Ce film est présenté en Séance Spéciale au Festival de Cannes 2025 en hommage à Pierre Richard.
L’homme qui a vu l’ours qui a vu l’homme marque le grand retour à la réalisation de Pierre Richard. Ce dernier n’avait pas réalisé de film depuis 1997 et la sortie de Droit dans le mur.
Ce sont les habitants d’un village du Sud de la France, Gruissan (Aude), et dans lequel vit Pierre Richard depuis plus de quarante ans, qui ont été les sources d’inspiration de ce dernier pour le film. Il y a notamment eu son boucher fan de Johnny Hallyday, son garagiste qui fut ex-voleur et ancien perceur de coffres forts ou encore un patron de restaurant qui ingurgitait des côtelettes d’agneau par douzaines en chantant du Caruso à pleine voix.
Ce n’est pas un hasard si Pierre Richard a choisi de faire figurer un ours dans son film. En effet, l’un d’entre eux s’était échappé du zoo de Sigean, à trente kilomètres de son domicile. À cette époque, l’acteur et réalisateur n’était pas chez lui mais en Sibérie. Un jour, en allumant la télévision et en regardant France 24, il a constaté en regardant un reportage que l’animal en question s’était retrouvé sur son terrain ! Les autorités ont mis une dizaine de jours à attraper l’ours qui s’était caché dans une grotte.
Le film a été intégralement tourné à Gruissan, dans l’Aude, du 23 septembre au 8 novembre 2024.
C’est grâce à son amie Anne-Sophie Rivière que Pierre Richard a trouvé le ressort dramatique qui allait lui permettre de réaliser son film, à savoir le syndrome d’Asperger, représenté dans le film par le personnage de Michel incarné par Timi Joy-Marbot.
Une fois n’est pas coutume, Pierre Richard, en tant que réalisateur, pose un regard acerbe sur la société. Après les dérives de la publicité (Le Distrait – 1970) ou Je sais rien mais je dirai tout (1973), il s’indigne dans son nouveau film du désastre écologique qui menace de nombreuses populations, à commencer par celles vivant aux abords de la forêt amazonienne. Un écocide qu’il a d’ailleurs dénoncé à de nombreuses reprises dans les médias.
L’homme qui a vu l’ours qui a vu l’homme permet à Pierre Richard de diriger Gustave Kervern à qui il avait déjà donné la réplique dans le film Et si on vivait tous ensemble ? de Stéphane Robelin, sorti en 2011.
Au cours du tournage, Pierre Richard a complètement changé la fin de son film, que ce soit les dialogues, les décors, les situations et même la musique. C’est à la suite d’un rêve qu’il a fait dans lequel apparaissait le regretté réalisateur Jacques Rozier (avec qui il avait tourné Les Naufragés de l’île de la Tortue – 1974), que le cinéaste a décidé de tout changer. Fait amusant, ce dernier ne savait jamais ce qu’il allait tourner d’un jour à l’autre, quitte même à ne pas tourner du tout.
Il s’agit du premier rôle important de Timi Joy-Marbot, vu notamment chez François Ozon (Grâce à Dieu – 2018) et Xavier Gens (Sous la Seine – 2018). Il est le dernier acteur que Pierre Richard a vu pour le rôle de Michel. Ce fut une véritable évidence pour le cinéaste qui a été littéralement impressionné par son talent. Il avoue notamment qu’il n’a jamais dû lui redemander de faire une scène sur le tournage.