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Un visiteur
4,0
Publiée le 7 novembre 2012
Adapté de la série de bandes dessinées éponyme, "Persepolis" retrace l'enfance de la réalisatrice Marjane Satrapi au Liban en pleine période de conflits divers. Derrière le caractère personnel, autobiographique, de l'oeuvre, "Persepolis" nous plonge dans une tension omniprésente où l'on suit le parcours de l'héroine face au dilemme que son pays d'origine lui impose. Passionant.
Eduquer avec un dessin animé c'est possible. La réalisatrice permet à tous d'en savoir plus sur la guerre en Iran. La leçon est l'importance d'apprendre par soi-même et l'indépendance de défendre ce en quoi on croit. En suivant Marjane, on voit aussi la place de la femme dans la culture islamique: dure à assumer et à défendre.
Comme beaucoup, j'avais découvert et apprécié dans Libération la bande dessinée de Marjane Satrapi, avec ses à-plats noirs et blancs et une narration qui évoquait "Maus" d'Art Speigelman, et c'est donc avec curiosité mais aussi une certaine inquiétude que je suis allé voir le film : de même qu'un bon livre ne fait pas forcément un bon film, une bonne BD ne débouche pas automatiquement sur un bon dessin animé.
Très vite, cette inquiétude s'est envolée. Non seulement on retrouve les principales péripéties et le ton si particulier de la BD, mais en plus la réalisation apporte ce qui est propre au cinéma, à savoir le mouvement et le rythme. Tout en restant d'une facture très classique (aucun recours à la 3D), le film utilise une large palette graphique : des couleurs pastels pour situer le moment de la narration (l'arrivée à Orly), un noir et blanc passant du high key au low key selon les humeurs de la narratrice lorsqu'elle raconte les événements de sa vie, et des formes très stylisées dans des teintes mordorées pour les récits imbriqués, magnifiés par l'imagination de la fillette, et tirant parfois vers les miniatures persanes. C'est cette diversité et ce mouvement qui manquaient tant à "Renaissance", le dessin animé de Christian Volckman.
Les auteurs sont allés chercher leur inspiration autant du côté des arts plastiques (l'horreur de Marjane devant la maison des voisins pulverisée par une bombe se figeant dans Le Cri de Munch), que du côté du cinéma, que ce soit l'expressionnisme allemand du point de vue visuel, que la référence revendiquée aux "Affranchis" de Scorcese pour l'énergie du montage et l'utilisation de la voix off.
Mais ce qui fait sans doute la réussite du film, c'est le mélange permanent de l'humour et de l'émotion, du dérisoire et de la morale. Emportés par la formidable vitalité de la gamine, on rit à la voir apostropher Dieu (secondé à un moment par Marx, elle n'est pas la petite-fille et la nièce de communistes pour rien), organiser une expédition punitive contre un pauvre binoclard fils d'un agent de la savak, ou s'enthousiasmer pour les Bee Gees ou Iron Maiden et manifester un incommensurable mépris pour Abba. Plus grande, elle conserve cette part d'enfance qui se manifeste par son interprétation toute personnelle d'"Eye of the Tiger" ou quand elle exécute dans son souvenir Markus qu'elle a découvert au lit avec une blonde.
Marjane Satrapi a su entraîner avec elle un casting voix de luxe : Catherine Deneuve et Chiara Mastroianni dans un nouveau duo mère-fille, et deux remarquables actrices pour la grand-mère : Danielle Darrieux dans la version française, et Gena Rowlands dans la version américaine. Il fallait ça pour porter cet admirable personnage, si droite dans ses valeurs et si truculente dans ses propos (elle accueille sa petite-fille qui à tellement grandi à son retour d'Autriche par un tonitruand "Tu vas bientôt pouvoir attraper les couilles du seigneur!").
Description impitoyable de la bêtise du régime des mollahs (le professeur des Beaux-Arts présente dans son cours sur Boticelli des diapos où les corps de la "Naissance de Vénus" sont camouflés, ou les dessins d'anatomie se font à partir d'un modèle entièrement dissimulé par son tchador), "Persépolis" parle aussi de plein d'autres choses, comme la douleur de l'exil, la culpabilité du survivant, la résistance quotidienne à l'oppression. Riche graphiquement, narrativement et émotionnellement, il a représenté la diversité culturelle française à Cannes, et ce n'est pas un hasard ni une injustice si, plus que les très franco-français "Les Chansons d'Amour" et "Une vieille Maîtresse", ce sont "Persepolis" et le franco-américain "Le Scaphandre et le Papillon" qui en sont repartis primés.
Un chez d'oeuvre bouleversant de tolérance et d'une qualité esthétique exceptionnel. Ce film donne vraiment à réfléchir sur l'absurdité des comportements humains et le rapport à la différence.
On ne peut pas dire que l'esthétisme de ce film d'animation joue en sa faveur. Un dessin-animé au trait simple et en noir et blanc ça peut rebuter, quand on rajoute en plus le sujet "la vie en Iran d'une jeune fille qui assiste à la montée du régime répressif du pays" qui laisse à penser qu'on va vivre drame sur drame sans même une once de couleur on se dit "est-ce que je fais le bon choix ?"
Et bien oui, sans hésitation. En fin de compte à l'heure où beaucoup de films (d'animations ou non) jouent le flou artistique, ici les lignes épurées permettent de gagner en lisibilité et l'animation au final n'est pas si mal, on a même le droit à certaines séquences originales dès que l'un des protagonistes narre le passé. Alors sans aller jusqu'à dire que c'est beau, ce n'est pas désagréable.
De toute façon le principal n'est pas là, mais bien dans le biopic de la réalisatrice. Déjà c'est une bonne explication de la guerre Iran-Irak dont on entendait parler à tous les journaux du 20h des années 80. Pour ma part j'étais trop jeune pour vraiment comprendre ce qu'il se passait, il m'a fallu attendre 30 ans et ce film pour mieux cerner ce conflit finalement.
Mais surtout cette histoire est racontée avec beaucoup de légèretés. Pourtant beaucoup de choses sont dénoncées, mais toujours avec intelligence. Ce film serait à projeter à tous les décérébrés racistes qui pensent que arabe = musulman intégriste. Le film (et la BD bien avant) montre bien à quel point le pays était moderne malgré le régime du Shah avant de sombrer dans un enfer différent, et que le peuple subit la dictateur d'une minorité d’extrémistes.
L'intelligence de la narration est aidée par de nombreux points d'humour, que ça soit Marjane enfant et une vision naïve des événements ou plus tard ses rapports avec sa grand-mère, personnage attachant dont les nombreuses répliques crus contribuent à la légèreté du film.
Bref, une histoire touchante, intelligente et drôle qu'il serait dommages de manquer.
Tiré de la biographie graphique éponyme de Marjane Satrapi, ce film dénonce avec cynisme les changements culturels de Téhéran à travers le regard de Marjane, jeune idéaliste. On voit donc tous ces changements sous le point de vue d'une enfant qu'on voit grandir. Ce choix judicieux permet ainsi de dépeindre ce changement de manière innocente, malgré la force de conviction de la jeune Marjane. Misant sur le côté humoristique, Persepolis joue tout aussi bien sur la corde dramatique qui renforce ce plaidoyer pour la liberté en offrant une expérience drôle et puissante. Mais l'humour de Persepolis est aussi l'un de ses arguments chocs car il est souvent noir et dresse un portrait au vitriol de ces bouleversements culturels. Grâce à des personnages comme la grand-mère, on comprends l'impact de cette humour faussement simpliste. Mais le film joue aussi sur la maturité naissante de Marjane et sur le choc des cultures quand celle-ci part en Europe. De cette manière, le film critique d'autant plus ce nouveau régime politique indirectement en confrontant le regard de cette enfant à un monde plus ouvert, comparaison forte qui confortera la protagoniste dans ces idées. Mais Persepolis, c'est aussi une ambiance graphique choisie avec soin. Ainsi, les personnages sont en noir et contrastent de cette manière avec l'environnement. Ces couleurs ont d'ailleurs un double intérêt, elle permette aussi aux personnages de faire plus facilement passer leurs émotions. Film cynique sur l'islamisme extrême ou la dictature, ce plaidoyer pour la liberté ne laisse pas indifférent.
Persepolis c'est du film d'animation pour adulte, beau et intelligent, mais surtout engagé, le film de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud est oui, engagé, mais pas trop car c'est avant tout un film personnel. Visuellement superbe, Persepolis est souvent hilarant, intelligent et toujours juste, le film de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud se laisse regardé, jusqu'au moment il nous prend et nous assène une grosse claque, une leçon de cinéma rarement vu dans le film d'animation. Le scénario est très bon, efficace et terriblement accrocheur, on ne s'ennuie pas une seule seconde, les personnages sont magnifiques, humain et attachant, ils sont d'une grande profondeur, le doublage de Chiara Mastroianni et Danielle Darrieux sont géniaux, l'animation est très bonne, voir parfaite même, les dialogues sont malins et formidablement bien construit, ils sont surtout très drôle et juste, l'humour est fin et intelligent, ça fait toujours mouche, Olivier Bernet signe une bien jolie B.O., elle est toujours efficace. Persepolis, c'est du grand cinéma d'animation, comme on en aimerait voir plus souvent et naturellement le film de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud remporta un César du Meilleur premier film, un César de la Meilleure adaptation, le Prix spécial du jury au Festival de Cannes et fut même nommé à l'Oscar du Meilleur film d'animation (mais à côté, il y avait Pixar et son Ratatouille!). D'une grande justesse Persepolis est à montrer dans toutes les écoles, d'une grande maîtrises et d'une grande beauté, c'est un petit bijou. Le film de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud est beau, accrocheur, hilarant, attachant, humain, fin, révoltant, engagé et surtout, il est juste. À voir et à revoir de toutes urgences.
Un graphisme en noir et blanc original pour un film autobiographique qui est peut-être un peu trop lourdement politisé et manquant de rythme dans sa première moitié, mais qui a au moins le mérite de nous en apprendre sur l'histoire iranienne du XXème Siècle. Heureusement qu'au moment où l'héroïne arrive en Autriche, le dynamisme revient en force pour faire acte de présence jusqu'à la fin. Les touches dramatiques, celles d'humour, la qualité du doublage par des comédiennes prestigieuses font le reste.
Magnifique! L'histoire de de l’Iran des années 80 à travers le regard d'une petite fille, une adolescente puis une femme, Marjane Satrapi. Le graphisme simple suffit à nous raconter cette histoire tragi-comique. Les personnages sont excellents, surtout la grand-mère. A voir!
Une histoire aussi intéressante que bouleversante !, Une mise en scène réussi, Des dessins magnifiques, Un doublage excellent et une documentation parfait ! Le film nous montre bien la vie qui se passait en Iran et ce que l’héroïne a du traverser dans son parcours ! Le film nous montre presque tout une vie qui passe ! Après je ne pense pas que le film reprend très bien la bande dessinée, mais on se laisse emportés facilement et c'est vraiment agréables. Si vous aimez les bonnes histoires d'aventures je pense que tout comme moi, vous adorerez Persepolis !
Récit d'une vie en Iran lors de la révolution et de la guerre. Passionant.
Directement inspiré de la vie de la co-réalisatrice Marjane Satrapi, le film raconte entre émotion, humour et drame la vie difficile d'une jeune fille et de sa famille à l'époque des régime islamiste et du Shah. Avec cet esthétique original qui surprend quant au genre du film, il lui convient toutefois parfaitement (le film est un dessin animé). La mise en scène utilise les astuces des cartoons avec réussite.Mais en plus de la forme, le film dégage une vraie profondeur riant parfois de faits graves (la chute du Shah). On s'attend alors à ce que les réalisateurs veulent en faire un film qui s'amuse même des faits les plus durs mais finalement non. Marjane Satrapi ayant vécu les évènements, le recul necessaire est énorme. En bref le long-métrage se résume en trois mots : une pure merveille.
Tout bonnement sublime ! Persepolis retrace la vie d'une jeune fille iranienne, contrainte comme d'autres jeunes de l'époque de quitter son pays afin de fuir la guerre et les conséquences de la révolution, avec beauté et humour. Un chef-d’œuvre ♥
Un film d'animation qui nous fait rétressir, puis grandir en même temps que le personnage principal. Il diffère vraiment des films à sujet historique habituel, on a pas tout le côté mélo-dramo-enmerdo. On découvre à la fois un personnage et une histoire. Et bien entendu un humour, subtilo-génialo-rigolo!