Autofiction
Note moyenne
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Momowebslm
Momowebslm

1 critique Suivre son activité

2,5
Publiée le 7 juin 2026
Voilà qu'Almodovar nous fait dans l'intello, film assez ennuyeux moins gai dans son style avec un pathos peu convaincant. Histoire brouillonne que l'on a vraiment du mal à apprécier pleinement. L'actrice principale est en revanche très bonne. film très moyen. Où sont passés les Volver ? etc.
L'Avant-Scène Cinéma
L'Avant-Scène Cinéma

8 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 juin 2026
Le titre français du nouveau film d’Almodóvar, qui a nécessairement été approuvé par le cinéaste, à force de proposer au spectateur le contenu strictement littéral du récit de ce film, parvient à une sorte d’ironie en miroir. Et donc c’est l’intention de l’artiste, et sa mise en œuvre, qui sont contenues à la fois dans la simplicité de ce mot Autofiction. On nous raconte l’histoire d’Elsa, dont on nous dit qu’elle se déroule en 2004. C’est une réalisatrice qui n’a fait que deux films sans être vraiment reconnue, qui s’est rabattue sur la publicité où elle gagne beaucoup d’argent. On insiste beaucoup sur ses douleurs physiques, sur une relation pas tout à fait passionnante avec un pompier stripteaseur. Avant de développer plus avant son histoire, on nous fait comprendre qu’elle est racontée par un cinéaste de 2026, Raúl, qui construit son scénario une fois que son assistante l’a planté après vingt ans de collaboration et de fidélité. Elsa comme Raúl pillent la vie de leurs proches pour fabriquer leurs narrations. Et, de façon assez surprenante, le film ne sera pas beaucoup plus compliqué que cela. Il faudra l’avoir vu dans son entier pour mieux sentir l’importance de cette nouvelle variation autour de thèmes déjà anciens dans l’œuvre du grand Manchego. Les récits en miroir, Cervantès chez lui et Diderot chez nous les pratiquaient déjà, l’intrication de l’ironie, de l’insolence, avec un sentimentalisme assumé, radical, bouleversant. L’évocation de plus en présente dans l’œuvre de la maladie, des atteintes du corps, de la vieillesse et de la mort. Les doutes sur la sincérité, la validité des amours et des amitiés. Une lucidité et une cruauté qui n’est jamais du cynisme. Et donc, sous l’apparente simplicité de cette Autofiction, Almodóvar atteint l’épure, le trait simple et décisif d’un cinéaste dont la puissance ne faiblit en rien avec le temps. Après la sublime complexité de Douleur et gloire (2019) et de Madres paralelas (2021), le cinéaste reprend sa proposition dépouillée de La Chambre d’à côté (2025), des femmes affrontant ensemble la douleur, le deuil, la fatalité, tout en renouant avec les heureuses ficelles du “film dans le film dans le film”. En tenant tout cela avec, façonné par cinquante ans d’expérience, un impeccable sens de l’harmonie.
traversay1

4 481 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 mai 2026
C'est depuis longtemps une marque déposée, Almodóvar, avec ses couleurs vives, ses allures de soap opera et ses femmes plus ou moins au bord de la crise de nerfs. Avec Douleur et gloire, le cinéaste espagnol avait osé se dénuder, avec panache et brio. Autofiction en est une fausse suite, avec mises en abyme et affres de la création, l'artiste se dévoilant en vampire des histoires de ses proches. Le refrain est un peu usé et la mise en scène pas mal absente d'Autofiction, qui n'est pas loin de tourner à vide et trop autour de la propre personne du réalisateur. Ce serait tout de même exagéré de prétendre qu'il n'y a pas de bonnes idées ni de belles scènes dans le film, mais disons que l'ensemble fonctionne couci-couça, en particulier l'histoire de la fiction qui se développe sous nos yeux, sans susciter d'émotion réelle, justement parce qu'elle se présente comme une réalité inventée. Toutefois, l'art de la direction d'acteurs et surtout d'actrices de Pedro Almodóvar ne risque pas de s'évanouir du jour au lendemain. La seule déception viendrait du grand Leonardo Sbaraglia, dont la comparaison avec Antonio Banderas ne lui est pas du tout favorable. En revanche, Bárbara Lennie est (comme toujours) lumineuse, Victoria Luengo, certes moins présente que dans L'être aimé, confirme combien son jeu peut se révéler subtil et enfin, Aitana Sánchez-Gijón délivre une prestation de grande envergure. Tant que Pedro, loin d'être proche du gâtisme, n'en déplaise aux mauvais esprits, saura donner des rôles étoffés à des femmes talentueuses, il n'y aura pas de raison de le bouder, même avec une inspiration en baisse, l'âge aidant. Et ne demandez pas ce qu'il a fait pour mériter ça.
ffred

1 988 abonnés 4 258 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 juin 2026
Nouveau film de Pedro Almodóvar, l’un des réalisateurs que j’attends toujours avec une ceraine impatience. Je n’avais rien lu ni entendu sur celui-ci, si ce n’est quelques échos plutôt mitigés. J’ai donc préféré me faire mon propre avis. Et au final, j’ai bien aimé.

Le film ressemble un peu à une suite spirituelle de Douleur et Gloire. C’est une belle réflexion sur la création, l’amitié et la loyauté, avec un scénario assez bavard, comme souvent chez Almodóvar, mais aussi plutôt malin. Il joue habilement avec la fiction et la réalité, le passé et le présent, le film dans le film.

La mise en scène est, comme toujours, très soignée et agréable. L’interprétation est également remarquable, avec des acteurs que je connaissais pas pour la plupart. A part les excellents Quim Gutiérrez, Rossy de Palma, Victoria Luengo, vue récemment dans le décevant L’Être aimé, et le très charismatique Patrick Criado.

Au final, ce n’est sans doute pas le meilleur film de son auteur, mais c’est un opus émouvant et nostalgique. Certes pas très gai, mais qui m’a fait passer un très agréable moment.
Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 mai 2026
Raúl (Leonardo Sbaraglia, acteur argentin à l'affiche également de Karma en sélection officielle à Cannes) est un réalisateur consacré que sa plus proche collaboratrice, Monica (Aitana Sánchez-Gijón), quitte alors qu'il est lancé dans l'écriture de son prochain film. Celui-ci, intitulé Amarga Navidad (Noël amer), du nom d'une chanson de Chavela Vargas, met en scène Elsa (Bárbara Lennie) une réalisatrice en couple avec un séduisant pompier (Patrick Criado), saisie de crises d'angoisse. Raúl s'inspire de la vie de Monica, dont une amie proche vient de perdre un enfant, pour construire le personnage d'Elsa.

Décidément les films projetés à Cannes  ces jours-ci se suivent et se ressemblent. "La Vénus électrique" mettait en scène, dans le Paris bohême des années folles, quatre artistes pris au piège de leurs mensonges et de leurs fantasmes. "L'Être aimé" se déroulait aux Canaries, sur l'île de Fuerteventura, où un réalisateur espagnol essayait de renouer le lien brisé avec sa fille aînée. "Histoires parallèles" interrogeait le lien entre fiction et réalité.

Comme "L'Être aimé", "Autofiction" est un film espagnol qui se déroule en partie aux Canaries, pas cette fois-ci sur Fuerteventura, mais juste à côté sur l'île volcanique de Lanzarote. J'ai déjà dit dans ma critique de "L'Être aimé", que la présence en sélection officielle de Sorogoyen et d'Almodóvar - où celui-ci concourt pour la septième fois - a des airs de passage de relais entre la jeune et la vieille garde du cinéma espagnol. Comme "Histoires parallèles", "Autofiction" creuse le thème de la création artistique, de ses limites autorisées, de sa relation avec la réalité, des répliques qu'elle provoque et des dommages qu'elle occasionne.

Selon la façon de les considérer, la succession de ces films, la répétition des mêmes thèmes créent un désagréable effet de redite ou au contraire un envoûtant sentiment de continuité. La séquence dans laquelle on les aura vus influera sur le regard qu'on portera sur eux. J'ai peut-être été trop indulgent avec le film de Fahradi. Je suis peut-être bien sévère avec celui d'Almodóvar.

Car le maestro espagnol sait encore y faire. Son vingt-troisième long métrage est tout aussi maîtrisé que les précédents. Ses décors sont toujours aussi parfaits. Si je devais me réincarner, j'aimerais que ce soit en vase à fleurs ou en canapé vert pomme d'un de ses films ! La musique d'Alberto Iglesias est toujours aussi envoutante. Le jeu d'acteurs est toujours aussi parfait, avec une mention spéciale à Bárbara Lennie.

Almodóvar n'a plus rien à prouver et peut tout se permettre. Aucun producteur n'aura le culot de s'opposer à lui. Peut-être le sait-il un peu trop et s'autorise-t-il une liberté qu'il ne se serait pas permise à l'époque de "Tout sur ma mère". Ici, sans fard, il se livre à travers son double autobiographique, Raul, dans l'intimité de sa splendide résidence madrilène, avec son compagnon, avec ses crises d'angoisse et ses emprunts revendiqués à la réalité. Le scénario du film et celui du film dans le film évoluent en fonction de l'inspiration du démiurge. Ils se terminent en queue de poisson, donnant la fâcheuse impression que le septuagénaire en avait marre et ne s'est guère donné de mal.
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 21 mai 2026
Présenté en compétition au Festival de Cannes, "Autofiction" suit un réalisateur en panne d’inspiration, qui décide d’utiliser le drame vécu par une proche collaboratrice pour nourrir son nouveau projet. La création artistique, l’exploitation du réel, le narcissisme des auteurs sont les thèmes de ce film qui ne décolle jamais vraiment. Là où Almodóvar savait autrefois transformer ses mélodrames en expériences vibrantes et excessives, "Autofiction" reste étonnamment froid et distant. Le lien avec "Histoires parallèles" de Asghar Farhadi, également présenté à Cannes en 2026, saute d’ailleurs immédiatement aux yeux. Les deux films explorent la frontière entre fiction et réel. Le casting est inégal avec des personnages sous-exploités. Visuellement, le savoir-faire d’Almodóvar reste intact. Les costumes dialoguent parfaitement avec les décors, les couleurs sont pensées avec précision et rappellent immédiatement l'esthétique du cinéaste.
velocio

1 538 abonnés 3 499 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 mai 2026
Enfin un film d'Almodovar qui, à part une scène de strip tease masculin lors d'un enterrement de vie de jeune fille, ne se vautre ni dans la provoc à 2 balles, ni dans l’esbroufe, ni dans l'exagération systématique. Alléluia, à 76 ans, Pedro Almodovar est enfin devenu adulte ! Et Bárbara Lennie, l'interprète principale du film, est toujours aussi excellente et aurait mérité le Prix d'interprétation féminine à Cannes !
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 7 juin 2026
Dans son dernier film, Pedro Almodovar propose une double mise en abyme, puisqu'il met en scène un cinéaste qui lui ressemble beaucoup, et qui lui-même écrit un scénario sur une réalisatrice qui lui ressemble.

Le sujet principal du film, c'est la faculté (le droit ?) qu'ont les créateurs de s'inspirer de personnages réels de leur entourage pour créer des fictions. Cela pourrait être intéressant, mais le procédé ne fonctionne pas réellement ici, pour trois raisons principales.

La première est qu'il faut attendre la fin du film pour que les véritables enjeux éclatent, et comme la première partie d'exposition est assez insipide, on s'ennuie légèrement. La deuxième est l'inconvénient de l'autofiction est ici bien anodin (il s'agit d'une vague ressemblance avec une amie de la secrétaire du cinéaste), surtout à l'aune de ce qu'on a pu connaître dans le microcosme français (pensons aux livres d'Emmanuel Carrère ou de Christine Angot).

La troisième est que le vertige narratif qui pourrait nous saisir n'existe pas, par manque d'imagination : on ne doute jamais de ce que l'on voit, le scénario ne ménage aucune surprise (par exemple des repentirs qui reprendrait l'histoire différemment). En bref, Almodovar semble avoir été un peu dilettante sur ce point.

Le résultat final est donc légèrement décevant en ce qui me concerne, manquant de jus et d'énergie. Notons toutefois le plaisir de retrouver les intérieurs almodovariens toujours aussi chics, une belle fluidité dans la mise en scène (toutefois aussi en retrait par rapport à d'autres films du réalisateur espagnol) et une direction d'acteur toujours aussi sûre.

C'est le deuxième film de la compétition Cannes 2026 qui montre à la fois un créateur en train d'écrire et ce qu'il écrit, et la deuxième déception (après Histoire Parallèles)
Shawn777

805 abonnés 3 934 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 20 mai 2026
Pedro Almodóvar est un réalisateur que j'apprécie beaucoup mais chez moi, soit ça passe, soit ça casse et là, je dois dire que ça a explosé. Présenté à Cannes cette année puis sorti pour la plèbe dans la foulée, le réalisateur dresse ici le portrait d'un scénariste prêt à tout pour écrire son dernier grand chef-d’œuvre, quitte à déballer la vie privée de ses amis sur papier.
Alors évidemment, il est difficile de ne pas y voir un autoportrait, surtout avec ce titre français, rappelant ainsi "Douleur et Gloire" que je n'avais pas beaucoup apprécié non plus. Il faut croire que lorsque le cinéaste s'épanche sur sa vie, ce n'est jamais bon signe. Mais c'est donc ici une autofiction dans une autofiction puisque l'on suit aussi le fruit du travail du héros. Ce qui nous fait donc deux histoires parallèles qui ne parviennent jamais à se répondre alors qu'elles ont paradoxalement beaucoup en commun mais surtout deux histoires parallèles d'un ennui mortel !
Je suis désolé mais cette séance a été une lutte constance contre le sommeil. C'est ultra bavard et les personnages sont assez creux. Je n'ai en effet pas retrouvé la profondeur des précédents personnages hauts en couleur d'Almodóvar. Ici, ce sont des personnages qui traversent constamment des épreuves et qui se bourrent d'anxios mais dont on n'arrive jamais à ressentir d'empathie. Et puis, j'ai trouvé la mise en scène aussi fade que le reste, comme ci le cinéma du réalisateur vieillissait en même temps que ce dernier.
Ainsi, comme vous l'aurez deviné, j'ai passé un très mauvais moment devant "Autofiction" qui m'a laissé de marbre du début à la fin.
Ufuk K

617 abonnés 1 721 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 20 mai 2026
"Autofiction" malmené par la critique, en compétition cette année au festival de Cannes est une tragicomédie bien décevante. Ce film est une déception, car le réalisateur espagnol Pedro Almodóvar semble avoir perdu sa verve habituelle. L'histoire, trop épurée, intellectuelle et égocentrique, tourne une fois de plus autour du cinéma et de la littérature, ce qui m'a ennuyé malgré quelques passages intéressants. Rapidement oublié à la sortie de la salle.
Cinememories

584 abonnés 1 664 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 25 mai 2026
Autofiction, le 25e film de Pedro Almodóvar présenté en compétition à Cannes 2026, est un exercice d’autofiction ambitieux mais épuisant. C’est trop bavard, trop lisse, trop occupé à se contempler pour vraiment nous atteindre.

À 76 ans, Pedro Almodóvar revient sur la Croisette avec Autofiction, titre qui ne ment pas. Le cinéaste madrilène, gloire vivante du cinéma espagnol et figure tutélaire de la Movida, a construit une filmographie entière sur l’art de se raconter sans jamais tout à fait se montrer. Derrière ses héroïnes flamboyantes, ses couleurs pop, ses mélodrames nerveux, il y avait toujours une part de lui, dissimulée et sublimée. Tout sur ma mère, Parle avec elle, Volver, La piel que habito, Douleur et Gloire sont des chefs-d’œuvre d’une lucidité exemplaire et avaient porté cet exercice à son sommet. Avec Autofiction, il renoue avec cette veine en plaçant au centre du récit Raúl (Leonardo Sbaraglia), cinéaste en panne d’inspiration qui finit par s’inspirer de la vie de ses proches pour écrire son prochain film. Et il devra en payer le prix. En face de lui, Elsa (Bárbara Lennie), son alter ego féminin, réalisatrice de films devenus cultes malgré leurs échecs initiaux, dont le destin croise et reflète le sien à quelques années d’écart. Le dispositif est séduisant sur le papier. À l’écran, c’est une autre histoire.

Un miroir face à l’autre

Il faut reconnaître à Autofiction ce qu’il a : la patte Almodóvar est bien là, intacte dans sa forme. Les couleurs saturées, l’élégance des décors, la musique d’Alberto Iglesias, fidèle compagnon de route, tout cela compose un écrin reconnaissable, presque rassurant. Et la question qu’il pose, celle de l’éthique du créateur qui vampirise les vies qui l’entourent, est une question vertigineuse. Le problème, c’est qu’Almodóvar ne la traverse pas, il la disserte. Les dialogues s’accumulent, s’étirent, s’expliquent eux-mêmes, comme si le film ne faisait pas confiance au spectateur pour comprendre ce qu’il ressent. On pense à la dimension pirandellienne revendiquée par le cinéaste dans sa note d’intention, où les personnages se rebellent contre leur auteur, où l’œuvre remet en question sa propre raison d’être également, mais cette ambition méta reste théorique, rarement incarnée. Raúl se regarde dans le miroir tout le long du récit et le film fait de même. Ce qui finit par tenir le spectateur à distance. Une séquence de striptease masculin en ouverture, décorative et inconséquente, donne le ton de cette auto-indulgence.

Ce qui distinguait Douleur et Gloire de cet Autofiction, c’est que l’autofiction y était logée dans la chair, dans le dos abîmé de Banderas, dans la douleur physique qui rendait le récit intime et universel à la fois. Ici, la distance entre Almodóvar et Raúl s’est refermée jusqu’à l’étouffement. L’émotion, au lieu de surgir, nous est réclamée, portée par une musique qui tente de rattraper un rythme constamment défaillant. Ce faux rythme est peut-être le vrai problème du film, car les deux temporalités s’articulent sans jamais se percuter, et leur convergence arrive trop tard pour relancer ce qui s’est installé comme une torpeur confortable. Il y a pourtant une ultime confrontation entre Raúl et sa collaboratrice en fin de film, qui révèle ce qu’Autofiction aurait pu être entre tension et justesse. Ce moment-là est du grand Almodóvar. Le reste est tout simplement conventionnel et assommant.

Dans une fin de compétition cannoise qui s’essouffle, Autofiction partage avec Histoires Parallèles de Farhadi le même vertige, celui de deux auteurs qui peinent à se détacher d’eux-mêmes. Almodóvar s’en sort mieux que le cinéaste iranien, dont le dispositif reste plus froid et plus calculé, mais les défauts sont cousins, avec trop de démonstration et pas assez de vie. Le film laissera donc peu de traces, paradoxe cruel pour une œuvre qui parle précisément de la peur de disparaître.
mat niro

462 abonnés 2 157 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 22 mai 2026
L'infatigable cinéaste espagnol, Pedro Almodovar (76 ans) questionne le spectateur sur la limite entre vie privée et vie publique pour la création d'une oeuvre. Présenté en Compétition à Cannes 2026, "Autofiction" est à l'image de son personnage principal (l'écrivain), foutraque, tortueux et manquant cruellement d'inspiration. On y voit déambuler des pseudo-intellectuels névrosés à souhait dans des appartements ou résidences secondaires magnifiques. Chacun regarde son nombril et heureusement qu'il y a le personnage d'Elsa (Barbara Lennie) qui surnage grâce à son caractére attachant et empathique. Ce film dans le film a viré très vite à l'agacement pour ma part. Un Almodovar à vite oublier!
Michel C.

369 abonnés 1 798 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 mai 2026
Très surpris par les notes vues ici ou là, à propos du dernier « Pedro Almodóvar », qui m’ a encore emporté dans son univers si particulier et si minutieusement mis en scène. Esthétiquement remarquable, au rythme particulièrement lent comme pour appuyer avec l’ objectif de la caméra sur les ressorts d’ un scénario dans le scénario, sur la juxtaposition de deux périodes à vingt ans d’ écart soit une génération, par une jeu de facettes, où on est, je l’ avoue, assez perdus ou déroutés…. Grâce à un casting remarquable emmené haut la main par Bárbara Lennie ( Elsa ), Leonardo Sbaraglia ( Raul ), Aitana Sánchez-Gijón ( Monica ), Victoria Luengo ( Patricia ) ou Patrick Criado ( Bonifacio ), semblent s’ attacher à dépeindre les mécanismes internes de l’ inspiration du réalisateur lui-même, sorte de film auto-introspectif. Evidement ce nombrilisme lent et répétitif nous endort gentiment sur des images somptueuses de qualité, des portraits sublimes, en exagérant les contrastes colorés et les grisailles, le luxe et la simplicité, resituant immédiatement la période évoquée. Pedro Almodóvar fait du Pedro Almodóvar…. Les rôles féminins mettent en lumière les rôles masculins, et non l’ inverse, avec une scène de striptease masculin très chaude. C’ est archi-classique, de toute beauté, avec une immense Bárbara Lennie impressionnante. Le parfum de la Croisette semble avoir semé les mêmes graines de scénarios aux réalités entremêlées, pour aboutir sur des plages plus sauvages et noires obscures de Lanzarote… tout un symbole ......!!**
QuelquesFilms.fr

354 abonnés 1 759 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 2 juin 2026
Pedro Almodóvar n’avait manifestement pas grand-chose à dire, mais voulait faire un film quand même. Comme le personnage central de cette Autofiction… Almodóvar en manque d’inspiration a donc fait un film sur un cinéaste en manque d’inspiration, pour un résultat qui manque d’inspiration. C’est cohérent mais assez désolant. Le principe d’une mise en abîme, et même de deux mises en abîme, est pourtant intéressant en soi : Almodóvar se regarde via le personnage d’un autre cinéaste qui se regarde via le personnage d’une réalisatrice de pubs dans le scénario qu’il est en train d’écrire. Le thème principal du film, la “vampirisation” du réel pour nourrir la fiction, est tout aussi intéressant sur le papier. Mais sans élément fort ou nouveau en matière de réflexion ou d’imaginaire, le concept et le thème, dans leurs tenants et et aboutissants, n’éveillent qu’un aimable ennui. On peut par ailleurs n’éprouver qu’une empathie modérée pour ces personnages si beaux, si riches, si bien habillés, qui ont des crises d’inspiration, des crises d’angoisse. On peut enfin ne voir dans ce film qu’une caricature, le réalisateur espagnol semblant se singer lui-même sur le fond (dans une veine mélodramatique très appuyée, aussi décousue que sans effet) et sur la forme (dans une esthétique lisse de magazine de mode et de déco, pub géante pour Chanel, Prada…). Autodérision et autocritique ? Ou bien jeu de miroirs complaisant ? Difficile à dire, même si la seconde option paraît plus probable. Au final, peu importe. L’ensemble du projet, ainsi conçu, est assez vain et donc dispensable.
garnierix

306 abonnés 593 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 mai 2026
Très bavard, le film parle de beaucoup de choses (l'amour, l'amitié, la mort, la sexualité, la psychiatrie, etc). Elles sont abordées par des acteurs irréprochables. Ils sont filmés de façon irréprochable également. Le film traite néanmoins pour l'essentiel de la création artistique (le synopsis nous avait prévenu).

Ceci et cela n'en fait pas un film inoubliable. D'abord, la création artistique a-t-elle besoin d'être autopsiée ? Ensuite, là où il traite de ce sujet essentiel, c'est d'un compliqué et d'une longueur qui nuisent à l'argumentation (pourquoi a-t-il multiplié les situations et les visages, les noms et les surnoms, alors qu'un seul cas d'espèce suffisait pour dire ce qu'il voulait sur la liberté, ou la non-liberté, de la création artistique).

De sorte que pour nous, ce qui restera, ce sont les choses non essentielles du film : quatre ou cinq digressions, mais tellement almodovariennes, comme la scène de strip-tease du pompier, ou la chanson de Chavela Varga, voire le quand et comment prendre un xanax quand on est stressé. "La tristesse est la mort des choses simples", dit un des personnages -chez Almodóvar, les choses simples ne meurent pas ; elles sont immortelles et jouissives (comme à chaque fois qu'apparaît Rossy de Palma !). Parmi ces choses "hors-sujet", Almodóvar trouve même le moyen de glisser ce qu'il pense du film culte (un film raté qu'une petite poignée de gens adorent) - l'avenir de celui-là ou la moquerie du jour ?
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