Véritable petit succès pour l'époque, "The Host" est probablement le premier projet de Bong Joon Ho à avoir dépassé les frontières de son pays. Vendu comme étant un film de monstre, le long-métrage est finalement plus complexe que cela. S'inspirant d'un réel fait divers qui s'est déroulé en Corée du Sud, l'histoire est clairement là pour nous interroger quant à la signification du monstre. Certes, le début du projet semble nous confronter à une expérience déjà prévisible, via une première séquence où la créature attaque. Mais déjà, au niveau de cette scène, il est difficile de ne pas y reconnaître une véritable maîtrise. Honnêtement, la mise en scène de Bong Joon Ho offre une réelle tension, et la créature apparaît comme étant très convaincante. Via un design reconnaissable, les effets spéciaux sont plutôt de qualité pour cette époque, l'effet marche donc rapidement. On est donc tout de suite dedans, et le film nous promet, avec cette scène, de sacrées sensations. Cependant, comme je l'ai précisé, le scénario cherche bien plus à nous faire réfléchir que nous fournir de l'action à outrance. Face à cette créature, nous sommes réellement questionnés, car le film va rapidement insister sur la véritable définition du monstre. Est-ce vraiment ce monstre, le problème quand on connaît son origine ? Les États-Unis, eux qui sont complètement responsables de sa création, sont-ils moins critiquables que lui ? En effet, on y ressent clairement une critique de l'installation de cette superpuissance en Corée du Sud, mais aussi de ses actions. Quand on va dans ce sens, je trouve notamment que la conclusion réussit parfaitement son coup. Elle est particulièrement violente et elle m'a vraiment surpris dans ce choix d'assumer la radicalité de sa dramaturgie, il n'y aura pas de demi-mesure à ce niveau. Cela dit, je rejoindrai les paroles du réalisateur, car je ne crois pas que le film soit une critique uniquement portée sur les États-Unis. Face à cela, je sens aussi une sorte de dénonciation de la passivité de son pays. Bong Joon Ho déplore cette approche, et autant dire qu'il met surtout le peuple en victime de ses actions. Celui-ci est représenté par nos héros, et, avec tout ce qu'ils vont vivre de vraiment horrible, on comprend bien l'intention du réalisateur. Malgré tout, je dois quand même affirmer que ces personnages sont le point qui m'a empêché de vraiment adorer ce projet. Sur le papier, ils sont les archétypes typiques des films de ce réalisateur, car ils sont valeureux, mais aussi particulièrement sujets à l'humour. Malheureusement, je trouve que ce mélange va un peu loin par instants, au point d'avoir vraiment été interrogé par certaines de leurs actions. J'ai presque eu l'impression que la petite enfant avait plus de réflexion sur ses actions que ses camarades adultes, eux qui enchaînent les absurdités. En bref, je suis donc assez content d'avoir vu ce film, car il représente vraiment quelque chose de fort et de symbolique. Maintenant, je ne sais pas si je le reverrai, les héros ne m'ayant clairement pas convaincu. Pour conclure, une réussite thématique.