Un film scandinave atypique qui nous embarque dans un monde aseptisé et absurde. Il y a beaucoup de finesse dans ce film fantastique qui dénonce avec subtilité cette société déshumanisée. Une mise en scène qui s'inscrit dans la veine de "Paris, Texas", "Brazil" ou encore de "The Truman Show". Intriguant, dérangeant, drôle !
Un homme, sur le bord du suicide, est conduit dans un pays étrange où tout semble être organisé, arrangé, pour que tout se passe bien : un monde parfait, il a un travail, une femme, une maîtresse, mais c'est un monde froid, sec, sans saveur, même sans sentiment. Il essaiera d'échapper à cette ville grâce à une fente dans une cave, mais il sera repris. Très beau film norvégien de Jens Lien. Magnifique réalisation, à tout point de vue réussie : le sujet, le scénario, la photographie, les cadrages, les plans, la musique. Maîtrise parfaite du langage cinématographique. Le style du cinéaste est très adapté à son sujet. Film très symbolique, à portée philosophique et métaphysique. Film de portée universelle, bien que norvégien, qui parle de la vie, de la qualité de la vie, du goût de vivre. Les acteurs, et le héros du film, sont très bons. Très belle oeuvre cinématographique.
Un film intrigant décalé et drôle, qui pose un regard juste sur notre société actuelle. Mais le scénario s’essouffle et en tient pas toutes ses promesses.
Le film décrit un monde aseptisé proche du roman d’Huxley, où tout le monde semble heureux dans un univers gris tendance Ikéa. Notre héros arrivé dans ce monde un peu par hasard n'arrive pas à trouver sa place dans un tel univers ou il manque des émotions et des saveurs. Il va donc tout faire pour en trouver sans succès parce qu'il en sera expulsé . Film loufoque à la lisière du fantastique parfois même gore comme les passages successifs de notre homme sous plusieurs trains à mon avis inutile. Dommage l'idée de départ était bien vu mais le scénario m'a semblé s’essouffler en cours de route ..
Un film qui a le mérite de l'originalité et des qualités esthétiques incontestables. Quelques séquences sont savoureuses, mais le propos est tout de même limité, avec la critique d'une société aseptisée, sans problèmes matériels mais sans saveur, qui est censé évoquer la Norvège. (Peut-être les classes moyennes, mais certainement pas l'ensemble de la société de ce pays, qui compte aussi des gens qui bossent dur, comme les marins ou les ouvriers des plateformes pétrolières.) De plus, le scénario est assez faible et un peu répétitif. L'absurde inexpliqué, sauf pour les amateurs, devient vite assez ennuyeux. Pour ma part, je préfère qu'un univers fantastique fonctionne selon sa propre logique et s'y tienne, sans partir dans toutes les directions. Notons aussi quelques scènes gores totalement inutiles. Peut mieux faire.
Epoustoufflant!! Ce film norvegien que j'ai pu découvrir en V.O vous laisse sur les fesses.On savait que la norvege est un pays assez stérile , froid , trés conventionnelle et le réalisateur à poussé à l'extreme sa vision des choses avec une histoire folle.Ce film trés curieux et d'une intrigue dingue merite facilement ses 4.5 étoiles.L'acteur principale est parfaitement à sa place. On en redemande ! bravo!!
Jacques Attali qui vient de publier "Une brève histoire de l'avenir" affirme que l'humanité est obnubilée par deux choses : la sécurité (les assurances) et les distractions. Ce film donne image d'une société complètement asseptisée, d'une espèce de Norvège allant au bout de sa logique sociale démocrate. Plus d'émotions, de souffrances physiques, de conflits. Pas d'enfants, d'étrangers ou tout ce qui peut perturber une activité quotidienne parfaitement huilée. L'enfer sur terre quoi.
Très belle et sobre mis-en-scène, bonne distribution. Décors et couleurs très soignés. Exercice de style un peu léger tout de même....
Un film abstrait doté d'une magnifique photographie avec une bonne mise en scène qui se veut très intriquant et mystérieux mais malheureusement nous laisse sur notre fin!!
Grand Prix du dernier Festival de Gerardmer, Norway of life, premier film du norvégien Jens Lien n'a pas volé son succès. Une telle perle (aussi personelle que brouillone, mais c'est celà qui fait son attrait) n'apparaissant que deux fois par an, tout au plus.
Ici, dernière le fantastique pointe une réfléxion métaphysique d'une incroyable démesure, portée par une mise en scène totalement dévouée à son cadre artistique, alliant aussi bien moment d'intense émotion, de ravissement formel (en celà, le travail opéré sur l'image, clinique, froide et aseptisée retransposant le formatage d'une société sans saveur est captivant, tandis que la scène aux couleurs chaudes de la cuisine du bout du tunnel souterrain, baignée par les cris des enfants, constitue un contre-pied de quelques instants, sort de bulle salvatrice, tant pour le héros que pour le spectateur, hapé par ces lueurs orangées).
Norway of life est ainsi plus que Brazil, plus qu'une simple dénonciation d'une société normalisée, surcontrôlée et où le mauvais goût et le conservatisme est érigé en une valeur suprême, où toute émotion veut être supprimée, où la notion même d'individualité est constamment remise en cause, et où chaque sujet de discussion tourne autour de sujets insipides telle que la déco, Norway of life possède avant tout un sacré sens comique, qu'il soit absurde ou noir, et en fait un des films les plus drôles de ce début d'année.
Norway of life est finalement un film plus large sur le voyage, sur un parcours initiatique, allant de l'ombre à la lumière (à la manière du tunnel ferroviaire), de la découverte de soi et du renoncement.
Film que l'on peut qualifié d'original , c'est plutôt réussi à mon goût . En tout cas c'est une très intéréssante critique de la vie matérialiste et moderne sans sentiments qui nous entourent .
Plutôt original au départ, mais il finit par se perdre un peu dans son délire sans réussir à tirer de conclusion efficace. Il en résulte quelques longueurs et surtout une fin laissant un goût d'inachevé assez particulier. Mais intéressant pour l'idée.
Le titre nous annonce presque un témoignage sur la vie norvégienne, à tout le moins un extrait d’une représentativité quelconque. La parodie est une vraie surprise. On nous fait prendre le départ dans le Mad Max glacé d’une Islande ayant pour but de présenter, pour une fois, la Scandinavie unifiée, belle et vide.
Bientôt, c’est l’impression de reconnaître Wrong (Quentin Dupieux, 2012) qui prend de court. Un humour à la fois noir et absurde transpire d’une Dark City lumineuse, d’une propreté surréaliste et aux principes étranges. On retrouve un peu la Norvège du fait que l’on doit se sentir bien dans cette cité hors du monde, comme s’il suffisait de nier le mal-être pour en sortir. Une responsabilité transmise au spectateur sans qu’il ait vraiment toutes les billes en main. Je suis personnellement grand adepte de l’absurde et de la déconstruction, mais la part d’incompréhension typique allait avec un mystère trop épais ; il semble qu’il manquait la soupape pour se soulager de la frustration. Ou bien la quantité de mystère révélé était-elle trop faible pour susciter les premiers délices de son addiction.
Il manque le sentiment de besoin, vital à l’humour absurde, le besoin de savoir d’où l’on vient et où on ne peut pas aller, pour vraiment profiter masochistiquement du regret. C’est pour moi un gros défaut sur lequel je dois m’épancher longuement, mais Norway Of Life n’en démérite pas pour autant dans son genre. Il nous donne quelques scènes fabuleuses, des répliques joyeusement crispantes, une société qui nous fait craindre un futur ni loin ni familier, ainsi qu’un rythme au confort inégalable.
Et puis, tant que l’écran n’est pas éteint et qu’on n’a pas commencé d’y réfléchir, le film nous met dans un état d’esprit assez magique, du genre dont l’archétype semble être les échos de bruits de pas. Il faut savoir reconnaître qu’un soufflé tombé, quoique raté, n’a pas moins de goût pour autant.
En amateur de cinémaS ouvert à tous les genres, sujets et origines, il n’y avait a priori aucune raison de ne pas s’essayer à un film norvégien. Qui plus est lorsque celui-ci a été apprécié par la critique et, cerise sur le gâteau, a tout raflé ou presque en 2007 au festival Fantastic’Arts, dont le Grand prix du jury. Une bonne surprise en perspective. C’est donc sans préjugés et avec un plaisir curieux que j’ai visionné ce Norway of life de Jens Lien (traduction du titre original joliment anglicisée mais quelque peu hâtive), sans doute le film de la décennie au pays des Vikings. Quelle claque j’ai pris ! Non, j’déconne. J’ai perdu une heure trente de mon temps. Mais ce n’est hélas ni la première ni la dernière fois que ça m’arrive. Dois-je vraiment et de façon pérenne remettre en question mon esprit (trop) cartésien ? Ou plus vraisemblablement y a-t-il une réelle supercherie vendue au spectateur dans ce long métrage ? Merci d’éclairer ma lanterne car là je ne vois absolument pas où est le génie ou, pour ne pas être hors-sujet, la qualité d’une œuvre qui nage tour à tour dans l’ébauche de vaudeville simpliste et poussif (la scène du restaurant est tout de même la meilleure du film), le gore hyper trash mais superflu et inepte puis enfin dans l’absurde absolu et inutile. Le tout étant conclu avec soudaineté mais non sans soulagement. Comme on dit : "J’te laisse réfléchir là-dessus !". On pourra toujours tenter une allusion avec la grande période surréaliste de Bertrand Blier (les scènes dans la rame de métro et les chiottes peuvent évoquer Buffet froid) mais sans la même verve et consistance. Une chose est sûre après ça, il n’y a pas qu’en France que le cinéma d’auteur dérive vers le non-sens et l’ennui. A oublier très vite. C’est clair que ce ne sera pas compliqué.
Une société aseptisée, inhumaine et capitaliste (on est comptable et on vit dans une maison ikéa) vs. l'inaccessible monde des bisounours avec enfants et gâteaux à la crème. Forcément, les esprits libres seront exclus de l'univers lisse et froid. La pseudo "lucidité du regard sur notre société" n'est en fait qu'une nostalgie de base sur le mode baba cool, par ailleurs mise en image à la truelle. En résumé : tranquillement binaire, assez démago et plutôt mal fait. Passez votre chemin.