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    Spider-Man : James Cameron envisageait un film beaucoup plus sombre
    7 déc. 2021 à 17:20
    Olivier Pallaruelo
    Olivier Pallaruelo
    -Journaliste cinéma / Responsable éditorial Jeux vidéo
    Biberonné par la VHS et les films de genres, Olivier Pallaruelo délaisse volontiers la fiction pour se plonger dans le réel avec les documentaires et les sujets d'actualité. Amoureux transi du support physique, il passe aussi beaucoup de temps devant les jeux vidéo depuis sa plus tendre enfance.

    Dans un livre à paraître le 14 décembre aux Etats-Unis, "Tech Noir: The Art of James Cameron", le cinéaste revient un peu sur l'idée avortée de son projet d'adaptation de Spider-Man à l'écran, voulant creuser une veine réaliste et très sombre.

    Columbia TriStar Films

    Qu'on se le dise : le cimetière hollywoodien est jonché de projets de films ayant sombré dans le gouffre du development hell, ou tout simplement passés à la trappe, pour diverses raisons. A la faveur de l'actualité brûlante de Spider-Man : No Way Home, qui inonde tous les canaux actuellement, l'ancien projet longtemps carressé de James Cameron, qui voulait adapter les (més)aventures de Spider-Man à l'écran, refait surface. Un film qu'il voulait d'ailleurs réaliser après sa colossale entreprise de Terminator 2.

    Dans un (superbe) livre qui doit sortir le 14 décembre prochain aux Etats-Unis, intitulé Tech Noir : The Art of James Cameron (et préfacé par Guillermo del Toro), un pavé de 400 pages et 3kg sur la balance, le cinéaste se confie justement sur cette adaptation qui n'a pas vu le jour. Il en parle comme "le plus grand film qu'il n'a jamais fait" relève le site ScreenCrush. Après avoir obtenu la bénédiction de Stan Lee, Cameron plancha sur une adaptation en voulant développer un ton sombre.

    "Je voulais faire quelque chose qui ait une sorte de réalité cruelle" dit Cameron. "Les super-héros en général sont toujours apparus comme un peu fantaisistes pour moi, et je voulais faire quelque chose qui aurait été plus dans la veine de Terminator et Aliens, pour que vous puissiez adhérer tout de suite à la réalité. Vous êtes donc dans un monde réel, vous n'êtes pas dans une ville imaginaire comme Gotham City. Ou Superman et le Daily Planet et tout ce genre de choses, où cela semblait toujours très métaphorique et féerique".

    Cameron voulait planter son cadre à New York. Une période "où il neige. Le gars se fait mordre par une araignée. Il se transforme en ce gamin avec ces pouvoirs et il a ce fantasme d'être Spider-Man ; il fait ce costume et doit l'améliorer, parce qu'il a de gros problèmes avec. Des choses comme ça. Je voulais l'ancrer dans la réalité et l'ancrer dans l'expérience humaine universelle. Je pense que cela aurait été un film amusant à faire".

    Un article du L.A. Times, daté de 2002, revenait d'ailleurs sur ce projet avorté, expliquant que ce Spider-Man revu et corrigé par Cameron aurait été "moralement ambigu, et même capable de violence sadique". Le père de Mary Jane était vu "comme un ivrogne et abusif". En plus de ce chemin bien sombre, Cameron voulait aussi se concentrer davantage sur l'adolescence de Peter Parker.

    "La première chose à laquelle vous devez penser, c'est que ce n'est pas Spider-Man" écrit Cameron dans son livre. "Il s'appelle Spider-Man, mais ce n'est pas Spider-Man. C'est Spider-Kid. Il est Spider-High-School-Kid. Il est un peu geek et personne ne le remarque, et il est socialement impopulaire. [...] Et c'était aussi dans mon esprit une métaphore de la puberté et de tous les changements dans votre corps, vos angoisses à propos de la société, des attentes de la société, vos relations avec le genre de votre choix qui vous attirent, toutes ces choses".

    Ne pas se lancer dans une guerre de tranchées

    La question brûlante évidemment est pourquoi le film n'a-t-il pas pu se faire ? Cameron a tenté de convaincre Carolco, la société qui produisait son film Terminator 2, d'acquérir les droits. Mais la société fit une faillite retentissante, coulée après le naufrage de L'ïle aux pirates, avant même de songer à les acheter.

    Le cinéaste s'est alors tourné vers la Fox, en vain là aussi. "J'ai essayé de faire en sorte que la Fox achète les droits, mais apparemment, c'était compliqué. Sony avait un attachement très discutable aux droits, et la Fox n'avait pas envie de se lancer dans un bras de fer. [L'ancien président de la Fox] Peter Chernin ne voulait pas se battre. Il ne voulait pas se lancer dans une bagarre juridique. Et je lui disais : "Tu plaisantes ? Cette licence pourrait valoir, je ne sais pas, un milliard de dollars !""

    Un échec pour James Cameron, qui retire de cette expérience une certaine leçon : "Je pense que Spider-Man était probablement le coup de pied au cul dont j'avais besoin pour faire mes propres trucs". Toujours est-il que Jimmy avait vu juste : la franchise Spider-Man a rapporté plus de 10 milliards $ à Sony, et la cash machine n'est pas prête de s'arrêter de tourner, surtout avec le prochain volet en salle, qui devrait être, sauf catastrophe industrielle, un gros succès...

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