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    Wonder Woman : pourquoi le film est-il plus important que vous ne le pensez
    Par Raphaëlle Raux-Moreau — 6 juin 2017 à 19:15

    Premier film centré sur une super-héroïne depuis plus de 10 ans, premier film de super-héros réalisé par une femme, premier film sur "Wonder Woman"... Pourquoi le film de Patty Jenkins cumule les défis et les espoirs...

    "Wonder Woman" (2017)
    1. "Wonder Woman" (2017) +

    D’ici la fin de l’année, le Marvel Cinematic Universe aura lancé 17 films de super-héros, tous centrés sur des personnages masculins. De son côté, l’univers cinématographique DC peut se targuer d’avoir, sur quatre films, "misé" sur au moins une super-héroïne.

    Quoi qu'il en soit, le divertissement continue, aujourd’hui encore et comme cela est souvent pointé, de se conjuguer au masculin. Si les super-héros ont droit à près de deux films par an, les super-héroïnes issues des comics sont strictement cantonnées à rester coincées dans leur bulles ou à rester d’éternelles seconds rôles. Le cas de Black Widow, l’une des Avengers, dont le potentiel est incontestable mais dont le film n’est toujours pas officiel, reste l’exemple le plus parlant.

    Wonder Woman, qui sort en salles cette semaine, n’est donc pas qu’un simple nouveau film de super-héros dans l’épais catalogue qui nous est livré chaque année. N’en déplaise à certains, le film réalisé par Patty Jenkins représente bien plus que ça. Il s’agit non seulement du premier film de super héros réalisé par une femme, du premier film dédié à Wonder Woman, l’héroïne iconique de DC, depuis sa naissance il y a 76 ans, mais aussi du premier film centré sur une super-héroïne à sortir en salles depuis un très long moment…

    De quand date le dernier film en date centré sur une super-héroïne ? Etait-ce il y a 2 ans ? Il y a 5 ans ? C'était il y a maintenant 12 ans avec la tristement célèbre Elektra. Pour rester dans les choses tristes, puisque c’est bien de cela que l’on parle, la réalité fait que les films centrés sur une super-héroïne se comptent sur les doigts d’une main et, de plus, ont jusqu'à présent été des désastres, tant au du box-office qu'au niveau créatif.

    Les deux derniers exemples avant "Wonder Woman"
    Des exemples trop rares et, en plus, ratés

    Le premier film consacré à une super-héroïne date de 1984. Après la vague des serials des années 40, les films de super-héros sont revenus en force dans les années 80 avec le succès du Superman de Richard Donner (1978). Supergirl avait alors eu la lourde tâche de surfer sur la vague de son célèbre cousin. Mal reçu par la critique, Supergirl campé par Helen Slater a été un vrai échec commercial et, peut-être, le premier film à "effrayer" les studios.

    Dans les années 90, ce sont deux héroïnes indépendantes, en dehors des écuries majeures DC et Marvel, qui se sont ensuite jetées dans la mêlée. Tank Girl (1995), adapté du comic britannique de chez Titan Comics et Barb Wire (1996), de chez Dark Horse Comics. Depuis devenue culte, la Tank Girl de Lori Petti n’a pas connu le même succès à sa sortie. Quant à Barb Wire, échec également, le film n’a finalement été qu’un prétexte à montrer une héroïne ultra sexy en la personne de Pamela Anderson.

    Les années 2000 n’ont donné naissance qu’à deux super-héroïnes sur grand écran avant que la flamme ne s’éteigne définitivement. Comme Supergirl, Elektra devait profiter du succès de Daredevil ce qui, d’avance, n'était pas un cadeau, ce dernier n’ayant pas eu la meilleure des presses. Mais, Elektra n’a pas souffert que de ça. Malgré son casting à fort potentiel (Jennifer Garner, excellente dans Alias), le scénario du film était bien trop mince, pas drôle et, surtout, personne dans l’équipe ne semblait avoir compris le personnage d’Elektra, ou même cherché à le comprendre.

    Mal soigné, mal pensé. C’est un peu le sort qu’a aussi subi Catwoman. A la base, le rôle de la vilaine de DC devait être repris dans les années 90 par Michelle Pfeiffer, avec Tim Burton aux commandes, après le succès de Batman Forever. Le film ne se fera jamais et ce n’est qu’une décennie plus tard, en 2004, que l’héroïne eut droit à son propre film avec Halle Berry, réalisé par un inconnu aux Etats-Unis, Pitof.

    Malheureusement, Catwoman n’avait plus de lien avec Gotham et Selina Kyle, son alter ego, avait été remplacée par une certaine Patience Philips, ramenée à la vie par un chat égyptien. Un désastre qui sera total, tant au niveau des recettes que des critiques. Encore une fois l’héroïne de papier n’avait pas été comprise par les studios.

    Même si d’autres films de super héros centrés sur des personnages masculins, comme Hulk ou Green Lantern, se sont également transformés en catastrophes, ces dernières ont été noyées dans un océan de succès héroïque tandis que le film de super-héroïne fut, lui, relégué au rang de "zone à risque" voire de "chat noir". On peut d'ailleurs en avoir un aperçu dans la série des e-mails de Sony ayant fuités en 2015. L'un de ceux envoyés par Ike Perlmutter, le CEO de Marvel, au CEO de Sony, Michael Lynton, stipulait bel et bien, même si son contexte reste inconnu, que ces films étaient synonymes de désastre, en listant tous les échecs consécutifs au box-office. 

    The Walt Disney Company France
    Star Wars : le Réveil de la Force
    Mais, pourquoi pas plus de tentatives ?

    Serait-ce donc ces quelques échecs qui auraient refroidi les studios pendant si longtemps ? Quand il s’agit d’expliquer ou de comprendre l’absence de super-héroïnes sur grand écran, on entend parfois que les films de super héros sont destinés à un public masculin et que les héroïnes ne peuvent pas être les leaders de films d’action à grand spectacle. Des arguments qui ne s’appuient en général que sur un vague sentiment ou une fausse impression. 

    Car si elles sont plus nombreuses sur terre (elles constituent 51% de la population mondiale), les femmes continuent aussi d’être plus nombreuses en salles. 52% du public est ainsi constitué de femmes, selon une récente étude de la Motion Picture Association of America, rendant d’autant plus insensé le déséquilibre des forces entre les hommes et les femmes devant et derrière la caméra.

    Concernant spécifiquement les films de super-héros, l’impression que ces derniers sont destinés avant tout aux hommes ou que les geeks ne sont que des hommes est un autre argument désormais irrecevable. D’année en année, le Comic Con en est la preuve. En 2015, 50% de son public était ainsi féminin. Autre exemple, 40% du public d’Avengers était constitué de femmes, passant à 44% avec Les Gardiens de la Galaxie.

    Le second argument qui dit que les femmes ne peuvent pas tenir la tête de franchises d’action à grand spectacle tend lui aussi à donner tort à ses adorateurs. Exceptés l’exemple très particulier des films de super-héros, le cinéma a bien prouvé avec Star Wars : Le réveil de la force, Lucy ou encore la série des Hunger Games que les héroïnes rimaient évidemment avec succès. Et ce, depuis bien longtemps, avec des têtes d'affiche comme Ellen Ripley.

    ABC
    Lynda Carter, la seule incarnation live de Wonder Woman jusqu'à présent
    Wonder Woman, des multiples tentatives d'adaptations

    Dans ce paysage très masculin et véhiculant de vieux lieux communs, l’arrivée de Wonder Woman au cinéma n’est donc pas une mince affaire. Son lancement est d’autant plus symbolique et émouvant que Wonder Woman est un personnage iconique et essentiel des comics. Pourtant, cette dernière a, elle aussi, eu bien plus de mal que les deux autres membres du "trio" DC, Batman et Superman, à se frayer un chemin vers les écrans.

    En tout et pour tout, il aura fallu attendre 76 ans pour voir Wonder Woman, née en 1941 dans les pages d'All Star Comics, décrocher son propre film de cinéma, Batman et Superman ayant eu, eux, leur film dès les années 40. Les tentatives ont pourtant été nombreuses mais, à chaque fois, Wonder Woman a échoué à être adaptée.

    Dans les années 70, deux pilotes s'y sont frottés avec maladresse, rendant l’héroïne cheap ou trop romantique. En 2011, David E. Kelley transposait l’Amazone dans un Los Angeles contemporain, lui enlevant tout son potentiel fantastique et divin. Et en 2005, Joss Whedon, qui a toujours rêvé de réaliser un film de super héroïne, voyait, lui aussi, son projet tomber à l’eau.

    Finalement, seule la série avec Lynda Carter (1975 – 1979) et les films ou séries d’animation ont réussi à rendre au personnage ses faits d’arme, avant la sortie du film avec Gal Gadot. Difficile à cerner et difficile à élever sans tomber dans une surenchère d’effets sexy ou ridicules, Wonder Woman s'est donc révélée un vrai défi. Positives les critiques américaines tendraient à prouver que, cette fois, la super-héroïne a été comprise et que le film épique qu’elle méritait tant d’avoir est finalement né.

    Warner Bros. France
    Patty Jenkins et ses acteurs
    Wonder Woman, une femme devant et derrière la caméra

    Wonder Woman marque donc une nouvelle étape à Hollywood. De son succès dépendra peut-être la mise en chantier de nouveaux films centrés sur des super-héroïnes, tout comme le sort des blockbusters attribués aux femmes, le film étant le premier film de super-héros réalisé par une femme.

    Les premiers chiffres du box-office étant plutôt bons, Wonder Woman a d'ores et déjà obtenu la mise en chantier d'une suite et est devenu le meilleur lancement pour un film réalisé par une femme. Ces résultats encourageants pointent toutefois à quel point il est encore trop rare de voir des blockbusters confiés à des réalisatrices. En février 2017, l’Equal Employment Opportunity Commission menaçait même les grands studios hollywoodiens de lancer des poursuites à leur encontre, pour lutter contre la discrimination envers les réalisatrices. 

    Dans ce contexte, les réalisatrices ayant pu travailler sur des budgets à plus de 100 millions de dollars sont encore plus rares. On pense à Kathryn Bigelow (K-19 : le piège des profondeurs) ou encore à Jennifer Yuh Nelson (Kung Fu Panda 2). Prochainement, A Wrinkle in Time sera réalisé par Ava DuVernay, Captain Marvel sera coréalisé par Anna Boden, Silver and Black, le spin-off de Spider-Man, mis en scène par Gina Prince-Bythewood et le Mulan live par Niki Caro.

    Des annonces qui laissent d'ailleurs apercevoir que les personnages féminins sont plus enclins à tenir la tête d’affiche lorsqu’une réalisatrice est aux manettes (57% de chance contre 18% lorsqu’il s’agit d’un réalisateur). Ou serait-ce plutôt le contraire ?

    Lexi Alexander a été l’une des premières réalisatrices à prendre les manettes d’une franchise de super-héros avec Punisher : Zone de guerre en 2008. Dans une interview à Indiewire, elle dénonçait le manque de confiance et la différence de moyens (marketing, distribution, etc.) accordés par les studios aux hommes et aux femmes.  "Peu importe la manière dont vous arrivez à vous en sortir, le résultat le plus probable sera soit de vous retrouver avec un film qui flope et de vous voir atterrir dans la prison des réalisateurs, soit de parvenir à faire du bon boulot et à sortir un hit mais, en chemin, tous ces producteurs avec qui vous vous serez battus sur tout, penseront désormais que vous êtes difficiles."

    Patty Jenkins, à qui l’on doit le film oscarisé Monster n’était d’ailleurs pas le premier choix du studio pour réaliser Wonder Woman. Celle qui, auparavant, a failli réaliser Thor 2 a aussi dû se battre pour mettre en scène le film et en livrer sa vision. Une force appréciée par son actrice principale :

    "Quand les gens disent : 'Ils ont choisi une réalisatrice parce c'est Wonder Woman..." Je pense qu'ils l'ont choisie parce que c'était la personne qu'il fallait pour remplir cette mission et livrer le meilleur film possible", nous confiait Gal Gadot lors de la promotion du film tout en étant consciente de la petite place réservée aux femmes dans le divertissement : "J'ai toujours trouvé qu'il y avait, et qu'il y a toujours, un gros manque d'histoires destinées aux femmes, tout particulièrement au cinéma, la télévision sachant mieux le faire. Moi, en tant que Gal, j'adore travailler avec les hommes et avec les femmes. J'adore les gens mais je pense qu'il faut qu'on offre plus de places aux femmes, c'est sûr".

    Wonder Woman n’est donc pas qu’un simple film de super-héros. Malgré lui, il revêt aujourd’hui une importance majeure pour la suite du scénario en train de s’écrire à Hollywood par ou pour les femmes. Connie Nielsen, qui connait bien le milieu et qui est l'une des actrices fortes de la distribution aux côtés de pointures comme Robin Wright, espère voir les choses changer, mais n'est pour autant pas très optimiste :

    "Même si le film marche très bien, il y aura toujours de puissants systèmes en vigueur qui continueront de faire en sorte que ce soit difficile de raconter de nouvelles histoires du point de vue des 51% [restants] de la planète", nous confiait-elle ainsi lors d'une interview. Il ne faudra donc pas qu'une seule Wonder Woman pour écrire la suite de ce scénario, mais plusieurs. Peut-être s’appelleront-elles Captain Marvel, The Wasp ou Harley Quinn ? A nous aussi de l'écrire.

    Wonder Woman à l'assaut du succès ?

    Wonder Woman Bande-annonce (2) VO

     

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    Commentaires
    • Gcm B.
      Wonder Woman n'est hélas pas un film féministe. Il aurait pu l'être s'il avait été réalisé par une auteure féministe (comme Bigelow, Cameron) car justement écrit pas Zack Snyder qui a réalisé l'un des films les plus féministe à gros budget avec que des héroïnes super héroïque l'excellent chef d'œuvre Sucker Punch. Film qui raconte comment une femme pour échapper aux pires hommes (violeur incestueux, prêtre pédophile, mafieux consommateur de prostitués, politique libidineux...), bref, que des hommes qui ont un pouvoir et qui s'en servent pour obtenir des faveurs de la part des femmes qui dominent, préfère mourir que de se soumettre.
    • James M.
      Film féministe écrit par 3 homme dans le réalisateur de sucker punch et dans la réalisatrices fait vraiment un travail de yeswoman perso j'ai vue mieux
    • MadRom
      - Que le femme soit complémentaire, je le dis depuis le début. Qu'on la considère comme inférieure sur le plan de la force physique. Qu'aujourd'hui, cette force physique ne joue presque plus aucun rôle dans l'organisation de la société, c'est aussi un fait donc effectivement, il n'y a pas trop lieu de parler de supériorité ni d'infériorité. Et quand bien même certains hommes la considéreraient comme inférieures en de nombreux points, ils ont, malheureusement pour les féministes, des arguments fondées pour certains.- Désolé mais là, tu montres quand même ton manque de connaissances sur le sujet. Comme je l'ai dit, la femme a toujours travaillé, sauf au XIXème avec l'essor du capitalisme où on l'a cloîtrée à la maison (et cela pour des raisons qui ne sont pas infondées : c'était pour le bien des enfants et de la famille, pour lui assurer une stabilité ). Le droit de vote pareil. Tu sais pourquoi on a pas accordé le droit de vote aux femmes en France ? Parce qu'elles étaient proches du clergé et de l'église, et que l'église voulait le retour de la monarchie... Ta grille de lecture est trop biaisée par cette obsession pour l'égalité, l'histoire s'analyse d'un œil purement objectif (autant qu'on peut); l'analyser d'un point de vue moral ou idéologique, c'est le meilleur moyen de se fourvoyer. Encore une fois, il y a des raisons à tout, et elles sont souvent fondées. Tout ne se réduit pas à une volonté de l'homme d'oppresser la femme et d'établir des inégalités. Que la femme ait été dominée par l'homme oui, c'est évident, mais dire que c'est une domination sans cervelle, c'est totalement infondé. Cette domination était nécessaire. Et je le redis, la femme a été dominée et elle n'a rien dit, elle ne s'est pas révoltée, elle s'est bien accommodée de ce rôle que l'homme lui a donnée. Donc la femme est autant responsable que l'homme.- Je ne crains pas le féminisme et justement, je le comprends que trop bien pare que je l'ai étudié, j'ai lu De Beauvoir, Badinter, lu des essais sur la condition de la femme etc... C'est marrant d'ailleurs de voir que les féministes parlent de l'égalité uniquement dans les lieux de pouvoir... Chez les PDG, en politique, au cinéma, ça sera chez les réalisateurs etc... Le fait que les éboueurs soient majoritairement des hommes, que les sans-abris soient en grande partie des hommes ne les dérangent pas trop, on entends pas les féministes venir te parler d'injustices ou d'inégalités bizarrement. Je t'invite d'ailleurs à lire Nietzsche pour comprendre ce qu'il se cache derrière cette doctrine de l'égalité.Je pourrai en parler, mais bon, ça me prendrait énormément de temps.-Oui donc les hommes n'étaient pas des bourreaux, si l'homme n'accordait pas certaines fonctions à la femme, c'était en vu de la protéger...Qu'il y ait eu des dérives de cette volonté des hommes de protéger la femme et l'enfant, qu'il s'en soit servi pour assouvir un besoin de domination, c'est évident. Mais on peut pas réduire, comme tu le fais, le patriarcat à cela.-- pourquoi elles n'ont pas réclamé l'égalité plus tôt ? C'est une blague ? Va parler d'égalité à M. Muscle-au-hachoir qui t'attaque en bande pour te découper le clitoris ! Nan mais là, c'est bien trop facile de dire ça.... Le pire, c'est que tu te contredis... Dire cela, c'est admettre que la femme n'est qu'un objet qui dépend de la bonne volonté de l'homme à lui accorder ou non l'émancipation.La femme n'est-elle pas, comme l'homme, un individu libre de se choisir dominée ou non ? Il faut quand même être cohérent. Et quand bien même, je n'ai pas dit qu'il fallait que la femme se batte contre l'homme mais qu'elle demande à l'homme de lui laisser une chance de prouver sa valeur dans la guerre par exemple. Et elle ne l'a jamais fait parce que ça l’arrangeait... Parce que ça arrange tout le monde de rester à la maison au lieu d'aller se faire éclater la tronche à la guerre.- Oui, tu confirmes que c'est bien niais. On fait pas la guerre parce qu'on est corrompu par un mal, qu'on est méchant par nature, ça va au delà de ça. Quand Alexandre part faire la guerre aux Perses, ce n'est pas pour l'amour, ce n'est pas pour la haine, c'est pour établir une souveraineté, pour unifier un monde en paix sauf que qui veut la paix prépare la guerre, donc il faut être violent, barbare pour imposer ses idées. L'amour n'a rien à voir là dedans. Que Wonder Woman veuille la paix entre les deux camps, très bien mais qu'elle ne te sorte pas un truc avec l'amour et la haine, c'est juste hors sujet, qu'elle ne parle pas du bien et du mal, que le film ne vienne pas te dire que les allemands, c'est le mal... C'est totalement simpliste, voir même irrespectueux envers les allemands qui se sont battus pour leur pays.Daesh commet des attentats, ils envoient des barbares commettre des massacres et tu sais à quelle fin ? Dans le but de convertir tout le monde à l'Islam et d'avoir justement la paix entre musulmans. Le mot Islam, tu sais ce qu'il veut dire ? Paix. Mais il veut dire aussi soumission. On est en paix une fois qu'on est soumis, dominé. Jésus te parle aussi de paix et d'amour dans le Nouveau testament, pourtant, il a des déclarations belliqueuses ( Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l'épée)...Et même Wonder Woman se réalise, devient ce qu'elle est à travers la guerre, donc qu'elle viennent pas dire la guerre, c'est pas bien, plutôt la paix. La guerre et la paix sont dissociables. Comme le dit le général allemand dans le film, la guerre révèle la grandeur de l'homme et il a raison. Sinon, on ne serait pas autant fasciné par les récits guerriers etc...Ces exemples que j'ai pris de la réalité, de l'histoire ou des mythes, montrent que la guerre ne se réduit pas au bien/mal et à l'amour/haine, que c'est bien plus complexe que ça, ça n'a même rien à voir. Et cette complexité, Wonder Woman ne la montre pas.
    • Louis T.
      Mon ami, pas un moment tu n'as donné l'impression de te remettre en question. Sauf ton respect, ta vision des choses me semble formatée.Je te prierai de bien vouloir considérer ceci :- la femme n'est pas inférieure, elle est complémentaire, et à tout moment l'homme doit se rendre compte que s'il a un jour trouvé la femme inférieure parce qu'elle était moins apte qu'eux à tirer la charrue à la place des boeufs, elle a peut-être pensé exactement la même chose d'eux, sur d'autres plans difficiles à exprimer sous les coups- on lui a enlevé tous les droits (le vote, le travail, la conduite !), même aujourd'hui il existe encore des pays où elles n'en ont aucun ou presque aucun, là tu fais un déni de réalité hallucinant, parce que tu refuses d'accepter le fait que oui, les femmes ont été victimes de la domination sans cervelle des hommes pétris dans leurs certitudes et leur fierté, et quand tu parles de l'Odyssée ou de l'Illiade, tu fais référence à des oeuvres où la place de la femme est celle de tentatrice ou d'objet- le féminisme ne veut pas nier l'existence des différences, mais elles ne justifient pas qu'on traite qui que ce soit comme inférieur, si tu as compris le concept que je t'ai expliqué de complémentarité ; au vu de l'effrayante perception que tu as des femmes, je pense que tu n'as vraiment rien compris à tout ce que j'ai essayé de t'expliquer, car il ne s'agit pas de faire comme des social justice warriors, il s'agit de restaurer l'image de la femme comme étant l'égale des hommes, malgré ses différences, et que tout ce qu'elle fait de différent, ne justifie pas qu'on lui donne des ordres, qu'on la considère comme juste bonne à enfanter ; chacun a des choses à apprendre de l'autre, mais au vu des millénaires passés à écouter les hommes, il est normal que le féminisme soit craint et incompris ou que certaines féministes se montrent trop violentes et amoindrissent l'efficacité de leur message- comme on laisse les femmes enceintes s'asseoir dans le bus parce qu'on est civilisés, on n'envoie pas les femmes enceintes à la guerre, et on est suffisamment évolués pour comprendre que ce n'est pas de leur faute et qu'on doit les discriminer violemment pour cela, on prend ce fait en compte comme n'importe quelle autre donnée et on avance- pourquoi elles n'ont pas réclamé l'égalité plus tôt ? C'est une blague ? Va parler d'égalité à M. Muscle-au-hachoir qui t'attaque en bande pour te découper le clitoris ! - Mais l'amour dont parle Wonder Woman n'est pas niais ! Revois le film, comprends la chose : le monde est réduit en cendres par des hommes avides qui envoient des soldats mourir et tuer à leur place, et Diana agit en tant qu'ambassadrice d'un monde en paix où les généraux se battent aux côtés de leurs semblables. Elle pensait qu'ils étaient corrompus, mais Trevor lui révèle que c'est peut-être simplement dans leur nature, et malgré cela, ils sont encore capables de faire les bons choix. Quand Trevor lui dit qu'elle pourra sauver le monde, c'est parce qu'elle en a le pouvoir physique certes, mais aussi parce que l'espoir qu'elle incarne et l'amour qu'elle est prête à donner permettra de rétablir l'équilibre entre les peuples, que si chacun croit en cette idée de complémentarité, de collaboration, la guerre perd tout son sens. Et à moins de se sentir vraiment concerné, les choses ne changent jamais, et on traite tous les gens qui parlent d'amour de rêveurs (je dis bien on, pas tu, hein ?), ou bien on ne leur apporte du crédit que si on en parle d'une façon exagérément compliquée et abstraite, comme pour se distancier du fait que l'amour est un concept simple et basique de la vie - qui, certes, peut aussi être bien plus complexe, mais pas toujours.MadRom, aussi sûrs sommes-nous de nos positions, l'un l'autre, je te remercie d'avoir accepté un échange courtois, et je te prie d'excuser quelques envolées passionnées par moments. Tu 'as fait découvrir un point de vue intéressant, malgré que je sois en désaccord avec ce dernier. Je lirai ta réponse avec plaisir, mais si je me rends compte que la découverte n'est pas réciproque, je me réserverai le droit de ne pas poursuivre la discussion.
    • MadRom
      C'est pas une question d'être fière mais de dire que c'est comme ça et qu'il faut arrêter de porter des discours morales là ou il y en a pas... La guerre a forgé nos civilisations, notre culture européenne, parmi les plus grands textes de la culture européenne, il y a l'Odyssée et l'Illiade, et c'est barbares, violents, guerriers... Je n'ai pas à dire que la guerre, c'est pas bien ou que c'est bien, c'est barbare, violent, horrible pour ceux qui l'a font mais ce n'est pas que ça.En quoi c'est injuste de considérer la femme inférieure quand justement la force et le sang froid étaient primordiale ? Tu as un vision victimaire de la femme, on lui a pas enlevé tous les droits, on l'a pas entravée, c'est juste qu'il y avait une distribution des rôles qui est différente et nécessaire, et c'était pour le bien de la société. Tout cela dépend des époques et des cultures, à Sparte, il y avait presque une égalité entre l'homme et la femme, et on était dans l'antiquité, au Moyen Age, la femme était beaucoup plus libre qu'on ne le pense. C'est surtout lorsque les sociétés se sont industrialisées en XIXème siècle et qu'il y a eu l'essor du capitalisme qu'on a cloîtré la femme à la maison. Et je te signale que, maintenant que le femme travaille en France depuis les années 60, il y a eu divorce de masse, destruction de la famille (causé par l'idéologie progressiste), perte de repère des gosses etc... Bonjour l'évolution de la société...Et il y a des tas de raisons de ne pas être réjoui par cette vision que tu défends , de cette obsession de l'égalité entre l'homme et la femme qui vise à abolir toutes formes de différences entre eux alors que c'était ces mêmes différences qui assuraient leur complémentarité.Parce qu'entre être traitées comme des sous-humains et se battre pour leur vie, je pense que bon nombre de femmes auraient opté pour la deuxième optionBizarre alors pourquoi n'ont-elles pas réclamées l'égalité plus tôt ? Encore une fois, c'est parce qu'elles savaient très bien qu'elles n'avaient rien à y gagner, faut arrêter l'hypocrisie. C'est facile de demander l'égalité maintenant qu'on vit dans une société de confort. Et le problème, c'est que quand les hommes sont opprimées, ils finissent par se révolter, la femme ne s'est jamais vraiment révolter contre l'homme. Et tu restes toujours dans des considérations morales, genre on considérait la femme comme des sous humains, non, on considérait la femme comme un femme et une femme n'est pas un homme, il n'y pas que des constructions sociales qui régissent leurs différences.Quand elle faisait quelque chose de grand, on la respectait. On ne sait jamais moqué de Jeanne d'Arc, de la Reine Elizabeth, de Marie Curie et j'en passe.Mais imagine deux secondes la femme appelé à faire la guerre comme l'homme : lorsque t'es appelé sur le front, on te demande pas ton avis, t'y vas, tu fais comment si ta femme tombe enceinte et qu'elle est contrainte de partir à la guerre ? Voilà, rien que ça, c'est un problème. Il faut bien comprendre que le femme ne peut pas forcément faire les mêmes choses que l'homme, surtout en des temps où la science et la technologie rendaient tout difficiles. Que même sur le plan psychologique, elle est différente, qu'elle pense différemment de l'homme etc...Sauf qu'aujourd’hui, on veut tout gommé, toutes différences est une inégalité...Tu es de mauvaise foi, je n'ai jamais dit que l'amour, c'était niais, je l'ai même précisé dans mon précédent commentaire. Sauf qu'il y a une manière d'en parler. Et c'est justement parce qu'Wonder Woman a été préservée de la guerre et de la réalité de l'homme, qu'elle est capable de te sortir un truc aussi niais que seul une gamine pourrait sortir, des trucs aussi déconnecté de la réalité. Comme je l'ai dit, il y a des tonnes d’œuvres qui parlent de l'amour mais qui le font pas de manière aussi niaise.Et Wonder Woman est là pour rappeler que malgré le rôle que les hommes ont donné aux femmes au cours de l'Histoire, leur importance a toujours été équivalente à celle des hommes. Tout le monde a eu un rôle à jouer. Ca ne veut pas dire que les choses n'auraient pas pu être autrement.Bah j'ai jamais dit le contraire, bien sûr que la femme a eu un rôle, mais son rôle n'était pas de faire la guerre et de nous balancer des trucs bisounours en brandissant l’épée. C'est réduire la femme a des niaiseries encore une fois. Et oui les choses n'auraient pas pu être autrement, quand tu vois qu'à travers toutes les époques et les civilisations, le symbole du pouvoir a toujours été celui du phallus, tu te dis qu'il n'y a pas énormément de possibilités d'organiser une société, tout du moins à ses débuts.
    • Louis T.
      Mon ami, l'entrave de la femme, c'était l'homme. Et l'entrave de l'homme, c'était également l'homme. C'était un temps où la barbarie décidait de tout. Te sens-tu vraiment fier de ça ? Ne te sens-tu pas soulagé de vivre dans un monde où sciences et technologies rendent les différences d'aptitudes physiques entre hommes et femmes négligeables ? A cause des ces différences physiques, l'homme considérait la femme comme inférieure, et, par conséquent, entravait tous ses droits. Alors oui, bien sûr que oui, c'est injuste. Que les hommes se battent et meurent ne leur donne pas plus de légitimité que les femmes pour décider de leurs propres vies. Toutes les justifications que tu donnes aux hommes proviennent déjà d'un clivage causé par leur phallocratie. Et ce n'est pas pour les diaboliser que je dis ça ; c'est juste la réalité, celle-là même dont tu me parles. Parce qu'entre être traitées comme des sous-humains et se battre pour leur vie, je pense que bon nombre de femmes auraient opté pour la deuxième option, surtout à partir du moment où les guerres ne se faisaient plus à coups de gourdin. Des fines tireuses comme Annie Oakley ou Calamity Jane, ça ne te dit rien ? N'y avait-il pas d'archères compétentes au moyen-âge ? Ah, on ne le saura pas, puisqu'on leur interdisait l'art de la guerre. Peu importe de qui on parle, on devrait toujours lui laisser le choix de son avenir.Ben si, tu trouves ça niais, puisque tu penses que l'amour n'a pas sa place à la guerre. Tu ne comprends pas ce que c'est. Oui, j'imagine bien Batman dire je crois en l'amour. En revanche je n'imagine personne dire oué je crois en l'amour parce que c'est dit avec bien peu de respect envers le concept, pareil pour le pouvoir de l'amour. Quand Wonder Woman en parle, elle le fait avec sérieux, parce que c'est un sujet qui l'est, mais toi tu as tout de suite refusé la réflexion parce que pour toi, l'amour, c'est cucul, c'est nunuche, c'est pour les bisounours. Et ce n'est pas aux soldats qu'elle en parle, c'est à Arès, le dieu de la guerre, qui a une vision terrible des choses. L'amour n'a pas de limites, tout comme la haine ou la rage n'en ont pas. On peut les retrouver partout. Bien sûr, lors des combats, les certitudes des hommes volaient en éclats, allant jusqu'à remettre en question leur propre humanité, à oublier les principes fondamentaux de compassion, d'empathie et d'amour. Mais un soldat qui subit les pires horreurs ne pensera-t-il pas à quelqu'un qu'il aime lorsqu'il en aura l'occasion ? Les poilus n'envoyaient-ils pas des lettres à leurs proches, n'en recevaient-ils pas ?Tu me demandes pourquoi seules les femmes pourraient parler d'amour, mais c'est précisément parce qu'elles ont été davantage préservées de la guerre et des atrocités. Elles sont donc plus à-même de rappeler aux hommes ce que c'est que de vivre, d'aimer. Tu as raison de parler de faits. Et Wonder Woman est là pour rappeler que malgré le rôle que les hommes ont donné aux femmes au cours de l'Histoire, leur importance a toujours été équivalente à celle des hommes. Tout le monde a eu un rôle à jouer. Ca ne veut pas dire que les choses n'auraient pas pu être autrement. S'il y avait eu autant d'hommes que de femmes au front et hors du front, ça n'aurait pas changé les rôles des soldats et des non-soldats, mais on n'aurait jamais pu affirmer la suprématie de l'un sur l'autre. Et si on devait empêcher les filles d'avoir des modèles super-héroïnes sous prétexte qu'il n'y en a pas eu dans l'Histoire et qu'elles ne peuvent pas aspirer aux mêmes choses qu'aux hommes, alors on ferait tout, sauf encourager l'évolution de la société.Enfin ça devient très laborieux tout ça, tout ce que je veux dire, c'est que nous devrions tous accepter de remettre nos certitudes en question de temps à autre, histoire d'apprendre des choses sur nous-mêmes et sur le monde qui nous entoure. Wonder Woman est un film qui m'a énormément parlé, je suis navré qu'il n'en ait pas été de même pour toi. Je peux t'affirmer que tu as mal jugé la façon dont il parle de l'amour, parce que tu en as une perception bien particulière, de même que de la guerre. Ca ne veut pas dire que celle qu'on t'a proposée n'a aucune valeur, elle est juste basée sur une perception différente.
    • MadRom
      Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'héroïnes dans notre monde, et elles ont d'autant plus de mérite d'être parvenues à entrer dans l'Histoire en ayant tant d'entravesParce que tu crois que pour les hommes, des entraves, il n'y en avait pas ? Qu'Alexandre le Grand est devenu ce qu'il est d'un claquement de doigt ? Pareil pour Napoléon ? C'est pas une question de difficulté à être une héroïne pour les femmes, juste que les héros se sont inscrits très souvent dans la guerre et que, par simple distribution des rôles, les hommes étaient plus aptes à la faire.ça ne fait que prouver un peu plus à quel point il est nécessaire de dire que c'est injuste !En quoi c'est injuste ? Encore une fois, la plupart des héros se révèlent dans la guerre, pour un seul héros, t'as des milliers, des centaines de milliers, voir des millions d'hommes qui se font défoncer la tronche... C'est sûr qu'on a été injuste en épargnant aux femmes la guerre....C'est ça qui m’énerve avec le discours féministe, on a l'impression que d'un côté, t'as la pauvre petite femme qui subit des injustices et de l'autre, l'homme qui a tous les privilèges... Quand les hommes faisaient la chasse et la guerre et que c'était une véritable boucherie, tu entendais moins les féministes s'offusquer de l'inégalité entre l'homme et la femme...Le fait que tous les héros soient des hommes a coûté énormément de sacrifices, donc faut arrêter de dire c'est injuste. C'est comme ça, c'est tout.Tu te rends quand même compte que Wonder Woman vient te parler de l'amour à des soldats qui n'en avaient rien à cirer (là c'est un film, un blockbuster, donc pas la réalité) ? Ils voulaient juste rentrer chez eux et les dirigeants ne faisaient pas la guerre pour l'amour et la haine, ils le faisaient par intérêt. Je n'ai rien contre l'amour, je ne l'associe pas à de la niaiserie et oui, l'homme et la femme sont complémentaires, mais qu'est ce que ça vient faire durant la première guerre mondiale ? Là, c'est ça qui est ultra niais, me parler du pouvoir de l'amour alors que le contexte n'a rien à voir, qu'il y a des millions de morts, que c'est une boucherie sans nom et l'autre te sort tout un machin sur l'amour, t'es soldat, t'as juste envie de lui en mettre une. C'est ridicule. Imagine même un autre super héros, genre Batman, te sortir oué je crois en l'amour... Et le fait que ce soit une femme ne lui autorise pas à sortir des trucs pareil. On est en guerre, t'as déjà vu un soldat te parler du pouvoir de l'amour ?Et puis bon, le bien et le mal, c'est bon pour les gosses, là, j'aimerais bien savoir pourquoi les allemands sont représentés comme étant le mal... C'est tous des enfoirés sans coeur dans le film, c'est un parti pris insidieux. Le pire, c'est que même le général allemand là dit des choses plus intelligentes que Wonder Woman...En quoi seule une femme pouvait parler de l'amour ? Surtout si pour sortir des débilités... Il y a des romans, des films qui viennent te parler de l'amour, de la complémentarité de l'homme et de la femme, de la complexité de ce sentiment, et qui en parlent très bien, bien mieux que ce Wonder Woman...Le nouveau testament, ça te parle de l'amour du prochain, et ce n'est à aucun moment niais.
    • Louis T.
      Oui mais s'ils ont marqué l'Histoire, c'est aussi parce qu'il était beaucoup plus difficile pour les femmes d'occuper des postes importants ou d'acquérir de l'influence à cette époque. Evidemment qu'il y a plus de héros masculins, étant donné qu'il était plus aisé pour eux d'y parvenir. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'héroïnes dans notre monde, et elles ont d'autant plus de mérite d'être parvenues à entrer dans l'Histoire en ayant tant d'entraves. En bref, s'il est purement logique que le nombre de super-héros masculins de nos jours reflète le nombre de héros masculins dans l'Histoire, ça ne fait que prouver un peu plus à quel point il est nécessaire de dire que c'est injuste ! Car si c'est le reflet de la réalité, c'est aussi un reflet du masculinisme de la société. Et d'accord, c'est du féminisme, mais c'est aussi la réalité, c'est donc aussi une prise de conscience.Tu as mal compris le concept de l'amour. Depuis quand l'amour nous empêche de tuer ? Ce n'est pas tout le monde est beau et gentil, c'est juste l'idée de complémentarité des différences. Plutôt que de détruire ce qui est différent, il faut faire l'effort de voir ce que ça peut nous apprendre, et inversement. [SPOILER] Wonder Woman pensait que les hommes étaient contaminés par Ares, et une fois qu'elle comprend que le mal est dans leur nature, elle se dit que ce monde ne la mérite pas ; on peut voir dans ce choix un féminisme agressif, celui de se dire que l'homme est sans espoir et que la femme est trop bonne pour lui, qu'elle est supérieure. A cet instant elle est donc très vulnérable, et Arès en profite pour essayer de lui faire croire qu'il vaut mieux tous les tuer, ce qu'elle refuse après avoir compris la valeur de l'amour, c'est à dire, rétablir la parité entre les hommes et les femmes. [/SPOILER] Ensemble, homme et femme forment un tout, et s'il y a un déséquilibre entre les deux, alors les choses tournent mal. Ça ne veut pas dire que tout le monde est récupérable, ça ne veut pas dire qu'il ne faut tuer personne ; prôner la complémentarité des différences est un combat comme un autre, qui nécessite - en premier lieu, d'ailleurs - de restaurer la foi en l'amour. De faire comprendre que ce n'est pas de la faiblesse, de la niaiserie, que c'est un concept primordial qu'on malmène, en taxant les gens qui y croient de naïveté ou de faiblesse.En d'autres termes, le combat de Wonder Woman est très pertinent, et je trouve que le féminisme pacifique de ce film est le meilleur message d'espoir que l'on puisse transmettre aux jeunes filles, mais aussi à tout le monde. Et seul un film réalisé par une femme, avec un personnage féminin en rôle titre, pouvait délivrer ce message sans être taxé d'hypocrisie.Voilà pourquoi ce film est important, selon moi.
    • A88Miles
      Enfin il y a encore beaucoup de différences sociales entre les femmes et les hommes qui sont le résultat de cette société patriarcales et ça même en occident. La cause féministe en occident est encore loin d'être futile.
    • Bacta142
      Tapez sur Google et vous trouverez sans doute des tas de cas concrets et articles sur le sujet. J'en ai trouvé moi-même donc vous devriez en trouver.
    • ScaarAlexanderTrox
      Je vous en prie, riez. Et je m'excuse de ne pas vous rassurer, pas mal de femmes s'y sont mises, vous n'avez qu'à vous renseigner (Christina Hoff Sommers étant l'une d'entre elles). Moi, j'aimerais bien avoir des faits concrets étayant vos propos (ceux selon lesquels une femme n'est concrètement pas payée la même somme qu'un homme à un poste parfaitement similaire) plutôt que des poncifs sur l'horrible sexisme de l'homme moyen... ^^
    • ScaarAlexanderTrox
      Je n'ai pas nié les effets néfastes du patriarcat sur la condition féminine, ce serait insensé. Je rappelais simplement que ledit patriarcat ne ressemble plus à grand chose aujourd'hui car l'ordre traditionnel des sociétés a été atomisé par les idéologies progressistes (sociale ou libérale)(phénomène dont profite amplement le capitalisme, qui est l'opposé du patriarcat, faut-il rappeler parfois aux antifas un peu lents), et que tout ce que fait le féminisme aujourd'hui, c'est s'acharner sur un gars bien à terre.Et il ne faut cependant pas non plus oublier que les immoooondes sociétés patriarcales occidentales sont celles qui ont permis, contrairement à toutes les autres sociétés humaines, l'éclosion de ces mouvements féministes. Je reviens donc à l'importance de définir son ennemi, comme disait Carl Schmitt.
    • Bacta142
      démonté méthodiquement par bien de brillants esprits aux USA Laissez-moi rire! Rassurez-moi, ce sont des hommes, ces grands esprits?.. Et même si l'écart est peut-être moindre aux USA (le critère de réussite y étant de moins en moins déterminé par le sexe ou la couleur de peau), en France, c'est pas encore ça, le sexisme étant encore bien présent! Bref, cet argument n'a aucune valeur, d'autant qu'il existe des tas d'exemples concrets chez nous de ce que j'avance.
    • ScaarAlexanderTrox
      Vous avez une étude, pour l'écart salarial ? Ce que je sais, c'est que ce truc a été démonté méthodiquement par bien de brillants esprits aux USA. Ici, j'ai constaté un écart de revenus annuels dans les quelques rapports que j'ai pu lire, mais de SALAIRE pour un même poste ? Le capitalisme se foutant par essence du sexe ou de la couleur de peau (ça rapporte = c'est welcome), si les femmes coûtaient moins cher aux employeurs pour le même job, ces derniers n'emploieraient qu'elles.Concernant WW, indéniablement, le film est une première pour les raisons que vous avez évoquées. Mais dans le fond ? Je ne sais pas si votre positionnement va de pair avec une défense du film en lui-même, mais à mes yeux, la montagne a accouché d'une souris. Tout ce que j'ai vu, dans ce film dénué de personnalité comme la plupart des blockbusters hollywoodiens, c'est 1) l'illustration prévisible que les réalisateurs se font écraser par les gros studios, qu'ils soient femmes ou hommes ; 2) l'héroïne supposément bad-ass disant le plus sérieusement possible qu'elle croit en l'amour lors du climax hautement grand-guignolesque (Oscar du moment le plus tarte de l'histoire du film d'action récent), 3) une méchante laissée totalement en plan alors que c'était une FEMME et qu'il y avait moyen de faire quelque chose d'intéressant de ce côté... bref. Rien de bien glorieux, même au rayon éloge de la femme.
    • A88Miles
      Le patriarcat a toujours été l’ennemi du féminisme contre lequel les féministes se sont toujours battu (la discrimination des femmes par rapport aux hommes vient du patriarcat), ce n'est pas nouveau. Après c'est sur que certains partisans abusent, font n'importe quoi et donne une image dégradante du féminisme mais il faut pas mettre le féminisme en cause, juste certains de ses partisans qui font beaucoup de bruit, dans l'ensemble le féminisme est une cause juste et la société en encore besoin même en occident, le combat de la femme est encore loin d'être gagné, il y a encore beaucoup d'injustice sociales au sujet des femmes même si c'est certain que le statut de la femme a énormément évolué.
    • Bacta142
      Ce film n'a rien de révolutionnaire chez nous, mais c'est quand même le premier film de super-héroïne depuis un moment et surtout le premier qui pourrait marcher au box-office. Et si, le féminisme est encore utile en Occident, pour réduire les écarts de salaire entre sexes pour un même poste par exemple, ou pour combattre certains comportements sexistes inacceptables (tel que le harcèlement de rue, encore bien présent).
    • ScaarAlexanderTrox
      J'insinue ce que j'ai écrit. Je peux développer, en revanche : le mouvement est devenu davantage toxique que bienfaisant dans les démocraties libérales occidentales, leur lieu de naissance, où tous les grands combats ont été remportés, mais où la logique de préservation de tout mouvement (= même si on n'a plus aucune utilité, il faut bien qu'on crée artificiellement des problèmes pour justifier notre existence) a prévalu. Là où le mouvement n'est pas une dérive inutile, c'est en Afrique ou au Moyen-orient, c'est-à-dire là où aucune féministe grande gueule de plateau télé n'irait mener un combat VRAIMENT utile. Mais dire cela ne fait pas de moi un féministe ; juste un gars qui apprécie qu'on ne traite pas les femmes comme des sacs poubelles, des esclaves ou des punching balls. Si je vivais aux USA du XIXème siècle, je défendrais certaines idées étatistes et centralisatrices, mais ça ne ferait pas de moi un socialiste... Regardant Wonder Woman, qu'on en fasse quelque chose de révolutionnaire au Pakistan, c'est parfaitement compréhensible, mais chez nous, c'est de la chouinerie dans la pure tradition des identity politics américaines.
    • Bacta142
      Tu insinues quoi? Que le féminisme est devenu une dérive inutile?.. La preuve que non puisque sur une autre news beaucoup font de ce film un étendard pour défendre le droit des femmes face à son boycott dans certains pays...
    • ScaarAlexanderTrox
      Sauf à partir du moment où le combat ne se résume plus qu'à la dérive.
    • ScaarAlexanderTrox
      Assurément, entre les féminismes libéral, marxiste, radical ou encore différentialiste, il y a des mondes. Mais le féminisme dominant, celui dit de troisième vague, n'a rien à voir avec celui qui a donné aux femmes le droit de vote, le compte en banque, ou la pilule. Il est toxique et son association dogmatique à la gauche libérale le conduit à des énormités comme manifester au côté de fondamentalistes musulmans, au nom des minorités (parce que c'est bien connu, femme = minorité), contre un patriarcat-épouvantail. Ce n'est qu'un exemple.
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