérable à l’époque, afin qu’il puisse “juste expérimenter des choses”.

Mais cette confiance finit par mettre la patience du dirigeant à rude épreuve. Pendant plusieurs années, Diller tente régulièrement d’obtenir des nouvelles du cinéaste, sans recevoir beaucoup d’informations concrètes.

Lorsque Malick lui évoque parfois ses idées, elles restent très mystérieuses, comme lorsqu’il lui parle d’un projet autour d’un paraplégique participant à une course au Nouveau-Mexique, tout en refusant d’en révéler davantage car il s’agit d’un “secret”.

Finalement, Diller décide de mettre fin à ce financement : “Il faudra attendre vingt ans avant qu’il ne réalise un autre film.

Ce film sera finalement La Ligne rouge, sorti en 1998, qui marquera le grand retour de Terrence Malick derrière la caméra après deux décennies d’absence.

La Fièvre du samedi soir ou encore Grease sont à revoir sur Paramount+. Le premier film est également disponible sur Netflix.

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Aude Mackau
Aude Mackau
Passionnée de cinéma, Aude a grandi dans les salles obscures tout en tombant amoureuse des séries à côté. Jonglant entre le petit et grand écran, elle se spécialise désormais dans tout ce qui fait l'actualité, de l'anecdote du passé à la dernière info sensationnelle à relayer.
Co-écrit avec :
Olivier Pallaruelo
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