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    Léa Seydoux : retour sur sa riche année 2021, de Tromperie à James Bond
    29 déc. 2021 à 09:30
    Maximilien Pierrette
    Journaliste cinéma - Tombé dans le cinéma quand il était petit, et devenu accro aux séries, fait ses propres cascades et navigue entre époques et genres, de la SF à la comédie (musicale ou non) en passant par le fantastique et l’animation. Il décortique aussi l’actu geek et héroïque dans FanZone.

    Sorti ce mercredi 29 décembre dans nos salles, "Tromperie" vient conclure la belle année 2021 de Léa Seydoux, qui l'aura vue explorer différents univers, de James Bond à Arnaud Desplechin en passant par Wes Anderson.

    La pandémie ayant aussi impacté le monde du cinéma, avec arrêts de tournages et fermetures des salles à la clé, bon nombre de films prévus pour 2020 sont sortis en 2021. Et certains acteurs ont ainsi été omniprésents, comme Benedict Cumberbatch côté anglo-saxon. Ou Pierre Niney en France. Sans oublier Léa Seydoux, vue à l'affiche de quatre longs métrages.

    Tromperie
    Tromperie
    Sortie : 29 décembre 2021 | 1h 45min
    De Arnaud Desplechin
    Avec Denis Podalydès, Léa Seydoux, Emmanuelle Devos
    Presse
    3,6
    Spectateurs
    2,4
    Voir via MyCanal

    Dont trois auraient dû sortir l'an dernier, car tournés avant le premier confinement, comme l'actrice le précise dans une interview donnée aux Inrocks en cette fin d'année 2021. Un exercice qui l'aura vue osciller entre blockbuster mondial et films d'auteur en français et anglais, faire ses débuts chez Bruno Dumont ou retrouver Arnaud Desplechin avec Tromperie.

    Alors que ce très beau film adapté du roman de Philip Roth sort dans nos salles, retour sur l'année 2021 de son actrice principale.

    DE TROMPERIE A JAMES BOND : LA RICHE ANNÉE 2021 DE LÉA SEYDOUX

    TROMPERIE

    Sorti le 29 décembre Ses films de 2020 ayant été repoussés, la dernière apparition de Léa Seydoux sur grand écran remontait donc à août 2019 et la sortie de Roubaix, une lumière. Déjà sous la direction d'Arnaud Desplechin, qui a immédiatement refait appel à elle pour Tromperie, son adaptation du roman homonyme de Philip Roth, dans laquelle elle donne la réplique à Denis Podalydès, alter ego de l'écrivain américain. Dans ce film découpé en chapitres, Léa Seydoux incarne "l'amante anglaise" du personnage principal. L'une des femmes de la vie de ce dernier. Si elle n'est pas présente dans tous les segments, les siens sont parmi les plus mémorables. Grâce à sa sensualité, son alchimie avec Denis Podalydès (pourtant peu évidente sur le papier) et sa manière de s'emparer des mots de Philip Roth sous le regard d'un Desplechin dont la mise en scène est pleine d'énergie. Le cinéaste concrétise ici un projet de longue date, dont on retrouvait déjà les prémices dans les bonus DVD de Rois & Reine avec Emmanuelle Devos (présente au casting du film). Encouragé par Philip Roth lui-même, il a d'abord songé à une version théatrale portée par Denis Podalydès, et tout a changé pendant le confinement : "Quelque chose en moi s’est débloqué", explique-t-il dans le dossier de presse. "J’étais enfermé comme le personnage de Philip dans son bureau. J’étais très heureux de travailler ainsi reclus. Et l’aspiration à la liberté des personnages a pris une tout autre résonance."

    THE FRENCH DISPATCH

    Sorti le 27 octobre Comme Tromperie avec Arnaud Desplechin, The French Dispatch marque la seconde collaboration de Léa Seydoux avec Wes Anderson, après The Grand Budapest Hotel. Le réalisateur américain réunit, une fois de plus, un casting pléthorique pour ce long métrage tourné en France. Et la comédienne est parmi les premières à apparaître, nue comme en ver et en noir et blanc. Au cœur du premier des trois segments que compte The French Dispatch, Léa Seydoux incarne Simone, gardienne de prison qui joue les modèles pour l'un des prisonniers, à qui Benicio del Toro prête ses traits. Un rôle relativement court dans ce film à sketches choral, mais assez long pour nous rappeler les talents de directeur d'acteurs de Wes Anderson, et l'aisance de la comédienne à évoluer dans son univers. Comme elle le souligne dans une interview donnée aux Inrocks, au sein de leur dernier numéro en date, les deux films consécutifs de Léa Seydoux qui arrivent dans nos salles opposent deux manières de jouer. Car là où Tromperie repose énormément sur le texte, son rôle dans The French Dispatch s'appuie sur très peu de dialogues et, conjugué à la photo en noir et blanc de son segment, renvoie au cinéma muet.

    MOURIR PEUT ATTENDRE

    Sorti le 6 octobre Encore une histoire de retour et de deuxième essai. Déjà présente dans 007 Spectre, Léa Seydoux est la première James Bond Girl de l'Histoire de la saga à enchaîner deux épisodes consécutifs. Et dans le même rôle : celui de Madeleine Swann, pour qui l'agent secret britannique était prêt à remiser le smoking au placard à la fin de l'opus précédent. Jusqu'à ce que leurs passés respectifs ne les rattrapent. Après avoir concentré bon nombre des critiques émises contre 007 Spectre, Léa Seydoux n'a de nouveau pas fait l'unanimité. Mais force est de constater que son personnage est mieux écrit et que, sans atteindre celle qu'il avait avec Eva Green dans Casino Royale, son alchimie avec Daniel Craig est un poil plus tangible. Avec un rôle central dans le dernier chapitre bondien du comédien, qui lui permet de faire ressortir l'humanité et les failles qui font le succès de sa version du personnage depuis 2006. Premier gros blockbuster repoussé au moment de la pandémie (peut-être parce que, comme Léa Seydoux le rappelle dans les Inrocks, son intrigue sur fond de virus mortel était trop proche de ce que nous vivions), Mourir peut attendre boucle la boucle avec style et émotion. Jusqu'à l'arrivée du raz-de-marée Spider-Man No Way Home, c'était même le plus gros succès de l'année en France, et le film américain ayant rapporté le plus d'argent dans le monde. Des adieux réussis donc.

    FRANCE

    Sorti le 25 août Cette fois-ci, il s'agit d'une première. Car jamais Léa Seydoux n'avait tourné sous la direction de Bruno Dumont, peu habitué à diriger des stars jusqu'à Camille Claudel, 1915, emmené par Juliette Binoche. Avec France, le réalisateur de Ma Loute s'attaque au monde des médias. Mais pas que. Car comme le résume très bien le (bref) synopsis, le long métrage est aussi le portrait d'une femme, journaliste, et celui d'un pays. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si le personnage principal s'appelle France. Toute ressemblance avec des situations ayant eu lieu est donc innocente, et Bruno Dumont s'est même amusé, dans ces médias qu'il brocarde, à entretenir le flou sur les conditions de la participation d'Emmanuel Macron dans une scène de conférence de presse, en réalité tournée avec des images d'archive. Comme souvent chez lui, les personnages sont peu aimables et France De Meurs ne fait pas exception. Et si le film, son ton et son propos en ont désarçonné plus d'un, on finit pourtant par se prendre d'affection pour cette journaliste, lorsque la détresse se lit dans son regard. Peut-être parce que la quête de sens, l'un des sujets centraux de ce long métrage où Léa Seydoux révèle avoir tout donné, a revêtu beaucoup plus d'importance chez les spectateurs depuis le premier confinement.

    ET ENSUITE ?

    A défaut d'avoir pu s'y rendre, ayant contracté le Covid quelques jours auparavant, Léa Seydoux avait quatre films à Cannes en 2021. Et le dernier, L'Histoire de ma femme, réalisé par la cinéaste hongroise Ildiko Enyedi, sortira dans nos salles le 16 mars prochain. Mais la comédienne pourrait avoir plusieurs chances de revenir sur la Croisette en mai, car elle est également attendue au casting de Crimes of the Future de David Cronenberg et Un beau matin de Mia Hansen-Love. Voire, s'il est prêt, La Bête de Bertrand Bonello.

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