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2,0
Publiée le 24 juillet 2026
Une poule comme personnage principal, c'est le défi osé lancé par György Pálfi avec son "Kota" qui raconte donc l'histoire de cet animal livré à lui-même dans la nature après s'être échappé d'un élevage industriel. Le film prend à la fois la forme d'un road-trip et d'un récit d'émancipation avec cette poule qui a un objectif bien en tête. Pour pouvoir y arriver, elle va devoir surmonter de nombreuses épreuves qui prennent l'apparence d'humains ou d'autres animaux. Le réalisateur capte bien la cruauté du monde et de l'Homme. Si on voit une poule, et quelques humains en fond, l'histoire va évidemment au-delà puisqu'il est question de la crise migratoire et surtout de maternité. Malgré tout, ça reste un film sur une poule et on en fait vite le tour. Je trouve qu'un court-métrage aurait été un choix plus judicieux. C'est très bien filmé, et j'ai été surpris par le réalisme de certaines scènes, mais l'ensemble m'a plutôt ennuyé sur la durée.
Laisser les images raconter la vie d'un âne, Robert Bresson et Jerzy Skolimowski l'ont fait sans rechigner. Mais consacrer un long métrage à l'existence d'un gallinacé, cela dépasse un peu l'entendement, non ? Pas pour ce drôle d'oiseau de György Pálfi (Taxidermie), qui s'est sans doute dit : "Allez, roule, ma poule ! Il suffit de pondre un scénario idoine et de ne pas mettre ses œufs dans un même panier et le défi est jouable." Ma foi, le résultat est là pour prouver la pertinence du projet, quoique 90 minutes et des poussières constituent son extrême limite. Elle est bien sympathique cette Cocotte qui n'a de cesse de refuser la captivité, sauf quand la crête d'un beau coq l'incite à s'y résoudre, au moins pour un moment. Au-delà, bien entendu, notre poule, comme l'a été l'âne d'Eo, est d'abord un témoin, certes muet, mais qui semble n'en penser pas moins, des turpitudes humaines. Ici, l'action se passant en Grèce, c'est la manière de considérer et d'exploiter les migrants qui remplit la case bestialité. La leçon n'est pas nouvelle, mais elle mérite bien d'être répétée : oui, les humains traitent très mal les animaux, mais quand il est question de leurs frères et de leurs sœurs, ils n'agissent pas beaucoup mieux, hélas. La prochaine fois qu'un œil de poulette vous fixera de manière inquiétante, vous y penserez peut-être.
A l’image du film de Vincent Munier « Le chant des forêts » , les animaux sont également cités au générique de ce film anthropomorphique étonnant . Comme un vilain petit canard au milieu de tous ces poussins jaunes , puis de toutes ces poules blanches, Cocotte se distingue comme elle peut . Elle est surtout noire, et dans l’élevage industriel, on sait que le patron n’en voudra pas, on l’écarte ! Une chance, mais aussi un malheur au milieu de ce monde animal qui lui pose bien des problèmes. La nuit un renard la poursuit dans la supérette de la station essence : révolution et scène inoubliable. Au cœur d’une manif, elle en perd des plumes Et quand un chien s’empare de la bête c’est la main de l’homme qui prend le relais. Un transfert métaphorique qui nous conduit dans un monde très contemporain, d’une violence souterraine inouïe pour des trafics inhumains sans lendemain ... Le réalisateur filme à cœur ouvert les turpitudes d’un bas monde qu’une poule observe incrédule et terrifiée. C’est raconté parfois avec beaucoup d’humour et ça fait du bien
Le Hongrois György Pálfi ("Taxidermie") ne semble pas se faire beaucoup d'illusions sur l'âme humaine, et tout comme Jerzy Skolimowski avec son âne EO, il charge un animal de nous livrer un état des lieux forcément pas très glorieux. "Cocotte " est donc un film à hauteur de poule, dont les caquètements sont plus intéressants que les conn... qui sortent de la bouche des homo sapiens. Mais attention Pálfi est un cinéaste, un vrai, et il envisage chaque scène des (més)aventures de notre phasianidé comme une autre aventure : la sienne, face à la mise en scène.
Le réalisateur a joué le jeu au mieux (à part quelques trucages un peu grossiers) pour nous dérouler presque sans paroles toutes les aventures possibles de cette sympathique poule. Sur la fin le scénario s'appuie plus sur la vie d' ume "famille d'adoption" pour prendre un peu le relais de l'histoire. Un bon petit film au final qui réussit à éviter les longueurs même si peut-être qu'un court-métrage aurait été plus adapté.
La cocotte candide de Voltaire au royaume des humains .augmenté d'une réelle perf technique. ( J'espère que la poule va bien) .Philosophique et pertinent. De quel côté se trouve la véritable stupidité ? La poule ou l'homme ? L'un n'allant pas sans l'autre...
Un scénario original et une mise scène créative « à hauteur de poule ». le film raconte une vraie histoire humaine, actuelle et humaniste dans laquelle l’animal « intervient » a son corps défendant ! Film surprenant et attachant à la fois ! A voir !
Quel excellent casting, une poule, ses amies, et quelques coqs….plaisanterie sans conséquence. On va dire que l’originalité est l’intérêt de ce film….Qui n’a pas le talent de Quentin Dupieux, il faut en convenir….Je me suis impatienté au bout de quarante minutes de voir toujours la même poule dans des scènes répétitives et qui manquent franchement d’humour….L’intérêt du film en fait vient plus des quelques humains, qui vont croiser le chemin du volatile, pour le pire et le meilleur...un petit message politique sur les immigrants, sur la corruption, permet au spectateur de reprendre ses esprits, de s’extraire du monde des gallinacées, qui a je trouve quelque chose d’abrutissant….Manque d’humour , manque d’émotion, c’est pas mal, cela vaut une place au cinéma, mais je m’attendais à mieux.
Drôle de film que cet essai du Hongrois György Pálfi, qui tente la même prouesse que Jerzy Skolimowski dans EO : nous raconter les turpitudes de l'espèce humaine à travers un regard animal. Il s'agit ici d'une poule, alors que le Polonais donnait le premier rôle à un âne.
Le début du film est construit comme un survival. Notre valeureuse poule noire (c'est à sa couleur qu'elle doit à la fois sa survie et ses déboires) doit échapper à mille dangers une fois en liberté. Pêle-mêle : un renard, des véhicules lancés à pleine vitesse, une manifestation (!?), un marché, un chien.
Alors qu'elle trouve refuge auprès d'un vieil homme dans une taverne grecque à l'abandon, elle doit alors subir une vicissitude de plus : le viol du coq de la basse-cour, symbole de l'oppression millénaire du patriarcat gallinacé (et pas seulement).
Alors que le spectateur séduit, et en partie égaré, se demande où cette aimable fable va le conduire, le film prend une teinte dramatique à travers le sort de malheureux êtres humains, victimes d'un tragique concours de circonstances, initié par notre aimable volatile (joué par huit poulets différents, il faut le préciser).
Cocotte prend alors une tournure plus traditionnelle, et donc un peu moins intéressante, avant de virer à la tragédie grecque et de se terminer comme un film (très) noir.
Une expérience intéressante et un film hors du commun.
"Cocotte" assez bien noté par la critique est un drame animalier qui se regarde. Si le thème a déjà été traité avec plus de succès dans "EO" (2022), le cinéaste hongrois György Pálfi présente ici une histoire hors du commun. À travers le voyage initiatique d'une poule, le réalisateur met en lumière les travers de la société hongroise, évoquant la maltraitance animale, le banditisme et le trafic d'êtres humains dans une œuvre originale qui peut cependant se montrer répétitive.
Attention, OVNI cinématographique en provenance de Grèce! "Kota" suit dans un premier temps le road trip d'une poule qui vient de se faire la malle d'un élevage intensif. Devant composer en route avec la cruauté des autres animaux, elle parvient à se faire une place au milieu d'un ancien boui-boui. Avec des dialogues minimalistes (vous comprendrez pourquoi), ce film alterne sujets graves et moments poétiques avec une jolie bande-son. Il y a un vrai effort de mise en scène même si parfois on se lasse un peu de ces errements galliformes. Cependant, l'ensemble vaut quand même le coup d'oeil pour son côté novateur, même s'il survole certains côtés.
Choisir une poule comme personnage principal pourrait ressembler à une idée volontairement absurde ou à un simple exercice de style. Pourtant, Cocotte utilise cette apparente étrangeté pour déplacer discrètement le regard du spectateur. Là où beaucoup de récits installent l'humain au centre de tout, celui-ci adopte une trajectoire inverse et décide d'observer le monde à travers une présence presque invisible du quotidien.
L'histoire suit une héroïne inattendue qui quitte un environnement fermé pour traverser un territoire nouveau, fait d'obstacles, de découvertes et d'instinct de survie. Cette base pourrait évoquer une aventure familiale classique. Cependant, le récit avance progressivement vers autre chose. Derrière les déplacements, les rencontres et les situations parfois légères apparaît une observation plus discrète des comportements humains.
Le film possède une particularité importante. Il n'utilise pas les dialogues comme moteur principal. Les émotions passent par les mouvements, les regards, les rythmes de montage et le cadrage. Cette approche produit une sensation particulière. Le spectateur n'est pas guidé par des explications permanentes. Il observe, interprète et accompagne le personnage dans sa découverte du monde.
Cette proposition fonctionne aussi parce qu'elle parle à plusieurs générations simultanément. Les plus jeunes peuvent y voir une aventure immédiate, portée par une héroïne énergique et des situations visuelles facilement compréhensibles. Les adultes, eux, peuvent percevoir une autre lecture, plus discrète, presque en arrière-plan. Certaines scènes semblent alors interroger notre manière d'habiter le monde, notre rapport aux autres ou notre tendance à considérer certaines existences comme secondaires.
Sans chercher à délivrer une morale appuyée, Cocotte paraît surtout proposer un changement de perspective. Une invitation à regarder ce qui se trouve au bord du cadre plutôt qu'au centre de l'image. Parfois, déplacer légèrement l'angle de vue suffit à transformer complètement une histoire.
L’histoire d’une poule pas comme les autres. Elle rêve de couver et d’avoir des poussins mais cette mission va s’avérer périlleuse. Sa vie est romanesque, touchante. C’est un film original et radical très poétique. Un coup de coeur.